Dans un lointain futur, le Japon est revenu à un système féodal. Le roi a partagé la gestion du Royaume entre ses trois fils, le Roi Rouge, le Roi Bleu et le Roi Blanc. Le peuple est sous leur joug, mais dans un lointain village, est né celui que Nagi, l’oracle aveugle, a nommé l’Élu. Lui-seul libérera le monde et bâtira un monde nouveau…

Série : Basara (Star Edition)
Titre : Basara T1
Éditeur : Kana
Collection : Shojo Kana
EAN : 9782505132486
Scénario et Dessins : Yumi Tamura
Parution : 15/05/2026
Format : 115×175
Nbre pages : 280
Prix : 9.25 euros / 13.80 CHF
Sommaire de l'article
Le retour de la grande aventure
Dans un Basara asservi, pauvre, rural, médiéval, Yumi Tamara pose les bases d’une grande aventure de fantasy. Les bases sont posées en quelques pages : les Rois mènent leurs territoires d’une main de fer. Le magicien local a prédit dès la naissance des jumeaux, Tatara et Sasara, l’avènement de l’Élu, qui libérera le pays.

Quelques années plus tard, le garçon a été élevé en futur sauveur, on l’appelle Sa Majesté Tatara et on l’entraîne pour sa lourde tâche. Cependant, sa sœur, Sasara est reléguée aux tâches subalternes réservées aux filles. Un jour, les troupes du Roi Rouge mènent une expédition punitive pour se débarrasser de Tatara et des habitants du village.

Ce n’est pas un gros spoiler, tant c’est évident dès les premières pages, Sasara va se dresser contre l’ennemi, se faisant passer pour son frère défunt, afin de lutter et de rendre l’espoir à ses compatriotes. Elle s’expatrie et se lance dans l’incroyable quête de venger son frère et d’accomplir le destin de l’Élu. Car des deux bébés nés à l’époque, c’est elle qui était destinée à créer un nouveau monde.

Elle sera aidée par Nagi le Mage et par le mystérieux Ageha, un guerrier furtif qu’elle croise depuis l’enfance. Au cours de son périple, ayant déposé son déguisement de garçon pour des ablutions, elle croise le chemin d’un beau jeune homme qui ne la laisse pas indifférente. Mais le lecteur est mis dans la confidence, ce beau gosse est Shuri, le Roi Rouge en personne. Ce qui promet, pour la suite de l’histoire, quelques revirements et complications qu’on a hâte de voir.
Basara, une fresque épique
Avec une maestria époustouflante, Yumi Tamura pose les bases d’un univers fantastiques solides. Elle crée des personnages crédibles et définit les relations entre eux de manière saisissante. Le tout avec un rythme extrêmement rapide qui ferait presque regretter qu’elle ne s’attarde pas davantage sur les scènes de vie au village, par exemple. L’action est menée tambour battant et nous emporte à la vitesse d’un torrent.
Autant vous dire que j’ai adoré ma lecture. Quel bonheur de lire les aventures d’une héroïne puissante qui ne s’en laisse pas conter ! Évidemment on n’échappe pas à quelques lieux communs, on est dans une aventure « grand public », mais l’ensemble se tient particulièrement bien et laisse augurer une belle série. Cette Star Édition est prévue sur 16 tomes, regroupant les 27 d’origine. La traduction a été revue et modernisée; le lettrage refait, les couvertures sont neuves également.

Entendre les cris de joie de tous ceux qui avaient suivi la série au début des années 2000 avait attisé ma curiosité et mon envie de découvrir la série. Je ne suis pas déçu par ce démarrage.
Un graphisme daté, mais élégant
Graphiquement, le manga accuse son âge, mais le côté vintage n’est pas plus gênant que regarder un film d’époque. Un chef d’œuvre reste un chef d’œuvre et les nanars obtiennent même parfois le statut de film-culte ! Ici les pages sont emplies de détails, l’autrice a un trait d’une finesse incroyable. On y trouve évidemment les incontournables de l’imagerie Shôjo : les très gros plans, les yeux immenses ourlés de larmes. Mais ici tout est ancré dans la fureur des batailles comme des sentiments.

C’est sauvage et léger, d’une élégance rare. Certaines pages sont très, très fines, sans à-plats, comme effleurées par la plume. D’autres, comme ci-dessus sont lourdement encrées pour souligner le dynamisme des scènes épiques.
Tout est réuni pour accrocher le lecteur. Les 270 pages de ce tome 1, se tournent toutes seules, tant on est happé par le début de cette grande aventure. Un classique à (re)découvrir !


