Retour à Neverland
Autumn file un mauvais coton. La jeune fille ne sait pas trop quoi faire de son avenir, elle doit en plus faire un petit boulot pour aider sa mère à tenir son budget. Elle regrette amèrement ses rêves d’enfant. Et elle va se détendre au jardin public. C’est sa safe place depuis toute petite.

Mais ça ne va pas rester sa safe place longtemps, car voici qu’elle tombe sur une espèce de gobelin blessé. C’est Barnabé, son ami imaginaire d’enfance. De fil en aiguille, elle découvre tout un monde dont elle ignorait/avait oublié l’existence… Un troll, des fées, un mystérieux libraire, un ami d’enfance, et son grand-père, le Roi d’Octobre. Évidemment, elle va découvrir que ce monde caché possède aussi ses méchants. M. Ballon, ténébreux dandy va venir la menacer.
Octobre et autumn
Ce tome 1 est évidemment un tome d’exposition. Autumn, la jeune héroïne n’est donc pas tellement active. Elle subit les événements tout au long du tome, tout en se faisant expliquer en même temps que le lecteur qui sont les différents personnages et leurs interactions. Et aussi ses pouvoirs, car si elle ne les connaît pas encore, ils se manifestent bien et promettent plus d’action pour l’avenir.

L’ensemble forme une histoire très sympathique, dans la lignée des Tara Duncan ou autre jeune magicien qu’on se refuse à nommer pour cause d’autrice maléfique. Autumn et ses alliés sont clairement identifiés. Sa filiation justifie ses pouvoirs. Il n’y a que le sombre M. Ballon qui est un peu faiblard : on ne connaît pas vraiment ses motivations pour faire le mal (le pouvoir, la souffrance, dit-il. Bon, rien de neuf). Pas non plus de raison évoquée pour son nom plus ridicule que terrifiant…
Un graphisme simple et efficace, mais…
En ce qui concerne le dessin, Matthew Dow Smith propose un graphisme simple et même minimal. Quelques traits et des points pour les yeux lui suffisent pour proposer tout un monde qui fonctionne étonnamment bien. Le découpage est dynamique, les personnages bien différenciés. J’avoue beaucoup aimer la proposition.

J’y mettrai cependant deux bémols. Pour le premier, les cheveux longs dessinés en 4 traits et aplats de couleur n’ont aucune épaisseur. Sur la couverture, particulièrement, une erreur de coloriage et ce tic de dessin m’ont fait croire que j’allais lire l’histoire d’une jeune musulmane ! (Et oui, tout le monde ne lit pas les résumés, la couverture suffit parfois à séduire.) Les premières pages m’ont détrompé.
Le deuxième bémol concerne la qualité de reproduction. Smith travaille de toute évidence à l’ordinateur. Mais il joue du coup sur le agrandissements et sur tous les gros plans, ça se voit un peu trop : les traits ne sont pas nets, c’est pixellisé et plutôt crade. Au prix de l’album on aimerait avoir une qualité un peu plus soignée.

Si ces défauts ne vous rebutent pas et que vous avez envie d’une bonne série « magique » pour vos ados, n’hésitez pas à jeter votre dévolu sur cette « Fille d’Octobre »






