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Deathbringer, la BD d’une quête de vérité

Série : –
Titre : Deathbringer
Auteurs : Ismaël Legrand (scénario et dessin)
Editeur : Delcourt
collection : Hors collection
Année : 2025
Pages : 216
Résumé d’une BD sombrement dark :
Un nouveau-né est porté par des femmes en robe et capuche, dans une cérémonie occulte. L’enfant est plongé dans un liquide sombre et saumâtre d’où sortent plusieurs mains pour l’attraper. Plus tard, ailleurs, un homme arrive devant une vieille cabane devant laquelle un corbeau picore un cadavre. Il entre pourtant sans crainte et fait face à une vieille femme, une sorcière…
Le scénario d’un récit crépusculaire aux intrigues croisées :
D’un côté, cet homme intriguant, qui cherche le remède à une malédiction, aidé par quelques guerriers fidèles et par une combattante mutilée aux étranges capacités de visions. De l’autre, un guerrier mutique qui affronte morts-vivants et créatures effrayantes. Y a-t-il un lien entre les deux ? On peut se douter que oui, mais c’est en lisant l’histoire que l’on finit par comprendre quel est ce lien. Et la réponse est plutôt inattendue.
Ce récit laisse quelques lueurs d’espoir, mais le monde où il se déroule est effectivement bien sombre. Une religion qui chasse les sorcières, un culte ancien démoniaque, des créatures mortes qui vivent encore et des personnages au sentiment de justice un peu élastique. Le récit réserve quelques surprises et surtout, il propose une société médiévale sinistre, où le mal rôde partout et s’est infiltré dans toutes les strates de cette contrée. J’ai presque fini par me perdre dans l’entrelac de l’histoire de ce pays, révélée au fur et à mesure des découvertes des différents personnages. Si bien que parfois, je n’ai pas compris certaines actions des personnages au vu des informations qu’ils ont. Mais en gros, saisir que la corruption règne en maître reste la clé pour bien comprendre les enjeux.
On avance néanmoins avec curiosité dans l’histoire, notamment fasciné par ses protagonistes, le maudit, le guerrier et la voyante, ainsi que par la vieille sorcière. L’antagoniste principal, lui, reflète plus une âme purement maléfique sans trait de caractère particulier autre que vouloir détruire et diriger. Mais heureusement, ce personnage n’occupe pas, loin de là, la place centrale de ce récit. La fin reste ouverte, mais, bien sûr, assez pessimiste même si elle comporte un brin d’espoir.

Le dessin noir et blanc finement encré :
Ismaël Legrand offre cette vaste aventure horrifique, comme si des créatures dignes des romans de Lovecraft venaient émerger dans un monde médiéval. Il dessine des personnages réalistes, dont les caractères féminins se ressemblent souvent beaucoup, les chevelures faisant la différence. Les monstres font froid dans le dos, visqueux, horrible, bizarre à souhait.
Les paysages ravagés par la pluie, les landes désertiques, les architectures cyclopéennes, tout est travaillé dans un encrage fin. Le trait précise tout, sauf ce qui reste dans les nombreuses zones d’aplats de noir, contribuant à cette ambiance obscure. Tout cela dépeint un monde en déliquescence, où la vérité des complots doit se faire jour. Mais pour cela, il y aura un prix à payer.
Conclusion d’une BD assez pessimiste :
Deathbringer mêle magie noire, intrigues politiques, combats sanglants et manipulations retorses dans un monde ravagé par le mal et dessiné dans un noir et blanc flamboyant.
Zéda rencontre le guérisseur !





