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Almudena, le temps d’un été, la BD d’une rénovation multiple

Série : –
Titre : Almudena, le temps d’un été
Auteurs : Samuel Teer (scénario), Mar Julia (dessins), Ashanti Fortson (couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection : Waves
Année : 2025
Pages : 320
Résumé d’une histoire de rencontres :
Almudena, jeune adolescente de quatorze ans, est en taxi avec sa mère. Almeduna fait la tête alors qu’elle rappelle à sa mère où sont ses affaires. Mais l’adolescente a d’autres préoccupations que d’être le pense-bête maternel. En effet, sa mère part en tournée pour l’été et elle va confier Almudena à son père, Xavier. Le seul souci est que Almudena n’a jamais rencontré son père et qu’elle ne veut pas passer l’été chez un inconnu qui l’a abandonnée…
Le scénario aux thèmes variés :
Almudena va donc découvrir cet homme mystérieux qui est en fait son père. Elle va se rendre compte aussi que celui-ci a une vie, et en plus d’un été imprévisible, elle se retrouve à aider Xavier à rénover la maison où il vit.
Cette rénovation est à l’image de ce qu’Almudena va traverser, elle va aussi se « rénover » elle-même. Elle va découvrir ses racines car son père est Guatémaltèque. Au fil de l’histoire, elle va comprendre comment ses parents se sont rencontrés et ce qu’ils ont vécu. Au-delà de ça, elle va prendre aussi conscience, en découvrant les voisins et amis de Xavier, d’une autre culture, d’une autre vie qui se révèle compliquée pour des gens qui gagnent peu. Elle va se heurter à l’incompréhension, aux conflits et au rejet. Celui qu’elle va subir car elle ne parle pas espagnol, elle est donc différente des gens d’ici, mais aussi le rejet auquel elle va assister, envers une femme lesbienne, ou un jeune qui est terrifié à l’idée de faire son coming out et ne peut se confier qu’à l’étrangère, celle qui repartira.
En plus de cela, Almudena va aussi prendre conscience de l’urbanisme galopant qui chasse ceux qui gagnent moins pour attirer ceux qui gagnent plus. En bref, un été riche en découvertes qui vont aider Almudena à grandir et comprendre qui elle est.
Mais rien de sociologico-didactique, tout passe par les échanges entre les personnages, les tensions, les disputes, les retrouvailles, les pleurs et les rires. Même si certaines révélations tombent parfois un peu comme un cheveu sur la soupe, on est pris dans le flot des émotions que traverse Almudena et par ses yeux, nous, simples lecteurs.

Le dessin qui nous emmène ailleurs :
Un trait simple pour mettre en scène toute cette galerie de personnages et surtout ces décors américains. Au centre, le vieil immeuble que Xavier essaye de restaurer. Ce graphisme nous permet d’entrer et de suivre l’histoire sans souci. On plonge dans ce quartier où se croisent les voisins, où on échange toujours quelques mots sympathiques. On en comprend aussi les limites, on voit l’ambiance qui change d’un pâté de maison à l’autre. Et on s’attache à tout ce petit monde qui vit sous nos yeux, avec ses qualités et ses défauts.
Conclusion d’une BD de prise de conscience :
Almudena va réaliser l’ampleur du monde qui l’entoure, comprendre ses racines et créer un nouveau lien avec son père, cet inconnu. Un vaste programme qui demande plus qu’un été dans cette BD émouvante qui nous touche en plein cœur.
Zéda croise Almudena.





