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Les Sentinelles, T.1 Les Moissons d’Acier, T.2 La Marne, la BD d’un super-héros de la première guerre

Série : Les Sentinelles
Titre : T.1 Les Moissons d’Acier, T.2 La Marne
Auteurs : Xavier Dorison (scénario), Enrique Breccia (dessins)
Éditeur : Delcourt
Collection : Hors Collection
Année : 2025
Pages : 64 pages le tome
Résumé d’une histoire de guerre :
1911, au Maroc, des soldats français attaquent une position ennemie. Ils se font faucher par une mitrailleuse quand un homme en armure intervient et marche droit vers les forces adverses dans le crépitement des balles, avant de tomber dans un trou… Djibouti, un autre soldat, vient le rejoindre à la faveur de la nuit. Mais sa mission n’est pas de sauver ce guerrier moderne, mais de le tuer pour que leurs ennemis n’aient pas de trace du projet Sentinelles…

Le scénario d’un récit âpre et violent :
Le récit suit, d’une certaine manière, les codes de l’histoire de la genèse d’un super-héros, mais en même temps, il s’en éloigne par la violence de certaines scènes, les fauchages à la mitrailleuse, les morts, les opérations horribles, les boucheries de la guerre.
Gabriel Ferraud, le personnage principal, à tout du héros. Des valeurs fortes, une intelligence marquée, un sens de l’honneur. Il se retrouve victime de guerre et, de là, devient une sentinelle. Il se retrouve héros par obligation et non par choix. Il ne dévie jamais de son honneur. Les gens qui l’entourent sont beaucoup moins fiables. Djibouti l’aide, mais obéit aux ordres de l’armée. Le docteur Kropff ne pense qu’à la réussite de son opération et prend soin de Ferraud uniquement comme il prendrait soin de sa création. Et le colonel Mirreau ne voit que le service de la France, quel que soit le nombre de victimes. Et en ce début de Première Guerre mondiale, il pèse lourd le nombre de victimes. Donc, curieusement, même si, à mon goût, on suit une ligne toute tracée, j’ai apprécié de lire cette BD.

Le super-héros de la première guerre n’est pas original non plus, il rebondit sur la vague lancée par la Brigade Chimérique. Pourtant, on se plaît à cette histoire, qui se révèle plus une histoire de guerre que de super-héros. Gabriel Ferraud a des capacités qui le séparent du commun des mortels, mais les aventures dans lesquelles ils se retrouvent sont juste des missions de survie pour que des soldats s’en sortent, et ce sont les massacres, les enjeux politiques, les espionnages qui ont la part belle dans cette histoire. Chacun joue sa carte et Ferraud, qui n’est pas un naïf, en a bien conscience.

Le dessin en couleurs délavées :
Sur le scénario de Xavier Dorison, c’est Enrique Breccia qui prend les pinceaux. Il opte pour un traitement semi-réaliste des visages et des décors. On est plongé dans cette France de 1914. Les couleurs rappellent l’aquarelle, mais bien diluées, créant une ambiance particulière, renforcée par le jeu des lumières et des contrastes.
Le travail des ombres marquées ajoute au plaisir de lecture et Enrique Breccia ne détourne pas les yeux quand il s’agit de montrer les ravages de la guerre. Les hôpitaux remplis de mutilés, la création de la première sentinelle et ainsi de suite. Le rouge du sang, même dilué, est omniprésent dans cette BD, sur les vêtements, sur les murs, sur les corps, sur les sols…
Conclusion d’une BD bien menée :
Ces deux premiers tomes nous immergent dans la destinée étonnante de Gabriel Ferraud. Les intrigues se nouent autour de lui. Et tout super-héros qu’il soit, il n’en reste pas moins à la merci d’une balle mortelle. Ce qui permet d’avoir un peu de tension et d’attendre avec impatience les trois autres tomes de la série.
Zéda rencontre Gabriel Ferraud.



