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Mon village révolté, la BD de la loi du plus fort

Série : –
Titre : Mon village révolté
Auteurs : Lili Sohn (scénario et dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
Année : 2026
Pages : 288
Résumé d’une histoire de lutte :
Aurélie se rend dans son ancien village, Kolbsheim, dans le cadre d’un festival. C’est l’occasion de se replonger dans des souvenirs anciens qui la perturbent. Aurélie redécouvre la lutte engagée par Kolbsheim pendant des années contre un projet d’autoroute, accepté, rejeté et imposé par la force et la ruse aux habitants du village.
Le scénario d’un récit engagé :
Lili Sohn raconte cette histoire vécue de l’intérieur par la protagoniste de l’histoire, Aurélie Sohn. Cette histoire n’est pas que la description du combat d’un village, mais aussi un retour aux sources, une confrontation avec le passé et la redécouverte par Aurélie sous un autre regard de ce qu’ont été ces années de combat.
Mêlant son ressenti, ses souvenirs, Aurélie Sohn y intègre aussi des éléments d’information et des témoignages sur cette période de plusieurs années. Certes, la société Vinci a gagné et réussi à construire la route en contournant la loi et les villageois ont perdu. Cette route omniprésente leur rappelle leur combat désespéré. Cependant, nombreux sont celles et ceux à avoir un autre souvenir, celui d’une alliance, d’un mouvement communautaire, qui dépasse les factions politiques et les classes sociales, pour la défense d’un site, la préservation de la biodiversité, le bien-être des hommes et des femmes.
C’est de tout cela que Lili Sohn réussit à nous rendre compte au fil de cette longue BD riche d’éléments et surtout du regard ému de celles et ceux qui ont mené la lutte. On en ressort avec plus de foi dans l’humanité et moins de confiance dans nos gouvernements et les grandes sociétés. On n’a pas forcément toutes les causes du mal-être qu’éprouve Aurélie à revenir sur ces lieux, mais on prend pleinement conscience des différentes étapes de la lutte qui s’est menée au fil des ans ainsi que des injustices flagrantes qui ont permis la construction de l’autoroute.

© Editions Delcourt, 2026 —Sohn
Le dessin qui mêle tout :
Lili Sohn prend le parti pris de mélanger dessin stylisé, tracé réaliste, feutre, peinture presque abstraite, page de cahier à lignes avec page blanche de dessin… Elle s’autorise tout et l’ensemble fonctionne bien. Dépassant les cases, elle occupe la double planche avec des tracés paysagistes rendus par des couleurs brutes posées au pinceau. Et parfois, dans des cases – ou pas -, ses personnages voyagent, blanc et gris, au cœur de ces espaces naturels colorés. Lili Sohn utilise la pointe du feutre tout autant que le pinceau pour dessiner les gens qu’elle a croisés tout au long de ses voyages à Kolbsheim. Les planches libres de toute entrave nous font ressentir le souffle de liberté qui a mené ce combat contre le projet d’autoroute.
Conclusion d’une BD du bilan d’une lutte :
Lili Sohn raconte un combat social mené par tout un groupe d’individus que rien n’appelait à lutter ensemble et fait le point avec eux pour comprendre leur ressenti aujourd’hui, après les faits.
Zéda rencontre Aurélie.



