vendredi 19 août 2022

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Torpedo, T5 En Voiture Simone. Par Abuli et Bernet

Torpedo T5, Bernet et Abuli, couverture pour les 7BD du mois
Série :
Torpedo

Titre:
Tome 6, En Voiture Simone

Auteurs
: Jordi Bernet (dessin) Sanchez Abuli (Scénario)

Editeur :
Albin Michel / Special USA

Année :
1987




Résumé :

Torpedo
change de boulot et sert de convoyeur de whisky. En route pour la
Pennsylvanie. Un petit boulot tranquille en somme. Pas vraiment car
nous sommes en pleine prohibition et ce sont de dangereux trafiquants
que notre tueur préféré doit livrer. En plus, laissant Rascal, son
fidèle second, il se retrouve seul, en compagnie d’une petite frappe
surnommée « moustache ». Évidemment, rien ne va se
passer comme prévu mais Torpedo a bien l’intention de reprendre les
choses en main. Il a plus d’un tour dans son sac, et surtout plus
d’une balle dans son 45 !





Mon
avis :

Torpedo
est un personnage noir et profondément amoral. Il tue pour vivre, et
celui qui l’empêche de gagner honnêtement sa vie finira
probablement quatre pieds sous terre. Tout cela sans se poser de
questions morales, éthiques ou autres.

Alors
imaginez le triste destin de celui qui lui met des bâtons dans les
roues ou qui tente de l’arnaquer ! Ce tueur sans scrupules profite
des femmes de passage, en laissant souvent les malheureuses éplorées.
Au moins, elles s’en sortent vivantes ! Parfois…

C’est
donc de manière fort simple que notre héros résout ses problèmes.
La loi du talion ? Non, encore trop compliqué. Le raisonnement est
plutôt limpide : œil, dent ou qu’importe, tout se résout avec une
ou plusieurs balles en pleine tête !

Et
ce tome ne déroge pas à la règle. Le changement principal est
l’absence de Rascal, second un peu naïf, qui reste en ville pendant
que Torpedo se frotte au mafieux de Pennsylvanie.

C’est
avec un plaisir non dissimulé qu’on s’attache à ce personnage
horrible, et qu’on se prend à espérer qu’il obtiendra ce qu’il
cherche – le plus souvent, la paye de son travail ou la vengeance – .

Mais
ce qui le rend particulièrement attachant, ce sont ses piques
grinçantes qui vous arracheront forcément quelques rires. Enfin, si
vous aimez l’humour noir.

Exemple
typique :

«-
Non, pitié, je veux pas mourir !


Ben, je comprends. T’aimerais mieux aller au ciné. »



Il
faut noter que ces vannes fort efficaces sont moins présentes dans
cette histoire brutale de vengeance et d’alcool, même si les petites
chutes de certaines situations tirent plus vers le burlesque. Mais
pourrait-on parler de burlesque noir ? Je pense au personnage du
Ratelier, ou même de Simone.


Car
cette aventure s’appelle « En Voiture Simone », reprenant
l’expression populaire « En voiture Simone, c’est moi qui
conduis, c’est toi qui klaxonne ! » mais il y a bien un
personnage féminin s’appelant Simone, qui se révélera un élément
clé de la dramaturgie. Mais bon, n’en disons pas plus. Il faut bien
vous donner envie de vous plonger dans cet univers sanglant, violent
et souvent fort drôle. Comme quoi, on peut rire même des aventures
d’un tueur à gages et de ses bon mots, aussi efficaces que les
balles de son gros calibre.



Si
Abuli est responsable de cette histoire, c’est Bernet qui s’attache à
lui donner vie. Et son Torpedo a des traits bien durs. Le personnage
avec qui on n’a pas envie de rigoler. En tout cas, pas moi. Dessin
réaliste, personnages expressifs, gueules marquées, tout est là
pour vous plonger dans l’Amérique de la prohibition, celle des
bas-fonds sordides, des règlements de compte et des légendaires
Tommygun !

Les
décors portent cette patte et on y retrouve pas mal de contrastes,
la présence du noir par-ci par-là rappelle que la noirceur n’est
jamais loin. Les couleurs sont délavées, pâles. Pas de joie ni de
bonheur radieux dans ces pages. Tout concourt à poser cette ambiance
lourde, que l’humour des situations ou des piques torpediennes
désamorcent.

Le
découpage est standard, trois bandes de deux cases. Rarement, cette
règle est enfreinte sauf parfois pour laisser de la place à une
troisième case, accélérant le rythme ou permettant de s’attarder
sur une action.

Le
cadrage est intéressant avec beaucoup d’amorces dans les plans et
des effets typiquement BD, comme le passage du train uniquement
marqué par son onomatopée, donnant une scène curieuse et
trépidante où Torpedo tente de sauver – encore une fois – sa
peau.



Pour
moi, c’est toujours un plaisir de retrouver ce héros des temps
anciens, ce cow-boy sans foi ni loi, ce tueur amoral et tellement
cynique, si noir et si drôle. Alors c’est sans hésitation que je
vous recommande cette série, dont, je suis sûr, vous reprendrez les
bons mots pour égayer vos soirées entre amis !



Zéda
rencontre Rascal, le second de Torpedo. Le cochon ? Lisez la BD pour
pour comprendre pleinement son rôle !



"NOS AMIS L'HEBETENT", strip de Zéda pour Torpedo T5 sur 7BD




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