Suspiria à la rescousse
Dans un environnement XIXe siècle misérable, Dickens en pire, Madeleine est une femme malheureuse. Danseuse et femme de danseur, elle vit avec son compagnon déchu, paralysé depuis un accident. Au lieu d’être reconnaissant qu’elle reste à ses côtés, il est aigri, violent, injuste. Elle reste vertueuse et pourvoie à ses besoins.

Alors qu’elle tente de vendre à la sauvette de bougies volées à l’église par son mari, un riche dandy l’agresse. Il n’en faut pas plus pour que Suspiria intervienne.

Un scénario plutôt léger
On assiste à une intervention un peu super-héroïque. Puis Suspiria et son acolyte au look mexicain montrent des avenirs possibles à Madeleine dans la flamme des bougies. La petite fille aux allumettes vient à la rescousse de Dickens.
Je n’irai pas plus loin dans les détails de l’histoire. Si ça reste plaisant à lire, c’est aussi très lisse. On enchaîne les situations et les interventions des démones sans s’embarrasser de détails. Même l’aspect érotique passe complètement au second plan. A part la nudité des personnages et le petit twist final qui permet au dessinateur de montrer sa maîtrise anatomique, il n’y a ni sexe, ni amour dans cette histoire.

On retiendra l’aspect fantastique et la malignité des démones, dont il ne faut pas attendre un réel sauvetage. Ce sont des démones et personne n’a droit à une happy end !
Côté dessin, c’est la fête
Andrea Bulgarelli est un virtuose. Son trait est dramatique, dynamique. J’aime ses encrages épais, ses incendies virevoltants. J’adore son dessin du plus pur style comic. J’y ai trouvé cette fois-ci plus un côté Rudy Nebres que Buscema.
Suspiria est franchement une série dont je guetterai les prochaines parutions. J’espère que Montagliani donnera un peu plus d’épaisseur à son scénario. Mais dans le cas contraire, les dessins de Bulgarelli emporteront très certainement mon enthousiasme.






