jeudi 11 août 2022

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MATADOR, T1: Lune Gitane, de Jakupi et Labiano

Matador T1 Lune Gitane couverture
Titre : Matador T1 Lune Gitane

Auteur : Gani Jakupi et Hugues Labiano

Editeur : Glénat

Année : 1992



Résumé :

Une arène, un taureau, un matador
quand tout d’un coup, un jeune homme, un « Espontaneo »,
se jette sans raison face à l’animal enragé.

Défiant le taureau en toute impunité,
le jeune Manuel veut montrer son talent et faire voir à la foule des
gradins qu’il est digne, malgré ses origines pauvres, de devenir un
grand toreador ! Mais rien ne se passe comme prévu et Manuel doit
fuir, accompagné de son meilleur ami, Gonzo.

Au travers de cette Espagne pauvre, de
villages en villages, de conflits en problèmes, d’embuscades en
rencontres sympathiques, les deux compagnons vont errer, avec un seul
but en tête, l’arène !




Notre avis :

Matador nous plonge dans une Espagne
rude, celle de la misère et des pauvres gens, celles des gitans et
des contrebandiers, celle des terres arides et des rêves de fortune.

Pour Manuel, son salut réside dans
l’arène. Et pour y parvenir, il doit faire ses preuves à tout prix.
Et il est prêt à en découdre avec tous les taureaux de la terre.

La BD se structure en un énorme
flash-back. Manuel âgé raconte sa jeunesse, ses débuts. Je sais
donc d’ores et déjà qu’il ne va pas décéder de mort violente.

Mais les aller-retours sont très
succincts et ne nuisent pas à la lecture, si bien qu’on finit même
par les oublier. L’histoire nous entraîne dans le sillage de Manuel
et Gonzo, deux débrouillards partageant le même rêve. A mes yeux,
Gonzo est même le plus attachant des deux. Connaisseur des racines
qu’on peut manger, d’une fidélité inébranlable, certes aussi
gaffeur et illettré, il est l’ami rêvé pour cette aventure. Je me
dis alors que Manuel a bien de la chance de l’avoir.


Le scénario met en place les
différents éléments et personnages. De la jeune Elizabeth,
américaine qui assiste à sa première corrida le jour où Manuel
plonge dans l’arène, à Fuego, la brûlante voleuse gitane, en
passant par Tcharlgo, le gitan contrebandier et frère de Fuego, une
galerie de protagonistes défile et pose également les intrigues.

Au fur et à mesure des pages, nombreux
sont les obstacles qui se mettent en place pour empêcher Manuel
d’atteindre son rêve. En parlant de rêve, ceux-ci ont également
une place dans le récit. Sorcellerie, cauchemars, autant de marques
d’une Espagne superstitieuse et peut-être à juste titre. Autant
d’éléments qui seront amenés, je l’espère, à jouer un rôle de
plus en plus fort dans la suite de cette série.

Je dois avouer que j’ai été entraîné
dans cette histoire mais pas complètement passionné. Il manque un
petit quelque chose, peut-être le fait de ne rien savoir de Manuel
et Gonzo, de leur histoire, de leur passé; peut-être le cliché un
peu gros, à mes yeux, de la gitane Fuego qui croise nos héros et
qui est la sœur du même contrebandier qu’ils vont aussi se mettre à
dos…

Ce sont de petites choses, mais qui ont
leur importance et créent au fur et à mesure de l’histoire une
impression de manque.

Notons que cette BD fut suivie de deux
autres tomes et qu’une intégrale est sortie chez Glénat en 1999.



Côté dessin, Labiano a pris à bras
le corps le récit de Jakupi et nous sert des personnages dans un
style réaliste et expressif. Les scènes de tauromachie sont
impressionnantes et m’ont complètement emmené, de même que
l’étrangeté des rêves.

Labiano sait aussi nous faire sentir
cette Espagne qui meurt de chaud, ces grandes terres arides, ces
petits villages blanc de chaux, ces arbres noueux et si rares.

Les couleurs sont agréables et servent
parfaitement cet univers entre âpre réalité et vaporeuse
étrangeté.

Le découpage des pages classique, de
deux à quatre bandes de deux à quatre cases, alterne avec quelques
cases se chevauchant, quelques dessins tout en longueur Je retiens
surtout les cauchemars et la première séquence de tauromachie, où
le cadrage sert vraiment l’émotion du passage.



Les deux auteurs nous livrent donc, au
final, un premier tome intéressant, curieux, auquel il manque
néanmoins, à mon humble avis, un petit souffle d’originalité. Mais
peut-être arrive-t-il dans la suite ?
Zéda aurait-il l’âme d’un matador ?
Zéda, strip, le Mat t'adore


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