Le plus doux des Halloween
Augustus est un vampire. Il a 108 ans et demi et il s’ennuie… Bien sûr, il erre la nuit, comme tout bon vampire. Mais il est un enfant vampire et il préfèrerait aller à l’école avec d’autres enfants. Sauf que, bien sûr la nuit l’école est fermée et les enfants couchés. Bientôt cependant ce sera son anniversaire. Il aura 109 ans, date de l’importante cérémonie du Sang Neuf ! Il attend et redoute cette cérémonie où il est censé faire le vœu d’être le plus effrayant des vampires. Pas la meilleure solution pour se faire des amis.

Une nuit où il se promène avec Cornelius, la chauve-souris, ses pas croisent ceux d’Aurore. Une petite fille seule la nuit dans un cimetière à la recherche de Billy, son animal disparu. Vont-ils se rencontrer ? Difficile : elle ne le voit même pas.
Cependant, ils partagent la même date d’anniversaire et leur souffle simultané sur les bougies va changer leur vie !
Des thèmes plein d’émotions et d’intelligence
Sous couvert de fantastique, Pierre Joly touche dans le scénario a plein de problématiques susceptibles de toucher les enfants cibles de sa BD. Le mignon petit vampire Augustus doit gérer sa solitude quotidienne. Il doit également traiter avec des parents absents qui ne comprennent pas ses besoins et envies.
Aurore, elle, doit supporter et dépasser la disparition de Billy, son petit chien. Ses parents sont eux bien présents, mais comment fait-on pour gérer une disparition ?

Pour faire le lien entre les enfants, on trouve Cornelius, une chauve-souris aussi bavarde avec Augustus qu’elle est muette avec Aurore. Normal, Aurore et Augustus sont complémentaires…
De la rencontre impossible de ces deux amis, initiée par la magie d’un anniversaire commun, va naître une évolution de chacun. ils vont grandir et feront grandir leurs jeunes lecteurs, car c’est l’effet d’une bonne histoire.

Une mise en images réjouissante
Le dessin de Virapheuille est simple en apparence, mais efficace, élégant et très chargé de symbolique. Quand le scénario fait d’Aurore et Augustus des enfants complémentaires, Virafeuille le magnifie par ses couleurs profondes. Le nocturne Augustus est représenté dans des teintes bleues et vertes, sombres, tandis qu’Aurore la lumineuse est parée de jaunes et oranges.
L’album est construit en miroir. Augustus occupe la première partie, visité par Aurore. Tout bascule quand les deux enfants soufflent en même temps leurs bougies d’anniversaire dans une très belle scène qui se vide de sa couleur pour changer ensuite de tonalité. La seconde partie se passe donc le jour, centrée sur Aurore, tandis qu’Augustus joue le rôle d’un visiteur à son tour. Trait d’union, Cornelius, chauve-souris magique la nuit, toute blanche et nouvel animal de compagnie le jour, toute grise…

Pour participer à l’effet-miroir de l’album, les scènes se répondent en écho. Les visites croisées des enfants, leurs solitudes, les scènes de discussion avec les parents, la balade dans le parc de jeu (très belle proposition graphique)

Un très bel album pour tous
A mon sens, un album pour la jeunesse n’est vraiment réussi que s’il parle également aux adultes, Le Vœu remplit parfaitement cette condition. Belle histoire pour faire réfléchir et amuser, les adultes y prennent également un grand plaisir (au moins c’est le cas du rédacteur de cette chronique 🙂 ) On y trouve du plaisir pour les yeux, de la nourriture pour le cerveau et des sentiments pour le cœur. Dites-moi ce qui manque ?
Alors un album sur des enfants de 9 et 109 ans pour des lecteurs de 9 à 109 ans. C’est le pouvoir du Sang Neuf !






