lundi 8 août 2022

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Le Génie des Alpages T6 : Hi-Yo, c’est l’écho !

Titre : Hi-Yo, c’est l’écho

Série: Le Génie des Alpages T6

Auteurs : F’murr

Editeur : Dargaud

Année : 1981



Résumé :

Des brebis qui pensent et qui parlent,
un bélier noir nommé Romuald, un chien philosophe sans nom, un
berger appelé Athanase Percevalve aux pulls cocasses, tels sont les
habitants hantant les pages du Génie de Alpages ! Tout ce petit
monde cohabite plus ou moins bien au cours de saynètes plus
loufoques les unes que les autres où interviennent également la
lycovinose, le Grand Bélier cosmique, Hi-yo l’écho, Marlène la
touriste, pour ne citer que les moins extravagants des invités de ce
tome six.



Fidèle à la tradition, ce tome nous
relate la vie délirante de tout ce troupeau en gags de une à quatre
planches. Humour, parodie, philosophie, absurde, non-sens sont les
maître mots qui règnent dans ces montagnes.

Vous qui entrez ici, abandonnez toute
logique. F’murrr n’a pas son pareil pour nous guider dans ce petit
monde où les histoires se croisent, se décroisent, s’emmêlent
jusqu’à perdre pied et sabots. Malgré cela, il existe bien – a
priori – une ligne directrice à chaque gag (et même peut-être
plusieurs) que l’auteur ne perd jamais ou presque.

Je trouve que F’murrr ose énormément
de choses dans ces BD, et ça lui réussit vraiment. Je suis toujours
sous le charme de ces brebis, et quel plaisir de redécouvrir la
légende du Grand Bélier Cosmique développé par le chien, à
laquelle les brebis opposent le Grand Parapluie Cosmique. A moins que
ce ne soit l’inverse. 


F’murr parodie le petit prince, la
peinture médiévale, se moque des peanuts, des vieux calendriers
moyen-âgeux et fait intervenir des personnages hallucinants, pourvu
d’une logique qui ne peut que nous échapper, tant parfois elle
s’éloigne de la nôtre.

Au détour d’un gag, un petit dinosaure
survient pour nous chanter la ballade du quaternaire. Je regrette de
ne pas avoir le son. Une chauve-souris se plante dans la nuit pour
lancer une ode à la lune.

Une brebis lycanthrope dévore des
montagnes et saute sur l’astre lunaire, tandis qu’à un d’autre
moments, les brebis soulèvent une colline pour faire de la place
dans le paysage. Les herbes crient de douleur quand on les broute et
les rochers se font mal en dévalant les montagnes.

Et tout cela de manière absolument
normale, sans jamais choquer personne !

On ne sait jamais quelle direction va
prendre l’histoire et c’est sans doute le plus grand plaisir que j’ai
à lire cette série. Parfois, il est vrai, quelques gags
m’échappent. Peut-être suis-je trop cartésien, ou que je chercher
trop le dix-huitième sens. Un jour, le voile se déchirera pour
laisser planer un grand silence frisé, porteur de sens.

Mais dans tous les cas, cette lecture
reste un régal.

La folie n’est pas forcément là où
on le pense mais l’humour surgit toujours sans crier gare ! Et cela
autant grâce à l’histoire qu’aux dessins.



D’ailleurs, parlons-en des dessins de
F’murrr. Très humoristique, loin de tout réalisme, les personnages
sont attachants, leurs grands yeux expressifs et même le chien, dont
on ne voit jamais le regard éternellement caché par une touffe de
poils, exprime pourtant clairement ses émotions. F’murrr insuffle
par les poses et les attitudes un dynamisme à tous ses héros, une
énergie évitant que les histoires restent amorphes. Les décors
sont des personnages à part entière ! Les couleurs ne suivent
aucune logique, les fonds varient sans prévenir, l’herbe verte peut
devenir vert de mer, ou le ciel bleu virer à l’ocre d’une case à
l’ocre.

Les traits peuvent disparaître,
laissant des montagnes estompées dans le lointain, et pourtant,
malgré tout cela, je ne me sens jamais perdu dans l’univers de
F’Murrr.

Il faut dire que rien ne ressemble
moins (ou plus) à une montagne qu’une autre montagne !

Quant au cadrage, il n’en fait qu’à sa
tête, grandes cases d’une page, classiques quatre bandes de une à
trois cases, micro-case cernée par de bien plus grandes. Des cases
qui sont nettement séparées ou qui se chevauchent, au choix.

Les angles de vue ? Quelle importance,
des personnages d’échelles différentes se retrouvent les uns à
côté des autres. Hé oui, les perspectives ne sont plus ce qu’elles
étaient ma bonne Lucette et l’auteur nous garde toujours dans
l’action, sans jamais nous égarer, à l’inverse de certaines de ces
brebis qui ont du mal à retrouver le chemin du foyer et de la
raison.



J’ai découvert cette BD au collège et
je n’ai jamais pu m’en défaire, à tel point que je re-re-re-dévore
irrégulièrement avec plaisir toute l’œuvre de F’murrr. En effet,
en-dehors du Génie des Alpages, il s’est fendu d’autres délires
comme Jehanne au Pied du Mur, Les Aveugles, ou encore son magnifique
petit Tarot.

Mon regret, n’avoir jamais pu lire
« Vingt Dieux C’est le Synode ». Qui était déjà épuisé
quand j’ai découvert F’murrr.

Aujourd’hui, à l’image de cet album,
certaines de ces BD sont sans doute devenues des introuvables mais
peut-être que des bibliothèques seront les salvatrices amies
pouvant résoudre ce grave problème.

Et puis un « Bêstes ooooffff »
est sorti, reprenant anciens et nouveaux gags. Non, non, évitez,
prenez simplement le Tome un, asseyez-vous, lisez et laissez-vous
porter par le petit monde de F’murrr.

Si vous aimez perdre pied dans un
univers imaginaire, vous serez servi ! Enfin, j’espère…



Zéda se promène dans les alpages de F’murrr




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