Lucie a une journée chargée devant elle : ce matin, c’est son examen de guitare au conservatoire et ce soir elle donne un concert avec ses amis. Dans sa course pour ne pas arriver en retard au conservatoire, elle se retrouve prise entre un chasseur de diable et sa proie ! Pas de blessé, mais la guitare est fichue. Léo, le chasseur, est sensible à la détresse de Lucie et promet de rembourser la guitare. Il ne peut pas savoir qu’elle ne va pas tarder à se transformer en diablesse, elle aussi…

Éditeur Kana
Collection Big Kana
Titre No Devil Tome 1
EAN 9782505141181
Scénario & Dessins : Senchiro
Parution 2026-04-17
Format 127×180
Nbre pages 224
Prix 8.1 € / 12 CHF
Sommaire de l'article
Un univers diablement proche
Dès les premières pages de No Devil, le lecteur sait que ce manga ne va pas lui être offert sur un plateau. Sans déroger aux règles classiques du genre (présentation de l’héroïne, puis du protagoniste, rencontre/opposition), Senchiro choisit une narration légèrement déstructurée, basée sur des plongées dans l’action, suivies de brefs flashbacks pour les expliciter.

Si la narration est fluide, elle n’est pas linéaire et peut dérouter le lecteur. On retrouve une façon de faire qui ne m’avait pas tellement convaincue sur Sweet Konkrete (le manga précédent de l’auteur). C’est ici beaucoup mieux maîtrisé et dès que le lecteur fronce les sourcils et se demande « wtf ? », la réponse arrive et remet l’histoire sur ses rails.

Ce tome 1 pose les bases d’un univers très proche du nôtre, avec ses étudiants qui bossent en dehors des cours, musiciens qui font du rock (pas tant que ça dans ce premier tome, mais faut bien démarrer)… La bifurcation, c’est l’existence de « diables », qu’on nous laisse entendre créés par un virus, et dont la capacité de destruction permet de fixer une prime. Et qui dit primes, dit chasseurs. Ceux-ci travaillent pour des agences et agissent masqués. Voilà qui va nous fournir des actions explosives.
Un rythme endiablé
Par bonheur, « Explosion » est le second prénom de Senchiro. Son style précis et dévastateur convient parfaitement à l’histoire qu’il a choisi de raconter. Ça speede et ça explose de partout. Ses héros n’ont pas de première : ils embrayent directent en cinquième et foncent…

Ça va presque trop vite : on aimerait bien de temps en temps souffler un peu, mais même dans les scènes « calmes » d’interaction entre les personnages, ça se dispute, se battant pour un téléphone, un rendez-vous, une guitare, un pigeon…
Heureusement, l’auteur a en tête le déroulé de son scénario et les informations sont lâchées suffisamment régulièrement pour que le lecteur puisse composer le tableau de cet univers original.
Le diable est dans la B.O.
Pour donner encore plus d’ampleur à son flamboyant manga, l’auteur nous livre une bande-son instrumentale bien rock, disponible sur la plupart des plate-formes de streaming via un QR code sur la jaquette. De quoi réjouir vos oreilles en même temps que vos yeux. (Pour avoir testé, vu la densité du manga, il faut écouter l’OST plusieurs fois : pensez à le mettre en boucle !)

Une romcom diabolique
Sous ses airs d’actionner de folie, No Devil est aussi une comédie romantique ! Les personnages de Lucie et Léo, d’une mignonitude folle sont visiblement conçus pour matcher.

Évidemment, là aussi, les canons sont respectés : les héros se trouvent en totale opposition à cause de la fameuse guitare brisée. Pire, l’un est un chasseur de diables et l’autre ne va pas tarder à se transformer à son corps défendant en diablesse. Entre bagarres, courses-poursuites, explosions et destruction, Senchiro prend la peine de poser les bases de ce qui pourrait bien être un amour détonnant.
Infernale conclusion
Il faut bien constater que ce tome 1 de No Devil se lit avec la jubilation réservée aux meilleurs épisodes des séries bad-ass (…. compléter avec votre série préférée). Les dessins de Senchiro ont considérablement progressé depuis son premier manga. Les découpages et cadrages sont d’une puissance rare et donnent de l’ampleur à son propos.

Au final, le principal défaut de ce tome, c’est d’être trop intense et de nous laisser dans l’expectative. Vivement le tome 2 !


