Nous sommes ici tous réunis, la BD d’un deuil

Résumé de l’histoire d’un enterrement difficile :
Margot et Louise se rendent chez leur mère. La maison est vide, elles se retrouvent dans le lieu de leur enfance, avec une tristesse dure à contrôler. Leur mère est morte de manière inattendue, un AVC. Elles sont rejointes par leur frère Antoine. Il faudra ensemble s’occuper de toutes les démarches administratives et surtout, se préparer à la longue absence.
Le scénario d’un passage obligé:
Carbone nous dépeint la perte d’un parent. Si le récit est l’occasion de faire ressortir les douleurs anciennes, les questions restées sans réponse, il permet surtout de prendre conscience des difficiles démarches administratives à organiser alors que l’on est en train d’encaisser la mort d’un proche : enterrement, notaire, succession et surtout, vider la maison, le lieu de vie, de souvenirs, bons ou mauvais.
On est ému en compagnie de Margot, Louise et Antoine qui, malgré leurs différences et quelques frictions, restent solidaires face à la douleur. On se rend compte aussi qu’il est des questions qui n’auront jamais de réponses et des secrets qui n’affleureront qu’à moitié à la surface.
Carbone nous raconte le quotidien du décès, dans tout ce qu’il a de plus banal et la violence du choc de ce quotidien avec la gestion d’un deuil. Pour moi, même si le moment est fort en émotion, il manque un petit quelque chose qui casserait la distance que je ressens en lisant l’histoire. Un petit rien pour être plus proche des trois enfants. Un petit plus pour se différencier des autres histoires sur ce sujet souvent traité : la perte d’un parent et les histoires que cela fait ressortir.
Mais attention, cette BD se lit très bien et on ressent ce deuil et ce qu’il implique pour Margot, Louise et Antoine.

Le dessin à l’encrage fin :
Sophie Ruffieux nous offre un encrage très fin et de l’espace pour ces personnages perdus face à la mort de leur mère. La composition nous fait ressentir l’absence de la mère dans la maison. Les décors simples posent l’ambiance de cette petite ville. Une case nous projette parfois sur la réflexion, comment ferons-nous dans cette situation ?
L’intelligence de cette BD est de nous rappeler que lors d’un décès, toutes les questions n’auront pas de réponse. Et on quitte Margot, Louise et Antoine à un autre moment fort de leur vie, après avoir entamé le cap difficile d’un deuil qui n’est pas encore terminé.
Conclusion d’une BD sur la perte :
Cette BD nous rappelle une étape incontournable de la vie, le départ de nos parents. Elle est traitée avec pudeur et émotion et en présente aussi le côté administratif, même si il peut manquer parfois un rien pour accentuer l’attachement aux situations et aux personnages.
Zéda croise Margot.







