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Stand Still, la BD d’une vengeance temporelle

Série : –
Titre : Stand Still
Auteurs : Lee Loughridge (scénario), Andrew Robinson, Alex Riegel (dessins et couleurs) John Beatty (encrage)
Éditeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Année : 2026
Pages : 224
Résumé d’une histoire de traque vengeresse :
Un bar de bikers, arrive un homme portant chemise hawaïenne et cheveux gominés. Il contraste énormément avec les durs présents. Et voilà que l’inconnu se met à les provoquer, sans aucune crainte de leur énervement. Même le barman en a assez et finit par sortir un fusil à pompe de derrière le comptoir. L’inconnu sourit sans aucun signe de peur…
Le scénario d’un temps maîtrisé :
L’auteur de ce récit joue sur un fantastique plus scientifique. La part de surnaturel arrive par la science. Et c’est au fur et à mesure que les enjeux se dévoilent. Le protagoniste, qui utilise une capacité extraordinaire pour arriver à ses fins, a en fait de véritables motivations, qu’on comprend au fil de l’histoire. Deux personnages avancent en parallèle, Ryker Ruel, qui semble vivre à deux cents à l’heure et un scientifique, Colin Shaw, qui pressent la tournure des événements et tente d’intervenir pour rétablir un semblant d’ordre. Mais on s’attache bien plus au fanatique Ryker qu’au trop gentil Colin. En effet, le scientifique en devient même un peu agaçant à être trop moraliste et vouloir protéger tout le monde. Autant, je comprends Ryker et ce qui l’a fait basculer, autant je ne comprends pas certaines réactions de Colin, qui ne vont faire qu’aggraver la situation.
En attendant, ce récit est mené sur un rythme haletant. En effet, Ryker semble bien pressé de… prendre son temps. Phrase étrange qui s’éclairera quand vous lirez la BD. Mais il ne s’arrête jamais, tant qu’il n’est pas arrivé à ses fins. Et ce qui rend ce personnage attachant, c’est son évolution au cours de l’histoire. C’est là qu’on sent que c’est lui le véritable protagoniste, son pire ennemi n’est pas ceux qu’il traque, ou celui qui le pourchasse, c’est lui-même. Colin reste le même du début à la fin de l’histoire, Ryker évolue. Et on le comprend de bout en bout, même si on peut être en désaccord avec ces décisions.

Le dessin au double style :
Deux dessinateurs se relaient sur la série, Andrew Robinson au début et Alex Riegel à la fin. Avec les comics, on est habitué au changement de dessinateur. Mais sur une série courte d’une dizaine de chapitres, c’est toujours un peu étonnant. D’autant que le style d’Andrew Robinson est posé, joue sur un encrage fin, un trait plutôt réaliste, maîtrisé, contrôlé. Alors qu’Alex Riegel a un dessin plus chaotique, plus nerveux. Les compositions d’Andrew Robinson sont aussi bien menées, comme pour un polar, alors que celle d’Alex Riegel sont plus explosives. On assiste à une rupture de style au milieu du récit. Alors qu’on s’était habitué au premier dessinateur, on passe à un second travaillant différemment. Il m’a fallu un temps pour m’y faire, un temps qui a nécessité plusieurs chapitres de lecture. Mais l’histoire reste prenante et on suit les périples de Ryker et Colin, même si certains événements s’anticipent assez rapidement.
Conclusion d’une BD mêlant action et fantastique :
Ce comics propose un récit mené sur les chapeaux de roue, où le protagoniste a tout d’un anti-héros, qu’on prend plaisir à détester et à apprécier en même temps, au cœur d’un récit mélangeant surprise et enchaînement classique.
Zéda rencontre Ryker.



