vendredi 12 août 2022

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Martin Milan, T12, le cocon du Désert par Godard

Martin Milan T12 le cocon du désert, couverture
Série:
Martin Milan



Tome 12:
Le cocon du Désert



Editeur
: Lombard



Auteurs
: Christian Godard couleur : Alain Sirvent



Année
: 1995







Résumé
:



Martin
Milan revient pur cette curieuse aventure intitulée « Le Cocon
du Désert ». Notre héros a posé le vieux Pélican, son petit
avion-taxi, au cœur du bush australien. Cherchant comme à son
habitude la tranquillité, il va vite tomber des nues quand vont
débarquer tour à tour une chasseuse de papillons autoritaire, un
vieux copain d’enfance et une quête étrange qui va entraîner tout
ce petit monde au fin fond du désert australien !










Voici
donc le douzième tome des aventures de Martin Milan. Notre héros
est revenu avec cet épisode après plusieurs années d’absence
puisque sept ans se sont écoulés depuis le tome 11 « Eglantine
de ma jeunesse ». Et son métier d’avion-taxi l’a emmené bien
loin de ses destinations habituelles.



En
effet, c’est sous le dur soleil du bush australien que nous
retrouvons Martin, qui tente de mettre un peu d’ordre dans sa vie, ou
plutôt, qui tente d’en supporter le désordre.



Ce
qui nous amène à un début étonnant où Martin résume ce qui
s’est passé entre le tome dix « L4ange et le surdoué »
et le début de celui-ci. Car rappelons que le tome précédent
reprend une histoire bien plus ancienne. Godard fait donc le pont
avec l’histoire précédente, qui n’est pas celle du tome précédent
– on reste concentré dans le fond – !



Une
vague mélancolique se dresse et pourrait s’abattre sur tout l’album
mais elle est désamorcée par les effets comiques de Godard, qui
saupoudre habilement les moments forts de quelques gags typiques de
l’humour pince-sans-rire de Martin.



Le
Vieux Pélican aura aussi un rôle à jouer dans cette histoire
puisqu’il permettra à Martin d’aider son vieux copain d’enfance
Othello en leur permettant de suivre à la trace une bien singulière
personne. Et l’avion, dans cette immensité désertique, est bien le
moyen le plus rapide de se rendre d’un point à un autre.



Comme
chaque aventure de Martin, on ne peut pas vraiment dire que les
obstacles fleurissent sur la route de notre pilote d’avion-taxi. Ce
sont plus les contraintes psychologiques qui jalonnent l’histoire,
avançant tant bien que mal vers un dénouement surprenant.



En
effet, tout l’humour de la BD vole en éclat dans cette fin dure et
triste où le drame évoqué que vraiment montré. Rien n’est
vraiment dit mais, lecteur adoré, tu comprendras tout de suite la
dure conséquence que vont avoir les actes commis. C’est un peu la
gorge serrée qu’on finit l’histoire. Martin, comme à son habitude,
se retrouve une nouvelle fois plus témoin d’événement frappant son
entourage que partie prenante.



Mais
cette fois-ci, en se contentant de ne pas agir, il participe
indirectement au drame qui se joue. Cette responsabilité, on s’en
doute, va le suivre longtemps et rejoindre le fardeau déjà lourd de
ses échecs passés.



Martin
Milan reste et restera toujours, pour moi, un personnage touchant,
par son sale caractère si humain et aussi par l’ironie malheureuse
de ses mésaventures.



Godard
manie aisément cette mélancolie du personnage et des situations et
comme l’évolution de ses histoires s’éloignant du pur comique de
situation et des gags en brochettes, son trait évolue aussi vers des
tracés moins cartoons et trouve un certain aboutissement dans cette
forme que l’on retrouve dans ce cocon du désert.






Martin
Milan devient plus réaliste, tout en gardant toujours cette distance
qui l’éloigne d’un réalisme trop pur. Si ces corps, ces visages
sont vraiment expressifs, ils n’en gardent pas moins un style
typique. Et les couleurs de Alain Sirvent contribuent aussi beaucoup
à créer ce fragile équilibre entre réalisme cru et ambiance
satyrique.



Ces
mêmes couleurs qui permettent tout de suite de différencier
flashback et époque présente. Ces couleurs qui rendent la puissance
du soleil du désert, tout en le faisant un chouïa trop jaune pour
être vraiment purement réaliste.



Cette
curieuse alchimie est la même que celle qui lie l’humour au drame
chez Godard.



Les
décors sont dans la veine des personnages. Détaillés mais
imparfaits. Tout cet ensemble permet de poser l’ambiance de cette
série, qui ne demande qu’à être redécouverte, quelque soit
l’époque des albums.






J’adore
Martin Milan, alors je défends cet ovni dans le monde de la BD, cet
anti-héros qui ne fait pas toujours les bons choix, ce taciturne au
cœur d’or, ce pilote d’avion-taxi qui a pensé que dans les airs,
l’homme lui ficherait la paix. A tort ou à raison…






L’emblématique
Vieux Pélican, le coucou de Martin, vous laissera là aussi un
chouette souvenir. Cet avion représente typiquement l’aéroplane où
l’on ne voudrait mettre les pieds pour rien au monde et pourtant,
qu’est-ce qu’on aurait envie de faire un voyage avec Martin dans ce
vieux coucou ! Cher lecteur, tu n’oublieras pas si vite ce petit
avion rouge, témoin de bien des larmes, mais aussi de nombreux
rires.






A
travers Martin Milan et son avion-taxi, ce sont les travers de
l’humanité, voire même la folie des hommes et ses tristes
conséquences que nous dépeint Godard. Et pour que le choc ne soit
pas trop fort, il sait assaisonner d’humour tout ce qu’il raconte,
comme l’histoire de ce mystérieux cocon du désert.






Zéda
va-t-il franchir le pas et monter dans le Vieux Pélican, l’avion de
Martin ?




"VOYAGE ASSIS ? TERRE !" strip de Zéda pour illustrer article 7BD sur Martin milan t12 le cocon du désert





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