mercredi 10 août 2022

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Le Serpent à deux têtes, la chronique australe

Le Serpent à deux têtes, la BD du guerrier et du survivant

Couverture de "LE SERPENT A DEUX TETES" de Gani Jakupi paru chez Soleil

Auteurs : Gani Jakupi (scénario et dessin)

Editeur : Soleil

collection : Noctambule

Année : 2022

Pages : 152

Résumé d’une BD surprenante :

L’Australie. L’histoire du valeureux guerrier aborigène M’rrangoureuk, son dernier combat, sa mort… et sa résurrection contés par un ancien dans une grotte au coin du feu. Une histoire incroyable comme le sont toutes les légendes. Mais toutes les légendes n’ont-elles pas un fond de vérité…

Le scénario d’un récit aux points de vue multiples:

Gani Jakupi fait d’office le choix narratif d’une légende racontée, qui présente d’office le point de vue de son conteur, mais d’autres viendront se greffer après. Et au fur et à mesure que différentes voix s’expriment dans cette histoire, nous en comprenons les tenants et les aboutissants. La vérité est-elle plus belle que la légende ? Peut-être. Est-elle plus incroyable ? Sans aucun doute. Et pourtant, cette histoire s’inspire de faits réels.

Ce qui n’empêche nullement la magie de fonctionner. On entre dans la vie de M’rrangoureuk par la porte des récits ancestraux et on découvre ainsi la culture aborigène. Enfin, une partie de cette culture la vie, les rivalités entre clans, comment est perçu l’homme blanc qui prend pied sur le continent australien, et là, on recoupe l’histoire qui nous est plus familière de la colonisation.

La BD se termine par un cahier illustré de dessins et de photos regroupant articles et interview menée par l’auteur sur l’Australie et les aborigènes. Une manière de garder contact avec la culture alors que le rêve s’achève.

page de "LE SERPENT A DEUX TETES" de Gani Jakupi paru chez Soleil
Un dessin brut mais pourtant tout en finesse.

Le dessin d’aquarelle texturée:

A cette histoire étonnante s’ajoute un dessin travaillé. Gani Jakupi, autant scénariste que dessinateur, s’est fendu d’un style réaliste au trait et à l’aquarelle. Les lignes épaisses ou fines, tracées et surlignées, créent des creux, laissent sentir la texture de la brosse sur les traits bien plus fins donnant une densité au graphisme.

Le plus marquant reste sans aucun doute le travail des couleurs, de l’aquarelle mélangée, diluée pour créer des mers claires, des cieux sombres, des grains de peau d’ombre et de terres, des roches ocres, une végétation aride. En plus, le papier épais, à grain, offre une texture que l’on retrouve case après case, comme une trame marquant le dessin. Un bel effet qui renforce la puissance de l’aquarelle.

La composition sobre éclate parfois en des dessins pleine page, en des double planches magiques où l’homme se perd dans l’infini de la nature ou, à l’inverse, l’être humain prend toute la place dans un cadre effrayant.

Si le dessin tire vers le réaliste, la couleur s’en éloigne magistralement. Les personnages se fondent parfois avec le décor environnant, comme s’ils faisaient partie des couleurs du monde,comme s’ils s’y perdaient.

Conclusion sur une histoire de rêve et de réalité :

Cette BD est un plaisir de lecture, l’histoire surprenante par les points de vue qui s’y confrontent, le dessin nous entraînant également du côté des légendes, tout concourt à ne pas laisser indifférent. Cette petite surprise de la collection Noctambule vaut clairement le détour.

Zéda rencontre M’rrangoureuk !

"LEGENDE ET REALITE" strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "LE SERPENT A DEUX TETES" de Gani Jakupi paru chez Soleil

David

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