je vous écris de Paris. Détail d’habitude sans aucun intérêt.
Mais si vous lisez cette salutation tant de fois ressassée et
rabâchée, c’est que vous êtes en vie. Peut-être étiez-vous loin
du fracas qui a frappé la capitale ce fameux vendredi noir,
peut-être étiez-vous trop proche de ces attentats, dans tous les
cas, vous faites partie, comme moi, de ceux qui sont encore là pour
jouir de la vie – et nous sommes nombreux -.
soyez un gars sympa ou un crétin fini, je suis heureux de ne pas
vous compter au nombre des victimes !
centaine de personnes n’ont pas eu cette chance. Peut-être, parmi
vos proches, certains font partie des victimes.
pensées, certes mais aussi, bien sûr, celles de toute l’équipe 7BD
: Florian, Juju, Yann, Lionel, Chantal, Martin s’envolent vers ceux
qui n’auront plus jamais la chance de pouvoir lire ces quelques mots
et aussi à leurs familles et proches, ceux pour qui les jours à
venir seront les plus durs.
mois sous le signe de l’anniversaire. Car nous voulons vous dire que
la chance qui a été donné à nombre d’entre nous – celle de ne pas
être ce vendredi 13 au mauvais endroit au mauvais moment -, il faut
l’apprécier.
sommes en vie et c’est tant mieux pour nous – ou de manière plus
altruiste – car nous pouvons vivre encore, pour ceux que nous avons
perdus et qui ne vivent plus – .
Et aussi, de manière plus
inconséquente et légère car 7BD va fêter ses cinq ans le mois
prochain. On s’y prend à l’avance, mais les circonstances nous
pressent.
sept BD le plus important. Le plus important, c’est ce qu’elles
symbolisent. Des anniversaires, des fêtes, des moments de bonheur,
pour les héros de ces BD ou pour leurs auteurs. Vous, qui me lisez,
toi, qui parcourt cette page, tu as forcément quelqu’un à qui tu
penses, là, tout de suite, parent, ami, connaissance, vieux pote,
dulcinée, amoureux, conjoint, compagne, enfants, frères, sœurs peu
importe tant qu’il est encore en vie.
dont on va te parler, n’attends pas d’en avoir lu même une,
n’attends même pas d’avoir fini de lire cette page, décroche ton
téléphone, appelle et va retrouver celui, celle ou ceux à qui tu
penses maintenant. Et serrez-vous dans les bras l’un de l’autre, car
vous êtes vivants et que vous allez continuez à vivre… Jusqu’à
ce que la chance tourne. Alors savourons cette chance !
chroniquons parce que nous sommes encore là pour le faire et nous
les dédions à vous qui êtes aussi encore là pour nous lire et
surtout à ceux qui nous manquent.
aussi écrire qu’à mes yeux, ce que nous devons également retenir
de ces attentats, c’est qu’ils ne sont que feu de paille dans
l’incendie qui embrase notre planète. Alors que j’écris, que vous
me lisez, que vous appellerez les êtres aimés, des dizaines
d’autres personnes meurent dans le monde, victimes des tirs, des
bombes, de la haine de terroristes revendicateurs, mais aussi de la
misère, de la guerre, de la famine, dans l’insouciance et
l’ignorance générale. Parfois, nous ne le savons même pas, à
Paris, ici. Nous avons eu la chance que le monde nous regarde. Mais
n’oubliez jamais que loin de nous, maintenant, un gamin a
probablement perdu sa famille dans un attentat ou un crime de guerre
et qu’il serait ému de savoir qu’à l’autre bout du monde, quelqu’un
allume une bougie pour mettre à sa fenêtre en mémoire de la
défunte famille de ce pauvre enfant.
l’indifférence et quand vous lirez qu’un massacre a occasionné tant
de morts dans un pays que vous ne sauriez pas forcément placer sur
une carte, rappelez-vous qu’ils vivent ce qu’on a vécu et souvent
même pire encore. Rappelez-vous que ces morts sont des humains, avec des
noms, des familles, des souvenirs, des rêves inaboutis et pas juste un nombre de dégâts
collatéraux sur une liste.
pas que pour Paris, priez pour le monde !