There can be only One
Dans cette sequel de Hunt, on est plongé immédiatement dans une nouvelle partie de loup-garou grandeur nature. Pour qui n’a pas lu la première série, comme c’est mon cas, on n’est pas perdu pour autant. On y retrouve les 2 gagnantes de la partie précédente, mais c’est signalé rapidement et on ne revient quasiment pas sur ce qu’elles y ont vécu. Reset, donc.

Dès les premières pages, on est plongé dans cette partie de loup-garou, qui concerne des élèves d’un même lycée. Pas de présentations des personnages, pas de mystérieux méchant ou d’éventuel public comme dans Squid Game. Règles du jeu et go.
C’est probablement le le plus gros défaut du manga. On démarre la lecture dans las salle de réunion et les personnages réagissent à l’énoncé des règles et aux conséquences mortelles qui en découlent.

Ces personnages sans background vont devoir se tuer les uns les autres au cours d’une partie grandeur nature de loups-garous. Ils y sont d’ailleurs obligés, car ils portent autour du cou des colliers inviolables. Ces colliers leur règleront leur compte si jamais ils ne respectent pas la règle ou s’ils cherchent à s’échapper. On ne sait pas qui organise le jeu. On ne sait pas comment ils ont été enlevés, c’est trop vite fait. Les prisonniers ne réagissent pas vraiment à cette mystérieuse mise en situation. Ils discutent tranquillement des règles… Et franchement, c’est un frein à la lecture. On est en équilibre sur le fin fil de la crédibilité. Soit on ferme le bouquin en disant « pas pour moi », soit en se prête au jeu. Allez, on s’en fout, voyons où ça nous mène…
Bonne surprise, un scénario efficace
Malgré cette première impression défavorable, Ryo Kawakami redresse très vite la barre. Il nous plonge assez vite dans les histoires des différents personnages, les uns par rapport aux autres. Les amoureux éconduits, les personnes qui sont faites harceler, le voleur à la tire repéré par des camarades de classes, le type incontrôlable qui commet des violences sexuelles… Il donne un background aux personnages dans des flashbacks qui éclairent l’action en cours.

Ce nouvel éclairage donne de l’épaisseur et rend le manga tout à fait agréable à lire. Les drames internes des personnages motivent leur action. Ils donnent du poids à leur destinée. Cela dit, on est dans un loup-garou GN dans un manga en 3 volumes (réunis ici en une belle intégrale). Alors forcément, on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages, juste celui de se réjouir de la façon dont ils vont être éliminés. Pas très moral, tout ça.

Des dessins classiques et efficaces
Côté dessins, c’est plutôt réussi. On a des personnages bien différenciés et heureusement parce qu’ils sont nombreux. Une équipe de douze lycéen·nes au départ donc un·e seul·e doit sortir vivant·e.

Les décors sont réussis, les contrastes profonds. Le collier autour du cou des joueurs faisant exploser les têtes, les étranglant ou les aspergeant d’acide, le dessinateur s’éclate dans les scènes gore. Les personnages aussi s’éclatent, mais au sens propre.
La mise en scène est dynamique, le jeu des cadrages efficaces. Ce manga ne révolutionnera pas le genre qu’il représente, mais il n’en reste pas moins un très bon moment de lecture.
Venez donc partager ce jeu du loup-garou, promis, pour une fois vous ne vous ennuierez pas. Pardon pour le tacle : je déteste ce jeu où on s’ennuie beaucoup. Au moins ce n’est pas le cas dans cette adaptation en manga pour laquelle on apprécierait bien une suite. La fin ouverte prévue par le scénariste s’y prête d’ailleurs très bien !






