Une voix pour la liberté, Toomaj Salehi, un rappeur en résistance, la chronique râpée

Une voix pour la liberté, Toomaj Salehi, un rappeur en résistance, la BD d’une résistance qui coûte cher

couverture de "UNE VOIX POUR LA LIBERTÉ" de Bahareh Akrami chez Delcourt

Série : –
Titre : Une voix pour la liberté, Toomaj Salehi, un rappeur en résistance
Auteurs : Bahareh Akrami (scénario et dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : –
Année : 2026
Pages : 108

Résumé d’une histoire vraie :

Le 30 octobre 2022, Toomaj Salehi est arrêté par les forces du gouvernement Iranien. Le jeune rappeur, qui a dénoncé l’injustice dans ses textes sans baisser les bras, subit alors emprisonnement, interrogatoire, tortures…

Le scénario d’un trait qui parle d’une voix :

L’histoire de Toomaj Salehi est surprenante. Si l’on doutait que la violence politique existe encore, en voici une nouvelle preuve. Ce rappeur qui dans ses textes défend ses idées et une vision de la liberté et de la justice, a subi une arrestation injustifiée et a passé plus d’un an en prison. Il a été libéré, a repris son flambeau et été à nouveau arrêté.

On ne peut qu’admirer le courage de cet homme. Mais attention, Toomaj Salehi a toujours défendu les autres, celles et ceux dont on ne parle pas et qui subissent les mêmes injustices que lui. Le rappeur devient alors un symbole qui nous force à regarder tous les oubliés derrière lui. Ceux qui sont aussi emprisonnés et torturés et dont on ne parle pas.

L’histoire de Toomaj nous est raconté par l’autrice, Bahareh Akrami. D’origine iranienne, elle suit les manifestations et les massacres perpétrés par le gouvernement et elle a été vite au courant de cet emprisonnement abusif. Elle a appelé à soutenir Toomaj dès le début sur ses réseaux. Et elle raconte ainsi une double histoire : celle du combat pour faire libérer Toomaj Salehi, et celle du rappeur. Elle parsème son récit des textes traduits en français des raps de Toomaj Salehi. Plus on lit, plus on est effaré par la découverte de tout ce qui se passe et qu’on ignore. Et il ne s’agit là que de la partie émergée de l’iceberg. Le régime dictatorial ne laisse rien passer et la récente guerre avec les États-Unis n’a pas changé sa position.

On ne peut qu’être admiratif des défenseurs de la liberté qui se lève pour parler au nom de ceux qui n’ont pas la possibilité de le faire. La BD se finit par un article d’Amnesty International qui revient sur cette histoire et vous pourrez aussi trouver un QR code vous donnant accès aux morceaux de Toomaj Salehi. Bahareh Akrami garde le fil entre humour et émotion. Cette histoire dure, elle la raconte avec son cœur, tout en sachant prendre une petite distance permettant d’intégrer quelques moments de sourire, entre deux tensions.

Bahareh Akrami parle aussi des questionnements que soulèvent les choix de Toomaj Salehi. En France, que peut-elle faire ? Peut-elle tenir un engagement à la hauteur de celle de Toomaj Salehi, qui refuse de quitter l’Iran, malgré les menaces ? Doit-elle retourner là-bas et risquer gros ? Toutes ces interrogations alternent avec la situation de Toomaj. Bahareh Akrami permet ainsi de comprendre les tiraillements, les dilemmes que vivent les Iraniens qui n’habitent plus au pays et son récit fait ainsi ressortir d’autant plus le courage de Toomaj Salehi et de celles et ceux qui, comme lui, prennent le risque de parler contre le régime en place.

page de "UNE VOIX POUR LA LIBERTÉ" de Bahareh Akrami chez Delcourt
une arrestation rapide, sans ménagement, résumé en deux dessins elliptiques qui laissent transparaître la violence du gouvernement à l’égard de xceux qui ne se tiasent pas.

Le dessin en noir et blanc brut :

Bahareh Akrami opte pour un noir et blanc contrasté. Pas de gris, quelques fois un peu de couleur, principalement du jaune et du rouge. Elle casse le code des cases et laisse s’exprimer sa plume sur la feuille. Grands aplats de noir, personnages stylisés ou réalistes selon le moment, dessins pleine page ou multiplicité de cases, le choix de la narration reste libre et ouvert, permettant à des moments forts de s’étaler pleine page ou à des suites d’événements de s’enchaîner rapidement.

Elle opte pour une police manuscrite, qui s’accorde parfaitement avec le graphisme choisi. On navigue ainsi à l’émotion dans ce récit, ce décompte des jours, ces doutes, ces extraits de rap et ces morceaux de l’histoire d’un pays et de ses habitants.

Conclusion d’une BD sur le courage :

C’est bien une leçon de courage, avec un homme qui nous rappelle aussi de ne jamais oublier les autres, ceux qui subissent l’injustice sans avoir d’autre choix que le silence.

Zéda croise Bahareh Akrami !

"JAILHOUSE RAP" strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "UNE VOIX POUR LA LIBERTÉ" de Bahareh Akrami chez Delcourt

David

Fais découvrir cet article à tes amis
David
Davidhttp://www.davidneau.fr
Scénariste pour le jeu vidéo, le podcast et le cinéma, auteur-réalisateur de court-métrages animés, auteur dessinateur la BD numérique "Zéda, l'Odyssée du quotidien", enseignant à l'ICAN en BD numérique, et chroniqueur BD bien spûr. Sans oublier passionné de musique et de... BD ! Tout est dit.

Laisser un commentaire

Ces articles pourraient vous plaire

Restons connectés 😉

4,034FansLike
680FollowersSuivre
146FollowersSuivre
Une Box BD pour toi !

Derniers Articles