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dimanche 29 mai 2016

Rapaces - Tome II

Titre : Rapaces - Tome II
Auteurs : Dufaux & Marini
Editeur : Dargaud
Date : 1998
Nombre de pages : 56

Dans une ville sinistre et laide, grise et morne, au ciel morbide et mourant, une série de meurtres mystérieux reste inexplicable. Plus les morts s’additionnent et plus l’inquiétude monte. L’agent Lénor, flic rousse au tempérament de feu, enquête et se trouve vite dépassée par des découvertes qui la mettent en danger. Dans ce tome 2, alors que la jeune Lieutenant fuit ses inquisiteurs barbares, le danger n’est encore rien et le plus horrifiant, c’est sans doute l’irrationnel de ses découvertes qui l’empêchent de savoir comment réagir. Alors que les êtres qu’elles côtoient deviennent de plus en plus violents et brutes, elle devra garder tout son sang-froid pour se prémunir de retrouver son propre corps dans froid-mort.

Le sang, c’est dès les premières vignettes qu’il nous saute aux yeux. Brut, violent, mais suffisamment dosé pour gagner en réalisme et donc en horreur. Il y a dans les procédés mortuaires des criminels quelque chose qui, tout à la fois fascine la curiosité malsaine et horrifie délicieusement par ces us primitifs. Il y a dans la sauvagerie des hommes dépeints quelque chose qui dépasse l’animal : ils sont des barbares cruels dont la perversion a sur nous des vertus quasi spasmodiques. Il faut avouer que les gros plans sur les blessures, les cadrages choisis à dessein, n’y sont pas étrangers. Quant au génie de la couleur, méthode traditionnelle formidablement maîtrisée, il offre des nuances qui minorent l’étouffement. On passe de la BD cliché dont les tripes débordent des pages même quand l’ouvrage est fermé, à une bande dessinée sanguinolente mais dont on apprécie la qualité, d’autant plus que Rapaces se distingue par la place qu’il laisse à son héroïne, brillante et courageuse et surtout, loin des clichés de la « flic bien roulée » à laquelle on est souvent habitués. Quant au scénario, il a cela de brillant qu’il est de sang même lorsqu’il ne le montre pas. Saignées physiques, saignées mémorielles, saignées morales, rien n’est oublié et l’histoire saurait même raviver quelques-unes de nos plaies. Une bande dessinée brillante, frissonnante, à lire à la lueur d’une lampe de chevet, surtout si vous êtes amateur d’hémoglobine poétisée. 

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