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Ce qu’il reste de toi et moi, la BD d’une vie

Série : –
Titre : Ce qu’il reste de toi et moi
Auteurs : Lylian (scénario), Sophie Ruffieux (dessin)
Éditeur : Soleil
Collection : –
Année : 2026
Pages : 116
Résumé d’une histoire au long cours :
Armelle est étudiante, elle arrive en retard en cours. Son regard croise celui d’Entso, quelque chose passe entre eux, sans paroles. Et leur histoire d’amour naît petit à petit, tandis que la vie passe, avec ces plaisirs et ces tracas quotidiens. Mais une ombre s’installe tout doucement dans le couple…
Le scénario d’un récit sur ce qui nous lie et ce qui nous éloigne :
Armelle et Entso vivent une histoire forte. Et la force de la BD est de montrer un récit classique, mais de traiter sans paroles, sur toute la première partie de l’histoire, la vie du couple qui se rencontre, naît et se développe, jusqu’à ce qu’un drame de la vie ramène les mots dans les pages. Et c’est avec ce drame que sort aussi le constat que quelque chose ne va plus. Une différence s’est installée petit à petit, avec les années et maintenant que chacun réalise et tente de se parler, il est peut-être trop tard. Quelle solution le couple va-t-il trouver ?
C’est ce que raconte cette BD. La narration juste par l’image de cette première partie nous montre tellement de choses sur les points communs et les différences entre Armelle et Entso, elle nous apprend tellement qu’on est presque surpris quand les dialogues viennent. Mais effectivement, ces échanges, d’abord anodins, finissent par faire surgir des sentiments profondément enfouis qui deviennent des blessures. Le dialogue permet alors de percer l’abcès, mais pas forcément de résoudre la situation. Et d’ailleurs, après ces années résumées sur plusieurs pages, on s’est attaché à ce couple et on s’inquiète de leur avenir commun. Les deux personnages ont des caractères opposés, mais pas inconciliables, Armelle est forte, elle avance, ouverte et extravertie, Entso est plus introverti, renfermé, parle moins, mais chacun semble présent l’un pour l’autre. Après tout ce temps passé si vite – que l’on ressent à la lecture, mais qui renvoie aussi à notre conscience, en effet, qui ne s’est jamais dit : « quinze ans qu’on se connaît, déjà ? » — un lien s’est créé, renforcé, mais paradoxalement, il s’est aussi distendu. Et Armelle et Entso doivent réussir à se retrouver sans s’être jamais vraiment éloigné.

© Éditions Delcourt, 2026 — Lylian, Ruffieux
Le dessin en finesse :
Le dessin réalisé avec un encrage fin, présentent les personnages et les décors de manière semi-réaliste. Les couleurs douces correspondent à ce quotidien et contrastent d’autant plus quand le drame survient.
Les mises en page savent insister sur un geste, un regard, un moment et nous faire entrer dans l’intimité du couple. On parcourt avec Armelle et Entso plusieurs années, sans mot dire, et on sent la vie dans tous ces détails du journalier tout autant que dans ces grands moments qui marquent une étape de la vie de couple, les enfants, l’aménagement ensemble.
Les compositions savent rompre le simple champ-contrechamp pour mettre en image la tension entre Armelle et Entso.
Finalement, il n’y a pas de vrai coupable, chacun est un peu responsable, un peu victime de la situation qui s’installe. Et c’est ce fragile équilibre que réussit à mettre en place Lylian avec son scénario et Sophie Ruffieux avec ses dessins. Leur travail commun donne vie à Armelle et Entso, à leur problème qui se révèle être le problème de nombre de couples. Les auteurs touchent ainsi à l’universel avec une histoire somme toute simple, une histoire d’amour avec ses hauts et ses bas, un amour qu’on suit le temps d’une vie.
Conclusion d’une BD sur le couple :
Ce récit tout en douceur met en avant les fissures qui peuvent naître du quotidien dans un couple, au travers de deux personnages attachants qui luttent chacun à sa manière contre le cours des choses.
Zéda rencontre Armelle.



