Une situation explosive
Le pauvre Hiromi vient de se faire virer. Deux fois ! Viré de son travail à force d’accumuler des bévues. Et dans la foulée, viré par sa copine, avec pertes et fracas.

Fauché et solitaire, il cherche un appart’ pas cher. Contre toute attente, Hayato, son seul ami, flemmard et macho lui dégote un flyer pour une colocation vraiment pas chère. Il prend rendez-vous, sans même avoir vu le petit macaron sur le côté : « Réservé aux femmes ».
Un début de comédie absolument parfait. On pourrait imaginer Hugh Grant dans ses plus belles années avec un début pareil.

Accueilli de plus ou moins bon cœur par les cinq colocataires, Hiromi doit trouver sa place, toujours sur le fil de l’impair !
Elles + Moi, un plaisir à regarder
Kei Sasuga est une autrice chevronnée. Elle possède une très jolie plume. Le dessin est juste, les expressions enjouées. Elle propose un découpage classique, mais efficace au dynamisme réjouissant.

Elle nous offre ici un premier tome tout à fait limpide à lire, joli et riche.
Harem, tranche de vie ou romcom ?
Kei Sasuga recycle plein de thèmes ultra-classiques pour en faire un manga particulièrement réussi. Après tout, pourquoi pas ? Vingt personnes peuvent utiliser les mêmes ingrédients pour faire un tiramisu et les résultats pourront aller du plus infect gloubi-boulga (pardon Casimir) au plus délectable dessert vous déposant au seuil du nirvana. La métaphore n’est pas innocente, Himori ayant pour principal talent celui de faire la cuisine.

L’autrice reprend donc la thématique du garçon plongé dans une colocation de filles. Love Hina vient à l’esprit, évidemment. Mais elle le fait avec beaucoup d’intelligence et surtout d’humour un peu « tongue in cheek ». Elle s’amuse autant que nous à plonger le jeune homme dans des situations un peu embarrassantes et s’amuse ensuite à dérouler le fil jusqu’à un micro-déroulement.
Elle a fait le choix de multiplier les personnages, faisant chorus aux histoires de colocation, voire aux séries sur le sujet (de Friends à BBT en passant par How I Met your Mother, il n’en manque pas). Cette situation de « un contre cinq » va lui donner plein de situations différentes à explorer, nous promettant des scènes cocasses.

L’éditeur précise que le manga est « pour public averti ». Sans aller l’étiqueter « d’érotique », on y trouve effectivement quelques scènes « ecchi ». Quelques poitrines dénudées, des vues plongeantes sur des culottes, des situations embarrassantes, y compris pour le garçon. Cela reste plutôt sage et amusant, cependant. Cela dit, l’autrice a visiblement l’envie d’explorer cette direction. Il n’y a qu’à voir les professions des colocataires : idole, pole danseuse, étudiante en art, cela offre des possibilités de montrer de la nudité et Sasuga ne s’en prive pas. Anju, qui est présentée comme freelance, est même « sugar daddy », une sorte d’escort girl qui se fait entretenir par des hommes plus âgés contre des rencards (« tout jusqu’au baiser »).
Sans alourdir le récit de considérations morales, l’autrice en profite quand même pour explorer ces situations spécifiques et s’en tire pas mal, tout en restant légère et amusante.

Des débuts prometteurs
Ce premier tome de Elles + Moi sous le même toit est une réussite. Malin, joli, adulte, c’est un page-turner : on le dévore d’une traite avec amusement et on a très envie de connaître la suite. Huit tomes ont paru au Japon : il faut espérer que l’éditeur ne tardera pas à les faire traduire, car c’est une bonne pioche !






