
Résume des Enfants Perdus par NEYEF au Label 619 pour les éditions Rue de Sèvres :
Casper, Milo, Rufus et les jumeaux Paddy et Dany sont livrés à eux-mêmes dans un monde de ruines. Vivant de petits larcins, ils traînent, skatent et occupent leurs journées comme bon leur semble. Un jour ils tombent sur Wendy, une adolescente seule et couverte de sang. Le petit groupe survit en marge de tous et surtout des adultes qui, sur ce bout de terre déshéritée, représentent une menace bien plus qu’une protection.

Neyef nous revient avec une revisite poignante de Peter Pan.
Quatre années après l’énorme succès d’Hoka Hey, Neyef est de retour avec une revisite de la fable de Peter Pan.
On retrouve de suite l’écriture touchante et vibrante qui avait fait mouche sur Hoka Hey. Il introduit sa galerie de personnages rapidement tout en nous les rendant attachants.
Neyef les caractérise avec soin et finesse, évoquant leurs cicatrices passées avec pudeur mais installant une ambiance pesante qui alterne avec des moments plus joyeux et festifs.
Malgré les références au mythe, Neyef installe un récit bien plus mature et violent que la version édulcorée de nos vieux films d’enfance. L’histoire prend place dans un monde aux relents post-apo où nos jeunes héros, pour la plupart brisés, tentent de survivre et de se protéger, formant une cellule familiale, seul refuge dans ce monde brutal.

Des enfants ayant perdu bien trop tôt leur innocence face au monde âpre et désabusé des adultes où l’espoir et l’amour semblent bien minces. C’est d’ailleurs une des thématiques fortes de cet album, l’onirisme du mythe laisse la place au désespoir et à la résignation.
Neyef aborde d’autres thèmes comme la famille, l’amour ou le deuil avec finesse et sobriété. Il ne plonge pas dans le pathos et ne s’attarde pas sur des descriptions douteuses, mais laisse planer une certaine mélancolie, le passé n’étant jamais loin.
La noirceur du récit est d’autant plus impactante que notre attachement pour nos héros grandit au fil de l’aventure, la faute à une narration fluide et des dialogues qui sonnent justes.
Enfin, l’album est marqué par une montée en tension douce mais continue jusqu’à son final aussi poignant que puissant.

A la fois sobre et efficace.
Graphiquement, Neyef nous avait éblouis en 2022 avec son Hoka Hey.
Si cet album laisse de côté les grandes plaines de l’ouest américain, il signe malgré tout un album à esthétique soigné.
Ce qui impressionne, c’est surtout sa gestion de la lumière, signant des planches lumineuses à l’atmosphère empreinte de mélancolie par moments.
Ses designs comme ses environnements sont épurés, ses personnages expressifs, sa narration fluide et sobre se concentrant sur l’émotion plutôt que sur l’action.
Enfin sa mise en scène renforce la tension et le tempo du récit.

Mon avis sur Les Enfants Perdus par NEYEF au Label 619 pour les éditions Rue de Sèvres :
Au final, c’est une nouvelle claque !
Hormis le contexte (western), on retrouve toutes les qualités d’écriture et de narration qui avaient fait d’Hoka Hey un banger.
J’avais une certaine appréhension à lire l’album, persuadé d’être déçu du comparatif avec Hoka Hey qui fut l’album de l’année 2022 selon moi. Mais force est de constater que Neyef est un auteur majeur aujourd’hui dont l’écriture entre noirceur et tendresse m’a de nouveau soufflé.
Gros coup de ❤️ ❤️ ❤️
A très vite





