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L’infiniment moyen et plus si infinités dans les limites d’une édition minimaliste, la BD miniature

Série : –
Titre : L’infiniment moyen et plus si infinités dans les limites d’une édition minimaliste
Auteurs : Marc-Antoine Mathieu (scénario et dessins)
Éditeur : Delcourt
Collection : Hors collection
Année : 2025
Pages : 80
Résumé d’une histoire infinitésimale :
Deux personnages discutent pour essayer de définir l’infini. Cet échange les amène à explorer un monde d’échelle variable, où le tout petit côtoie l’immense alors qu’ils continuent à tenter de comprendre ce mystérieux infini.
Le scénario d’un récit à la loupe :
La nouvelle BD de Marc-Antoine Mathieu est un challenge. Elle est intéressante, mais difficile d’accès. Non à cause de son contenu, mais de son contenant. En effet, la BD mesure à peu près trois centimètres sur quatre. Vous avez bien lu. Heureusement, une loupe vous est fournie avec la BD pour pouvoir la lire, mais même ainsi, en tout cas pour moi, ça a été très dur. La loupe ne grossit pas assez les caractères pour que je parvienne à déchiffrer toutes les phrases et j’avais du mal à trouver la bonne distance pour obtenir le grossissement maximum. J’ai donc compris le sens global, regardé le graphisme, mais mon exploration s’est arrêtée là. À regret, car ce que j’ai pu lire du dialogue de ces deux inconnus était drôle. Tout en dissertant sur l’infini, les deux hommes se permettent des jeux de mots ou encore de rebondir sur des expressions. En plus, les propos mêlent absurde et vraie réflexion. Mais ça a été assez fatiguant pour mes yeux.
L’objet est étonnant, tenir ce petit livret et le feuilleter suppose déjà que vous ayez des doigts assez habiles pour ne pas tourner deux pages à la fois. Effectivement, parler de l’infini et partir vers l’infiniment petit pour présenter une BD miniature est une idée fort astucieuse, mais demandant un effort physique aux personnes n’ayant pas dix sur dix à chaque œil.

Le dessin en abîme :
Marc-Antoine Mathieu, comme à son habitude, ne se contente pas d’un travail sur l’objet, sur le texte, mais il propose aussi une exploration graphique. Alors que l’on suit les deux protagonistes, on plonge dans une mise en abyme, le lecteur de BD qui se voit lire la BD à l’infini, le dialogue qui se répète, mais pas exactement à l’infini, en fait, le jeu d’éléments visuels et de leur déclinaison potentielle à l’infini, en jouant en plus sur des rapports d’échelle, est vraiment très intéressant à découvrir. Mais là aussi, la loupe sera nécessaire pour certains détails. Par contre, lire la BD une fois juste en regardant les images et en faisant abstraction du texte vous permet en un clin d’œil de saisir le jeu graphique où s’est plongé Marc-Antoine Mathieu et les mouvements de zoom avant et arrière. Le dessin en noir et blanc, les deux personnages un peu farfelus, la composition extrêmement travaillée, tout pourrait nous maintenir dans la lecture. Ce qui m’en a sorti, c’est l’effort oculaire régulier à fournir. Et c’est bien dommage.
Conclusion d’une BD dure à lire :
Un récit drôle, entraînant, graphiquement bien pensé, faisant sens avec les dialogues, cette BD avait tout pour me plaire, mais il y a eu un obstacle difficile à franchir, sa taille miniature rendant la lecture difficile même avec une loupe. Ce qui peut fatiguer les yeux sensibles.
Zéda tente de lire la nouvelle BD de Marc-Antoine Mathieu.



