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jeudi 8 décembre 2016

La petite Mort(e) T1 - la petite chronique

Couverture de La Petite Mort(e) de Davy Mourier chez Delcourt
Série : La Petite Mort
Titre: La Petite Mort(e)
Auteurs : Davy Mourier (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
collection : Humour de rire
Année : 2016
Pages : 96


Résumé :
La Mort fauche les âmes des agonisants qu'elle expédie vers les épreuves du Grand Tout. Mais la Mort a un caractère de cochon, enfin, plutôt de macho. Alors quand la naissance de son fils arrive, il est fou de joie... avant de découvrir qu'il s'agit d'une fille. Y aurait-il une erreur de livraison ? Ou serait-ce une nouvelle épreuve pour Papa Mort ? Qu'importe, la petite Morte est là et elle ne s'attendait pas à de telles conflits dans sa non-vie !

Mon avis :
Davy Mourier continue d'explorer l'univers de La Petite Mort. En effet, précédant ce tome, il y a une trilogie – sobrement intitulée La Petite Mort – où nous découvrons le monde où évolue la faucheuse et sa famille. Là, je vous vois pâlir et balbutier « Mince, va falloir acheter une autre trilogie pour comprendre ce nouveau tome alors ? » Rassurez-vous les amis, ce n'est pas nécessaire.
Cette histoire indépendante vous permet, grâce à ces trois premières pages, de comprendre comment ça se passe pour les âmes et la Mort, appartenant au mystérieux Grand Tout. Ainsi, personne n'est perdu, à part les allergiques aux dessins récapitulatifs. Le Grand Tout est un petit détail qui a son importance car si la BD suit la Petite Morte et ses parents, elle propose aussi des digressions dans le monde des âmes. Comprenez l'endroit où les âmes passent des épreuves pour savoir si elles seront réincarnées ou absorbées par le Grand Tout. Et ce n'est pas pour rien car Davy Mourier mène sa barque tambour battant – comment fait-il avec deux bras seulement ? - et le scénario ne vous propose pas ses petits détours pour rien.
De la même manière, vous plongez dans des univers différents au fur et à mesure de l'histoire, fausses publicités, émissions télé détournées, en fait, ce sont les pubs et les shows audiovisuels du monde de la Petite Morte. Pause dans un récit discontinu à découvrir avec plaisir.
A mes yeux, si l'humour est toujours de mise, l'émotion est ici très forte. Des drames se nouent et se dénouent et si on rit, se pointe assez rapidement une larme à l'œil. Tant et si bien qu'à la fin de l'album, on est stupéfait, sous le coup (de poing à l'estomac). « Comment ça, c'est un one-shot ? Non, y a forcément une suite. Ça pourrait s'arrêter là mais... Ça peut pas. Davy peut pas me laisser comme ça ! »
Malheureusement, je ne peux dire si cette BD aura une suite ou pas, mais sachez que je le souhaite très fort. Ce que je peux vous annoncer (ou vous répéter si vous l'avez d'ores et déjà lu ailleurs), c'est que la Petite Morte sera l'objet d'une série animée pour France 4. Je m'en frotte déjà les mains.

Moi, je vous recommande fortement (avant ou après, comme vous l'entendez) d'aller lire également les trois tomes de la Petite Mort. Tout d'abord car ce sont des BD que j'ai adorées, où l'humour se mélange au drame, et où le style opérant par digression (mais non décousues comme le montre le fil de l'histoire) de Davy Mourier s'épanouit pleinement.
Ensuite, car même si ce n'est pas nécessaire, elles éclaireront probablement votre lecture de la Petite Morte sous un nouveau jour. Et finalement, car la Petite Mort et la Petite Morte sont des personnages trop mimis qu'on ne se lasse pas de regarder au fur et à mesure des pages tournées !

Page extraite de La Petite Mort(e) de Davy Mourier chez Delcourt
Ce mélange couleurs vives et ambiance noire, moi, perso, j'adore !

Oui, car le style que Davy Mourier a choisi pour ces BD marche vraiment bien – en tout cas, avec moi -. Des personnages simples, stylisés, dans des teintes alternant un noir et blanc un peu grisé et des couleurs explosives. Le violet des cheveux de la petite morte et le rouge de Nicolas, le nouveau poissophone et fidèle ami de la petite nouvelle de la famille, font ressortir d'autant plus ces deux personnages, qui ne semblent pas coller d'eux-même dans l'ambiance familiale.
Les décors sont légèrement travaillés pour être perceptibles immédiatement sans prendre trop de place. Ce qui laisse beaucoup d'espace pour les personnages, car c'est dans cette relation tendue père-fille que tout va se jouer !
Le cadrage part du gaufrier classique trois fois trois cases sur une page mais Davy n'installe pas ce fonctionnement tout de suite, prenant à rebours les habitués de ces strips. Il commence par des planches découpées en quatre longues cases horizontales. Et soudain, retour au gaufrier, et là encore, à peine installé dans ce fonctionnement, il le démonte discrètement en fusionnant certaines cases, en optant pour des dessins pleine page, sur décors ou sur grand fond noir et ainsi, il ne laisse jamais le lecteur s'habituer à une certaine routine de composition.
Le cadrage nous garde à distance des personnages, jusqu'à ce que tout explose dans l'apogée de l'histoire...

J'ai vraiment apprécié cette BD car mine de rien, Davy y aborde aussi quelques thèmes de société fort importants, les maris violents par exemple et aussi l'intégration sociale. Ou si vous préférez, comment construire sa vie si le rôle social qui vous est dévolu ne vous convient pas. On se rappellera (ou pas) de la Petite Mort, - encore la trilogie précédente – qui voulait devenir fleuriste et non faucheuse !

Enfin, pour conclure, mon dernier conseil sera de vous recommander d'aller le lire, vite, et de vous préparer à vous ronger les doigts en attendant la prochaine plongée dans cet univers. Et si vous tenez à vos ongles, allez donc relire ou, si ce n'est déjà fait, lire les trois tomes de La Petite Mort.


Zéda croise la Petite Morte !

"L'ECOLO RIT", strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur La Petite Mort(e) de Davy Mourier chez Delcourt


David


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