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Corso, la BD d’un crash déroutant

Série : –
Titre : Corso
Auteurs : Danilo Beyruth (scénario et dessin)
Éditeur : Soleil
Collection : Hors collection
Année : 2025
Pages : 232
Résumé d’une histoire spatiale:
Corso, pilote intrépide de la république des chiens, est pris dans un combat avec l’ennemi séculaire, la monarchie des chats. Il se retrouve entraîné dans un crash sur une planète inconnue. Sans radio, avec juste un kit de survie, Corso tente de survivre sur une planète désertique. Il le faut, il doit remonter à sa hiérarchie ce qu’il a découvert sur l’adversaire dans ce dernier combat !
Le scénario d’un pilote perdu sur le plancher des vaches:
Corso n’a jamais été accepté dans son escadrille, et le voilà seul sur une planète hostile. Pourtant, son sens du devoir est resté ancré en lui, il fait tout pour survivre et remonter les informations capitales qu’il détient. Mais sur cette planète inconnue, Corso n’est pas au bout de ses peines. Il se confronte à la nature hostile, puis aux animaux sauvages étranges de ce monde. Les choses ne vont pas aller en s’arrangeant, sachant que notre héros ne dispose que d’un kit de survie et qu’il est perdu en plein désert.
Il ne s’agit pas que de survie dans cette BD. Mais je ne vous en dévoilerai pas plus. Corso va être amené aussi à se poser des questions sur qui il est, sur ce qu’il cherche. Cette BD raconte aussi l’histoire d’une personne qui ne trouve pas sa place dans sa société et qui va être amené à faire un choix.
La fin de cette aventure évite le happy end et soulève des questions sur ce que va devenir Corso. Mais rassurez-vous, ça reste néanmoins une véritable conclusion et pas un « à suivre » déguisé. Corso est têtu, fonceur et parvient à être attachant, même si quelque fois, il mérite les coups qu’il reçoit.
A travers ce personnage et son rapport à sa hiérarchie, Danilo Beyruth parle aussi des positions que l’on peut prendre sans conscience d’enjeux qui nous dépassent. Corso ne se remet jamais en question. Et d’ailleurs, pourquoi le ferait-il ? Nous n’avons pas plus de raison que lui de le faire, avec le peu d’informations dont nous disposons.
Heureusement, le personnage évolue au fil de l’histoire, pour se poser plus de questions.

© Éditions Soleil, 2025 — BEYRUTH
Le dessin au noir et blanc brut :
Danilo Beyruth opte pour un trait nerveux, un noir et blanc contrasté où les trames de ponts gris servent juste pour quelques ombrages sur les corps. Il ne faut pas se fier à la couverture couleur, il s’agit bien d’une BD noir et blanc !
L’encrage fin permet au dessinateur de travailler de nombreux détails : végétations, outils technologiques, anatomie. Le dessinateur garde néanmoins la possibilité de parfois tracer d’un simple trait une esquisse pour certains moments, afin de privilégier l’action. Et ce récit n’en manque pas. Les lignes de vitesse accentuent encore l’énergie apportée par la composition des planches.
Danilo Beyruth travaille avec attention son découpage. Jouant sur les enchaînements de cases, les verticales, les horizontales, les grandes cases pour laisser exploser l’énergie, il use de différentes techniques pour garder le récit dynamique.
Conclusion d’une BD de survie mais pas que… :
Corso est une BD énergique, qui réserve de belles surprises, avec une fin qui sait rester mi-figue mi-raisin, où il n’y a finalement pas vraiment de réussite sans prix à payer.
Zéda rencontre Corso !



