Melchio, fils de bucheron italien, se voit offrir dès l’enfance une jument, Mona. Elle le suivra toute sa vie de montagnard, d’immigré italien, de bûcheron et d’homme d’honneur.

Titre : Mona
Auteur : Éric Savoldelli
Date de Parution : 6 mai 2026
ISBN : 9791098292408
Format : Relié – 176 p – 32 €
Éditeur : Les Étages Éditions
Sommaire de l'article
Une farouche ligne de vie
En baptisant son premier roman graphique « Mona », Éric Savoldelli le place sous l’angle unique d’une vie liée entre l’homme et l’animal. Il s’inspire de la vie de son grand-père, Melchio diminutif de Melchissedecco, Italien, bûcheron, Montagnard (pas forcément dans cet ordre). Dès l’enfance, Melchio se voit offrir un « jumelage », un lien unique, avec Mona pouliche à peine née et déjà orpheline.
Vivant la vie rude d’un bûcheron au début du XXe siècle dans les Alpes, il partage sa tâche avec ses amis et voisins, les frères Andrea et Renzo. Mona est utilisée pour le débardage du bois. Un jour, un homme vient lui apporter une triste nouvelle, son père est mort d’un accident sur la lointaine coupe où il est employé.
Pour nourrir sa mère enceinte et ses petites sœurs, Melchio n’a pas le choix : il lui faut partir vers la France pour trouver du travail. Le voyage se fera avec les frères et avec Mona.

Réalisme et lyrisme
Saisissant le portrait d’un homme, de sa famille, des ses amis, de son indissociable animal et surtout de la Montagne, toile de fond et personnage à part entière de la Bande Dessinée, l’auteur livre un récit honnête, poignant et réaliste de la vie à l’époque. D’une plume fine et précise, il rend hommage aux hommes comme à la nature qui l’entoure.
Son histoire parle un peu de l’immigration italienne, mais surtout de la solidarité des hommes de la Montagne. Il sait aussi montrer les oppositions entre patrons et ouvriers, mais il évite le manichéisme et, de nouveau, préfère montrer des valeurs d’entraide et de respect. Le difficile travail du bois au cœur du Massif des Écrins y est fidèlement décrit.

Toute l’histoire de Melchio est liée à celle des deux frères qui l’accompagnent, dont l’un n’est pas bûcheron et travaille dans la mine. Cela permet à l’auteur de raconter un autre aspect de la vie de ses héros et fournit un ressort dramatique qui rend la BD intense. Mona y jouera un rôle primordial, renforçant l’unité de l’œuvre. Un narratif passionnant et émouvant de bout en bout.
Une grande beauté
Les couleurs sont très belles et douces et soulignent parfaitement le propos de l’auteur. Les ocres de la nuit incitent à la confidence. Les bleus éclatants de la montagne diurne souvent soulignés d’une présence de la faune nous donnent à apprécier la majestuosité de la montagne. Le respect qui empreint chaque image nous raconte sans conteste l’amour de l’auteur pour ce qu’il décrit. On sent que l’album est écrit avec le cœur et il n’en touche que d’avantage le nôtre.

Dessins et découpage sont classiques et assez sages. L’histoire qu’ils illustrent se prête parfaitement aux illustrations épurées et essentielles de l’auteur. C’est simple, c’est fin, c’est beau.
En direct des Écrins
Éric Savoldelli est fils d’une gardienne de refuge et d’un bûcheron. Il a toujours vécu au dans le massif des Écrins, y a travaillé avant de se lancer dans le dessin après une rencontre avec le travail de Jean-Marc Rochette. Son éditeur, Les Étages Éditions, y est également localisé et se construit autour d’un projet : célébrer la nature et la montagne sous toutes ses faces et mettre en lumière les humains qu’elle abrite.

Mission parfaitement accomplie pour « Mona ». Pas étonnant que nous nous trouvions devant un album si franc, si droit, si authentique. Un joyau pour votre collection si vous aimez la BD et/ou la montagne.


