Sur les traces de la source de toute magie
Megumi est journaliste. Dans le cadre de son travail, le jeune homme fait le tour du monde. Mais il ne voyage pas par simple tourisme. Il mène une quête bien précise : il va à la rencontre de sorcières aux quatre coins du globe pour recueillir leurs mémoires, leurs vécus et leurs secrets.
A travers cette quête se cache un autre objectif. Megumi cherche à obtenir des informations sur celle qu’on appelle la « dernière sorcière ». Autrefois considérée comme la source originelle de la magie et la protectrice du monde, cette figure légendaire semble avoir totalement disparu.

Une narration intimiste et un trait tout en nuance
6 histoires pour un one shot
The Last Witch’s Story est un one shot en 6 chapitres. Les cinq premiers chapitres correspondent à l’interview d’une sorcière. Tout cela mène au dernier chapitre, pour la dernière sorcière.
Le manga est dans un format de 14.5 x 21cm, plutôt agréable à lire et à tenir en main.

Un récit tout en douceur
Côté mise en scène, Kira Ito choisit la carte de la sobriété et de l’efficacité. Il n’est pas question ici de grands pouvoirs magiques ou d’affrontements à coups de sortilèges. Oubliez le cours de préparation de potions ou les leçons d’incantations.
Le manga adopte un rythme contemplatif, découpé en saynètes qui permettent de s’attarder sur chaque étape du voyage du personnage principal.
Chaque chapitre correspond à la rencontre et à une simple discussion avec une sorcière qui généralement introduit la suivante au jeune journaliste. Chaque face à face avec une sorcière fonctionne comme une petite fable indépendante qui nourrit l’intrigue globale. En écoutant les sorcières raconter leur histoire et les événements marquants de leur vie, Megumi obtient des bouts d’informations sur la vie de la « dernière sorcière ».
Au bout d’un moment, le lecteur s’aperçoit que l’objectif du jeune homme est un peu différent de celui qu’il affiche.

Des sorcières au passé tragique et douloureux
En trame de fond de ce one-shot on retrouve tout de même un thème important et commun à chacune des sorcières: l’intolérance des humains envers celles qui ont de la magie. Il est question de la chasse aux sorcières, la peur de leurs différences et de leurs pouvoirs, leur rejet, leur exploitation…
Toutes ont rencontré « la dernière sorcière » à un moment de leur vie où elles auraient pu mourir. Elles sont des rescapées et chacune a une histoire à raconter à Megumi.
Un visuel beau et propre
Graphiquement, le trait est propre, soigné et va à l’essentiel. Chaque sorcière est bien caractérisée et présente un pouvoir différent. Il y a quelque chose de féminin dans le dessin qui renforce l’aura des sorcières.
L’autrice gère aussi très bien les ambiances visuelles, alternant entre des décors réalistes et des touches de fantastique bien dosées. Les expressions des personnages traduisent juste ce qu’il faut d’émotion, sans forcer le trait, ce qui renforce l’atmosphère intimiste, douce-amère, de l’ensemble.

The Last Witch’s Story : mon avis sur cette lecture
Au départ, je trouvais la couverture jolie et je n’attendais pas grand chose de ce titre.
Finalement, j’ai trouvé la lecture de The Last Witch’s Story particulièrement plaisante et reposante. Il n’est pas question de sorcières qui font peur ou de récit horrifique halloweenesque. Au contraire, ce one-shot a le mérite de proposer une bulle d’évasion touchante. Chaque chapitre est indépendant permettant même de lire le manga en plusieurs fois. Pourtant, j’ai été pris dans cette histoire et je l’ai lue d’une traite.
A travers son récit, la mangaka interroge habilement sur le rejet, la haine de celles et ceux qui sont différents. Mais aussi sur la transmission, la mémoire et la solitude. Elle parvient à susciter l’émotion à chaque chapitre.
J’ai apprécié le dessin également. J’ai aimé le style et la mise en page.
Concrètement, The Last Witch’s Story n’est pas le titre le plus révolutionnaire de l’année. Mais c’est quand même une jolie trouvaille narrative.
Honnêtement, je ne pousserai pas à l’achat, mais si vous avez l’occasion de lire ce manga, je pense qu’il plaira à la majorité et vous assurera un bon petit moment de lecture.
SAIGO NO MAJO NO MONOGATARI © Kira Ito 2025 / KADOKAWA CORPORATION





