Pour notre ultime visite au festival d’Amiens, qui s’est terminé le week-end dernier, je vous emmène visiter la deuxième exposition Naoki Urasawa. Elle se tient à la Maison de la Culture, 2 place Léon Gontier. Et, bonne nouvelle, elle est visible jusqu’au 21 septembre et c’est gratuit. (Attention tout de même fermeture pour les vacances du 19 juillet au 19 août)

Sommaire de l'article
Si vous avez raté le début…
Le festival de la BD d’Amiens sur 7BD.fr, c’est aussi : Episode 1 : Rendez-vous à Amiens * Episode 2 : les expositions * Episode 3 : l’expo Naoki Urasawa * Episode 4 : Urasawa par lui-même * Episode 5 : interviews : le Maître du Manga
Une magnifique exposition en 3 axes principaux
Même si elle ne s’y limite pas, la très belle exposition de la Maison de la Culture s’articule autour de trois axes. Le plus développé vise à offrir aux regards deux des œuvres emblématiques du géant Urasawa : Monster et 20th Century Boys. Le second est de s’attarder un peu sur les liens entre Urasawa et le rock, dans une salle dédiée au sujet. Et le troisième de montrer un peu l’envers du décor : le dessinateur et sa technique.

Urasawa et la musique
Au rez-de-chaussée, une petite salle nous accueille au son du clip de Naoki Urasawa « It’s Because I Love You », qui tourne en boucle dans l’arrière-salle.
Des vitrines y dévoilent la discographie déjà impressionnante de Naoki Urasawa. Sur les murs, de nombreuses reproductions de planches tirées principalement du recueil « Atchoum » aux éditions Kana. Toutes sont des anecdotes, souvent très drôles, des pérégrinations musicales de notre auteur favori.

Il ne fait aucun doute que s’il ne marquera peut-être pas l’histoire du rock, l’engouement de Naoki Urasawa pour le rock et sa notoriété de mangaka lui ont ouvert quelques belles portes. On trouvera par exemples des musiciens de Toto jouant avec lui sur ses albums. Il a fait quelques belles rencontres dans le milieu également. Et surtout, il nous a fait bénéficier de ses talents à plusieurs reprises pendant le festival d’Amiens.

La technique du Maître
Blotti au cœur de l’exposition, au premier étage, un couloir un peu inhabituel regroupe des œuvres en couleur d’Urasawa, tirées de son artbook « Manben ». Elles permettent de visualiser toute la puissance de son art. On peut aussi s’attendrir devant le souvenir de sa grand-mère (déjà évoqué dans un épisode précédent de ce reportage) et son fameux conseil « Cesse de scribouiller et travaille ! »

On y voit aussi une très belle planche « décortiquée » du rough à la planche finie et on peut s’émerveiller de l’incroyable précision des regards et des expressions des personnages, même dans la version la plus primitive du dessin !
Enfin, un écran (et de bons fauteuils) vous invitent à regarder pendant quelques instants des extraits du « Urasawa Channel » sur YouTube, exceptionnellement traduits en français. L’auteur lui-même vous dévoile certaines de ses astuces et de ses intentions. Toujours passionnant. Si les sous-titres en anglais ne vous rebutent pas (ou si vous parlez couramment le Japonais) n’hésitez pas à aller découvrir le Urasawa Channel
Une exposition géante pour deux séries immenses !
Faisons un flash-back pour pénétrer dans l’exposition dont nous venons de déflorer le cœur.
Arrivés en haut de l’escalier, nous sommes accueillis par le monstre sans nom. Cette poupée géante est la reproduction absolument parfaite de la création d’Urasawa. Celui-ci a d’ailleurs été complètement bluffé quand il l’a découverte la veille du festival.
Ensuite, vous plongez complètement dans Monster, puis dans 20th Century Boys. Les reproductions choisies forment des suites permettant de lire des extraits de l’œuvre. Ainsi l’exposition permet aux gens qui ne connaissent pas du tout l’artiste de mieux le découvrir et aux fans de retrouver leurs moments favoris. L’exposition joue aussi sur le gigantisme des reproductions à la fois pour impressionner le visiteur et pour insister sur l’incroyable précision du trait d’Urasawa.


Lors de sa visite, l’artiste a été très impressionné par exemple par cet énorme gros plan de Johan et ses larmes ou par cette reproduction de 20th Century Boys :

L’exposition nous offre aussi de belle repros des planches couleur des deux œuvres, de quoi rester de longues minutes en admiration.

Enfin, nous avons la merveilleuse surprise de découvrir une reconstitution de la Base secrète de 20th century Boys qui a fait chavirer les cœurs des fans. Le commentaire le plus entendu c’est « Hannnnnn ! » et quand le groupe est nombreux, il y a la queue juste pour entrer quelques minutes dans la base, malgré sa végétation en plastique. C’est très amusant et pas moyen d’en avoir honte : Naoki Urasawa a fait exactement la même chose lors de sa visite et les officiels ont eu toutes les peines du monde à le faire sortir de la base où il s’extasiait « oh, c’est la même lumière que dans mon enfance ».


Ce n’est pas fini, allez-y !
Si j’ai tenu à finir cette série de reportages sur cette exposition, c’est que justement elle n’est pas terminée. Vous avez encore deux mois pour profiter de ce merveilleux partage du travail du plus grand des mangakas japonais. Si vous habitez un peu loin, rassurez-vous, Amiens est une très belle ville et après avoir profité de cette superbe expo, vous aurez l’occasion de voir plein de jolies curiosités locales. Au passage, si vous venez un mardi, la Maison de la Culture propose même des animations (à partir de 12 ans) autour de l’exposition.
En attendant le 30e festival, l’an prochain, il me reste à dire, avec l’aide du grand Naoki Urasawa :





