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mardi 21 octobre 2014

Sin City de Frank Miller

Série: Sin city 
Titre: Hard Goodbye
Editeur : Rackham
Auteurs : Frank Miller
Année : 2000

Résumé :
Marv vit une rencontre extraordinaire avec Goldie, une magnifique inconnue qui lui apporte tout ce dont il a toujours rêvé, et même bien plus encore. Mais quand Marv se réveille le lendemain de cette folle nuit, il trouve Goldie morte à ses côtés et entend les sirènes de police hurler dans l'aube poisseuse de la ville. Mais Marv n'est pas un petit rigolo, on peut même dire que son sens de l'humour est assez limité. Il se lance dans une quête folle pour attraper le meurtrier de Goldie et lui faire sa fête. Avant de le remettre aux autorités ? Allons, c'est mal connaître Marv. Avec lui, la vengeance ne se mange pas froide, elle s'engloutit à chaud avec des litres de sang et de douleur. Car si il y a bien une personne à ne pas énerver à Sin City, c'est l'increvable Marv...


Mon avis :
Ce tome de Sin City est un véritable voyage au bout de la nuit ! La narration classique, au travers des pensées de Marv comme si l'on suivait un vieux film de détective, contraste avec l'évolution du récit qui entraîne le protagoniste vers des situations de plus en plus dures. Et j'ai été assez surpris en me demandant ce qui pourrait bien se dresser sur la route de ce colosse aux pieds d'acier (car pour l'argile, vous repasserez).
Héros complètement amoral, d'une puissance physique monstrueuse, accroché à cette idée de venger une inconnue, Marv a en plus un physique assez amoché. Vu tout ce qu'il a dû prendre comme mandales dans sa vie, ça ne surprend pas.
Il est à l'opposé du héros classique un peu noir des seventies qui jongle plus ou moins habilement avec la loi. A côté de lui, l'Inspecteur Harry fait figure d'angélique Tintin !
Et je me retrouve entraîné à la suite de Marv, dans cette histoire de plus en plus sordide où peu de choses nous seront épargnées. La violence fait partie intégrante de la vie de Marv, ça tombe bien, on est à Sin City, où la violence s'affiche sans crainte dans les rues, avec ses copines – justement - surnommées corruption et vice.
Mais il faut au moins cela pour que Marv puisse se sentir à l'aise dans les rues. Il ne s'en prend pas aux innocents. Ce serait dommage vu qu'on les compte sur les doigts de la main dans cette ville.
Le personnage est original, son objectif clair, l'intrigue classique parvient néanmoins à surprendre et à monter en puissance. L'antagoniste est à la hauteur de Marv et je vous en laisse toute la surprise.
Les textes s'intègrent parfaitement bien dans l'histoire, un habile mélange d'argot et de langage plus soutenu qu'utilise Marv pour nous décrire ses impressions, ses sensations, ses ressentis sur cette ville.
Car malgré le titre, ce n'est pas la ville l'héroïne de cette histoire, c'est bien ce bulldozer sur pattes qui dévore tout l'espace pour ne laisser personne d'autre respirer. Marv tient le récit de bout en bout et même à la fin, on ne peut croire que ce soit la dernière page qu'on referme.
La violence est gratuite ? Certes mais elle passe sans basculer dans le haut-le-coeur – et il y aurait de quoi - grâce à l'incroyable choix graphique effectué par Frank Miller.

Ah, Frank Miller, l'ami des grands et des petits ! Mais je m'emballe. Nous sommes dans le noir et blanc sans zone de gris, pas de teintes intermédiaires. Et le dessin en acquiert une belle puissance visuelle. On retrouve la patte de Frank Miller mais ce choix et son utilisation, dans les ombres, les reflets, la nuit, les flashs, donnent une originalité visuelle à cette série. Elle recrée aussi l'ambiance des vieux romans et films noirs. Une sorte de clin d’œil à l'expressionnisme cinématographique allemand. Pour s'en convaincre, il n'y a qu'à regarder cette image extraite du Nosferatu de Murnau :

Le mystère d'une ombre

Les personnages sont réalistes, mais stylisés par l'absence de couleurs. On retrouvera ce style joliment adapté au cinéma avec le film Renaissance.
Les décors sont présents uniquement par les éléments ou accessoires qui servent l'histoire. Le reste consiste en grande zone de noir ou de blanc.
Cela crée, à mes yeux, une ambiance sombre qui va dans le sens de l'histoire. Et finalement, même le jour recèle des ombres bien souvent inquiétantes.
Ce choix permet de dessiner des personnages, non découpés sur le décor, mais seulement représenté parfois sous forme d'ombres, se fondant en partie avec le fond blanc ou noir. Si Robert Rodriguez a su rendre dans son film l'esprit et le cadrage de la BD, il n'y a qu'à feuilleter quelques pages pour voir que la force du Noir et Blanc de Miller n'est qu'effleurée à l'écran, à part dans quelques plans mémorables.
La force de Sin City repose sur ce choix de Noir et Blanc sans mélange - comme peuvent l'être les personnages de l'histoire, sans nuances, mauvais ou bon, enfin, mauvais ou moins mauvais je vais dire – mais aussi sur cette recherche de mise en scène et de cadrage. Le découpage s'offre le luxe de grandes cases sans bordure, où tout se joue sur un élan, une situation, un personnage. Mais Miller n'hésite pas à revenir aussi à des formats classiques de bandes découpées en deux ou trois cases, prenant ainsi le temps de ralentir l'action.
Le récit, parfois bavard, parfois silencieux, reste ainsi prenant tout le temps par le texte ou par l'image.
Et si parfois il m'arrive à certains détours de cases de ne pas reconnaître Marv, cela n'a pas gêné ma lecture. En fait, un seul dessin sur l'ensemble de tout ce livre m'a bloqué, c'est l'illustration d'ouverture du chapitre huit. J'ai l'impression d'un style qui contraste avec le reste de la série. La pose de Marv, le détail, ou autre chose, je ne sais pas vraiment.
Oui, j'ai oublié de le préciser, mais l'histoire est découpée en plusieurs chapitres, permettant de reprendre son souffle entre deux scènes d'action hallucinantes.
Sin City m'a bluffé – mais vous avez dû le sentir à la lecture de cette chronique– et en refermant le livre, j'étais soulagé de savoir qu'il y avait d'autres tomes et que j'allais continuer à me régaler ! Alors certes, c'était un choix facile dans ce mois orienté vers le noir et blanc mais franchement, il aurait été dommage de ne pas en parler, non ?


Zéda profite de courtes vacances à Cygne City.



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