vendredi 12 août 2022

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Le Jardin des Souvenirs, la chronique sombre…

couverture de "LE JARDIN DES SOUVENIRS" de Waid et Azaceta chez Delcourt
Titre: Le
Jaridn Des Souvenirs

Auteurs :
Mark Waid (scénario), Paul Azaceta (dessin) et Nick Filardi
(couleurs)

Editeur :
Delcourt

collection
: Comics

Année :
2017

Pages
: 128





Résumé :

Des
morts anonymes qui s’entassent chaque semaine dans un cimetière
spécifique où leurs tombes sont gravées de numéro, faute de noms.
Voilà comment ça se passe à New-York. Sauf que quelqu’un refuse de
laisser courir, quelqu’un veut rendre à ces victimes au moins leur
identité, voire le repos. Un homme qui se dresse devant l’injustice
et agit avec l’aide de plusieurs petites mains, infiltrées de droite
et de gauche, ouvrant de petites portes pour trouver une info, une
piste, un lien. Cet homme mystérieux, que tout le monde connaît de
réputation mais que peu ont croisé, se nomme John Doe !

Et
ce cimetière d’anonymes se nomme le jardin des souvenirs…



Mon
avis :

Un
polar noir, donc ! Car John Doe va devoir descendre souvent dans les
bas-fonds pour trouver ce qu’il cherche. Les ambiances sombres, la
nuit, le crime, autant d’éléments qui attirent de prime abord
l’amateur de mystères. Sans oublier bien sûr ce personnage
principal entouré d’une étrange aura, un anonyme qui défend les
anonymes. Qui est John Doe ? Nous n’aurons pas la réponse dans ce
recueil. On en apprendra plus sur les victimes qu’il retrouve que sur
sa propre vie. Malgré son réseau d’informateurs qui parfois
s’interrogent pour se rendre finalement compte qu’ils n’en savent
guère plus que nous !

Mais
si le personnage est mystérieux, je ne l’ai pas trouvé forcément
attachant. Se heurtant au gros calibres de la pègre, je s’inquiète
un peu pour lui mais cet anonymat, cette absence de caractère fort,
à part l’obsession d’arriver à ses fins, a tendance à l’éloigner
de moi. Et en tant que lecteur, j’ai du mal à me retrouver dans ce
héros. Je suis plus enclin à ressentir le stress, les remords, les
inquiétudes des gens qui l’entourent, des membres de son réseau,
personnages plus humains.


Le
pauvre John oscille entre deux extrêmes, l’enquêteur que rien
n’arrête et qui surpasse tout le monde et le détective qui se fait
toujours avoir par plus malin que lui. J’ai le curieux sentiment que
Mark Waid a du mal à trancher. Finalement, John commet des erreurs
que j’anticipe à la lecture, et d’autres fois, il me bluffe par ce
qu’il avait préparé. Cela le rend peut-être moins parfait mais du
coup, je m’attache difficilement à ce personnage.



page de "LE JARDIN DES SOUVENIRS" de Waid et Azaceta chez Delcourt
L’autre
souci qui m’éloigne de ce brave John est la mise en scène. Les
scènes d’action sont confuses, je me perd sur qui a le dessus,
comment il passe d’ici à là. Bon, tout cela est peut-être
également un peu confus. Je vais prendre un exemple : John
pourchasse un coupable, il le rattrape en lui sautant dessus et les
deux hommes roulent au sol. Là, notre héros maîtrise son
adversaire au milieu de la foule, dans un grand hall style centre
commercial. Et soudain, des flics entourent John et le menacent de
leurs armes – et quand je dis des flics, c’est pas deux ou trois,
mais plutôt sept à huit -. Case d’après, John court dans
l’escalator, tous les flics à ses trousses ! Mais comment a-t-il
fait pour se sortir de là ? Sans doute comme Rocambole…

J’ai
du mal à suivre les différentes scènes d’action car je me perds
entre les protagonistes d’un combat. Tout cela me complique la tâche
et m’empêche rester immergé dans l’histoire.

A
côté de ce petit souci de mise en scène, heureusement, il y a
quand même le trait âpre et rugueux de Paul Azaceta qui impose
vraiment cet univers sombre. Les mises en image des virées nocturnes
de John sont fascinantes. Ces ombres, ce noir, ce jeu de reflet de
lumière dans les lunettes du héros, autant d’éléments qui vous
posent une belle ambiance.

Les
couleurs aussi sont à la hauteur du trait. Elles semblent presque
épaissir la page ! La collaboration Paul Azacta et Nick Filardi
donnent un beau résultat.

Le style graphique n’opte pas pour un réalisme
poussé. Des traits épais, des visages stylisés, des corps un peu
massifs conviennent tout à fait à l’histoire mais leur mise en
scène rejoint ce que je disais plus haut. On suit mieux l’action
quand les gens restent en place. Quand ça bouge, la confusion prend
le dessus. Enfin, pour moi en tout cas.

Visiblement, ce recueil propose le début des
aventures de John et relève plus du pilote que du one-shot. Si
l’ambiance sombre vous tente et que vous ne vous intéressez pas à
lire des scènes d’action claires, vous pouvez toujours tenter votre
chance avec ce Jardin des souvenirs (titre que j’adore, ceci dit en
passant) !



Zéda
et John Doe en pleine enquête !



"HEUREUX CHERCHE", strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "LE JARDIN DES SOUVENIRS" de Waid et Azaceta chez Delcourt




David

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