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Tout mais pas Beyrouth, la BD d’une ville qui encaisse guerre après guerre

Série : –
Titre : Tout mais pas Beyrouth
Auteurs : Mathieu Diez (scénario), Jibé (dessin et couleur)
Éditeur : Delcourt
Collection : Encrages
Année : 2026
Pages : 256
Résumé d’une histoire de guerre qui tait son nom :
Novembre 2024, à Beyrouth, Mathieu travaille sur son ordinateur la nuit, alors que les bombardements des quartiers sur de la ville continuent. Il se rappelle une phrase de sa mère « Tout mais pas Beyrouth », remontant à quatre ans en arrière, au moment où il décide, avec sa femme et ses deux enfants, de postuler pour des postes diplomatiques à l’étranger.
Le scénario d’un récit vécu de l’intérieur :
Mathieu Diez raconte ses quatre ans de travail à Beyrouth. Il a permis le développement d’actions culturelles dans un pays secoué par les accidents et les guerres.
Mathieu a découvert les tensions de pouvoir, les escarmouches dans les rues, le retour de la guerre. Il nous raconte une histoire géopolitique toujours influencée par les autres pays environnants. Mathieu nous fait vivre de l’intérieur ce que ça fait de vivre dans une ville qui vit avec la crainte de basculer dans un nouveau conflit. Et ce conflit a éclaté. On se rend compte à quel point les libanais se retrouvent le jouet des luttes de pouvoir, politiques ou religieuses qui se passent autour d’eux. Combien de civils et d’innocents tués pour atteindre un ennemi caché ? Entre le Hezbollah, l’armée israélienne, l’Iran, la Syrie, les sources de tension sont multiples.
Et elles retombent sur les libanais. Avec Mathieu Diez, nous avons un aperçu de cette situation. Et il est important de comprendre que ce n’est qu’un aperçu, car il travaille à l’ambassade française, et vit dans les quartiers qui n’ont pas été bombardés. On réalise la différence quand il passe en voiture dans ces zones ravagées par les explosions et qu’on réalise le nombre de personnes ayant perdu leur logement, voire la vie, dans cette guerre larvée.
Pour Mathieu Diez, il reste, dans le pire des cas, la solution de retourner en France. Et il comprend que pour les libanais, il n’y a pas de solution de repli, il faut vivre sur place, ou migrer. Mathieu Diez nous montre aussi la guerre plus insidieuse, le conflit psychologique, technologique qui augmente les tensions chez les civils, celles et ceux qui ne veulent plus de guerre.

© Editions Delcourt, 2026 – Diez, Jibé
Le dessin en monochromie :
Jibé nous offre un dessin stylisé, avec un encrage fin pour les décors et les personnages. Ce trait plutôt humoristique n’empêche pas de créer des moments de tension, d’aller chercher l’émotion dans ce quotidien à Beyrouth, entre les bombardements et les rafales de Kalachnikov. L’humour désamorce certaines situations, mais il n’empêche pas d’en comprendre la portée et d’en ressentir l’impact.
Pour la couleur, Jibé fait le choix du noir et blanc avec une seule couleur. Une deuxième s’invite avec les SMS bleus. En plus de ce choix d’une couleur, Jibé use parfois d’une trame pour apporter de la texture aux ombres noires. Discrètement, entre décors travaillés, textures noires, couleur unique, Jibé crée un style qui nous tient dans la BD et nous plonge au cœur de Beyrouth.
Conclusion d’une BD d’une ville victime de la guerre des autres :
C’est ce qui ressort de cette BD. Beyrouth, comme le Liban, se retrouve au carrefour de tensions géopolitiques et quand la tension monte, les habitants de ce petit pays payent les pots cassés. Une BD qui nous fait mieux comprendre les enjeux et surtout le quotidien du Liban…
Zéda rencontre Mathieu !



