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Le journal des Chats Edition prestige, la BD d’une colocation déjantée

Série : –
Titre : Le journal des Chats Edition prestige
Auteurs : Junji Ito (scénario et dessin)
Éditeur : Delcourt/Tonkam
Collection : –
Année : 2026
Pages : 128
Résumé d’une histoire de cohabitation :
Juju, mangaka, aménage dans son nouvel appartement avec sa fiancée A. Tout se passe pour le mieux, jusqu’à ce que A. lui annonce qu’elle va ramener Yon, son chat. Juju panique, il ne veut pas de chat chez lui. Il devra faire avec Yon, mais également avec Mu. Après tout Yon a bien besoin d’un compagnon félin pour ne pas s’ennuyer…
Le scénario d’un récit de tranches de vie :
Juju se retrouve donc avec deux chats et on suit son quotidien alors qu’il tente de résister, puis d’apprivoiser ses deux félins. Junji Ito, que l’on connaît surtout pour ces récits d’horreur, nous présente une autre facette de son talent avec ses histoires courtes traitées sur le mode humoristique. Son humour dérive de ses récits horrifiques puisque l’on retrouve certaines recettes détournées. La présence mystérieuse, la forme muette, l’étrange dans le quotidien. Celles-ci, dans ces histoires, servent la chute cocasse, le retournement de situation drôle.
L’exagération de la tension est vraiment marquée chez Juju, avatar de Junji Ito, car l’auteur se met en scène avec sa femme et ses chats. À preuve ces quelques photos de chats que l’on trouve dans le récit. En effet, cette édition prestige nous offre certes, l’ensemble des histoires de Juju et ses chats, mais aussi des questions réponses avec l’auteur, des pages de photos, une interview de Junji Ito, un petit texte de sa femme et même une BD bonus qui conclut véritablement ce journal des chats.

Copyright JUNJI ITO / Kodansha Ltd.
Le dessin réalistiquement exagéré :
Junji Ito garde sa patte réaliste pour cette BD. Il joue souvent sur les exagérations, mais elles tournent plutôt vers le style horrifique que le style chibi. La femme de Juju, A., est dessinée sans pupilles, avec des yeux tout blancs. Les regards des chats sont parfois plus angoissants que sympathiques. Ils semblent nous fixer avec des yeux déraisonnablement ouverts. Le visage déformé par la terreur de Juju, à chaque fois que les choses ne se passent pas comme il le souhaite, rappelle plus une personne effrayée par une horreur sourde que quelqu’un de dépassé par les événements. Sans oublier l’étrange séance de bâton magique. Et c’est aussi de toutes ces exagérations graphiques que naît l’humour.
Ce contraste de réactions avec les décors réalistes, cadrés, posés d’un quotidien somme toute banal, renforce le rire aux dépens des humeurs de Juju, qui souhaite tout contrôler et n’a plus de prise sur quoique ce soit. La couverture nous donne une belle idée de ce qui nous attend dans ce manga, de l’humour présenté sous le style d’une histoire d’horreur. Le cadrage change parfois de point de vue au moment où les événements basculent pour Juju accentuant ainsi les situations comiques.
Conclusion d’une BD de chats qui font rire :
Junji Ito s’inspire ainsi de sa propre vie pour conter ces histoires de chats et utilise son style horrifique pour dresser ces moments d’humour.
Zéda croise Juju.



