Jusqu’à la nuit tombée – la chronique tombée

Jusqu’à la nuit tombée, la BD d’un deuil

couverture de "JUSQU'A LA NUIT TOMBEE" de Philippe Lahbari et Quentin Heroguer chez Delcourt.

Série : –
Titre : Jusqu’à la nuit tombée
Auteurs : Philippe Lahbari (scénario), Quentin Heroguer (dessins et couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection : Une case en moins
Année : 2026
Pages : 96

Résumé d’une histoire de questions sans réponse :

Un village au pied des montagnes, une voiture se gare, un homme en descend. David revient à Orpierre pour la première fois depuis des années, cherchant quelque chose qu’il n’est pas sûr de trouver. Il arrive devant une maison fermée, quand une voix résonne, celle de souvenirs remontant à son enfance. David oscille entre présent et passé, incapable d’exprimer ce qui le ronge…

Le scénario d’un chemin de deuil :

Philippe Lahbari construit un récit autour d’un drame, où le protagoniste n’arrive pas à exprimer sa douleur. Hanté depuis des années, refermé sur lui, David se retrouve bloqué à un tournant de sa vie. Ce qui l’amène à revenir dans ce village, le lieu où tout s’est rompu. Avec tact, le scénariste explore la psyché brisée de David, passant de la réalité aux souvenirs, aux rêves. Chaque pièce de la maison, chaque endroit du village, chaque rencontre le renvoie difficilement au passé et David avance vaille que vaille. Il cherche une réponse, toutes ces années passées n’ont pas allégé son fardeau, au contraire.

Philippe Lahbari explore la douleur de ne pas savoir. Avec le personnage de David, il se plonge dans les retombées d’un drame insurmontable. Son protagoniste reste coincé et ne parvient pas à exprimer ses émotions, ni même à les nommer. Il doit suivre un long chemin vers l’acceptation et ce village, avec ces souvenirs à chaque coin de rue, parfois l’aide, parfois le freine. Isolé, il reste seul face à lui-même. Les gens qu’ils croisent se souviennent, eux aussi, du drame, et réagissent de manière différente au retour de David. Certains ne savent pas gérer, d’autres lui tendent la main, mais c’est trop tôt encore pour accepter ce geste d’écoute.

page de "JUSQU'A LA NUIT TOMBEE" de Philippe Lahbari et Quentin Heroguer chez Delcourt.
les souvenirs surgissent au détour d’un chemin de forêt.

Le dessin à l’aquarelle douce :

Quentin Heroguer peint le malaise de David. Son style prend toute son ampleur avec les décors, le village, la forêt, qu’il trace d’un encrage léger, à la main, apportant un aspect tremblant. Comme David qui n’arrive plus à marcher droit. Cette hésitation travaillée dans le trait, s’équilibre avec une belle utilisation des couleurs, mélanges de différentes teintes pour créer des ombrages, apporter un peu de matière aux éléments. Le trait tremblant est renforcé par une police reprenant une écriture enfantine. L’âge du drame où se trouve bloqué David, malgré les années.

Conclusion d’une BD émouvante :

Ce récit avance et entraîne tout doucement dans la tête du protagoniste, sur son long chemin vers l’acceptation. Un drame centré avant tout sur un conflit intérieur.

Zéda croise David.

"ALLÉE RETOUR" strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "JUSQU'A LA NUIT TOMBÉE" de Philippe Lahbari et Quentin Heroguer chez Delcourt.

David

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David
Davidhttp://www.davidneau.fr
Scénariste pour le jeu vidéo, le podcast et le cinéma, auteur-réalisateur de court-métrages animés, auteur dessinateur la BD numérique "Zéda, l'Odyssée du quotidien", enseignant à l'ICAN en BD numérique, et chroniqueur BD bien spûr. Sans oublier passionné de musique et de... BD ! Tout est dit.

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