mardi 6 décembre 2022

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Frankenstein Underground – la chronique BD

couverture de Frankenstein Underground de Mignola et Stenbeck chez Delcourt
Titre: Frankenstein Underground 
Auteurs : Ben Stenbeck (dessin), Mike Mignola (scénario) et Dave Stewart
(couleur) 
Editeur : Delcourt
Collection : Contrebande
Année : 2016
Page : 144
Prix : 15,95 €
 
Résumé :
 
La créature de Frankenstein erre depuis des décennies dans le monde,
pourchassée et haïe par les hommes quelle que soit l’époque. Elle trouve finalement refuge dans un vieux temple mexicain occupé par une vieille femme qui semble être en recueillement. A bout de forces, La bête s’effondre. A son réveil, guérie de ses blessures, la créature discute avec la vieille femme. Le souci, c’est que quelqu’un d’autre a repéré le monstre de Frankenstein et a envie de se l’accaparer. La poursuite va reprendre et entraîner notre petite bête au fin fond de dédales souterrains et anciens où l’attend une drôle de rencontre. Autant dire que le monstre de Frankenstein n’est pas au bout de ses peines…
 
Mon avis :
 
Ce Frankenstein a tout pour être touchant. Enfin, n’exagérons rien, il n’a rien de mignon. La pauvre créature, par contre, semble bien douée de conscience et même plus, elle semble chercher la paix, voire même la rédemption. Ayant pleinement réalisé ses erreurs passées et les crimes commis, elle espère tout au long de cette histoire en cinq chapitres trouver la paix. La paix dans la mort, pour fuir la solitude…
 
Son souhait sera-t-il accompli ? Peut-être mais pas avant une curieuse aventure où se mêlent mysticisme, possession, culte ancien et terrible, explorateurs humains et légende de la terre creuse. Et je ne vous dévoile qu’une partie de l’intrigue, qui comporte bien d’autres révélations.
 
N’étant pas familier de l’univers de HellBoy, je ne saurais vous dire à quel point ces informations sont importantes pour la compréhension du monde du démon rouge. Vous me direz : « Mais quel rapport entre Frankenstein et HellBoy ? » je vous répondrai que les deux héros (ou anti-héros) se sont déjà rencontrés et ont combattu l’un contre l’autre. C’est peut-être cette histoire qui donna envie à Mike Mignola d’offrir un récit entier à Frankenstein. Ainsi aurait naquis Frankenstein Underground !

Et ce petit écrin sombre offre une nouvelle vie à la créature du savant fou – ou bien trop en avance sur son temps -. En effet, même sans connaître l’univers de Hellboy, on s’attache à ce monstre perdu face à sa conscience et les obstacles qui se mettent sur sa route sont suffisamment insurmontables pour qu’on se demande même comment il va s’en sortir. D’ailleurs, vous noterez au fur et à mesure de la lecture qu’il ne s’en sort pas… Tant qu’il ne reçoit pas d’aide ! C’est dire la complexité des embûches qui surgissent sur son chemin. L’histoire est curieuse par les mythologies qu’elle met en scène. Créatures cyclopéennes et antiques, mort-vivants en débâcle et je vous laisse encore quelques surprises. Finalement, dans ce récit complet, Mignola fait se rejoindre Lovecraft et Shelley, entre autres ! Et les enjeux semblent dépasser largement la recherche de paix et de mort de notre pauvre créature.

Page extraite de Frankenstein Underground de Mignola et Stenbeck chez Delcourt
Voilà ce que c’est que de laisser la porte ouverte !
Si Mignola nous pond une histoire riche en surprises, c’est Stenbeck qui prend les pinceaux pour lui donner vie et surtout noirceur appropriées. Les couvertures de chapitre sont, elles, bien signées Mignola.
 
Les personnages tirent vers un certain réalisme, même s’ils sont souvent morts, démoniaques, laids, sorciers ou autres choses bien loin de notre quotidien. Les couleurs sont sombres ou pâles et du coup, le rouge – sang entre autres – claque sur l’image comme une décharge.
 
Le noir est souvent présent et si on rejoint parfois des couleurs plus claires, c’est le plus souvent le temps d’un flash-back, qui n’est pas forcément porteur de joie et de bonheur. Vous l’aurez compris, l’histoire est sombre, bien sombre, très sombre et un peu sanglante aussi. Bref, c n’est pas la Kolossale Rigolade à chaque page, loin de là !
 
La composition joue sur une à trois bandes de une à trois cases mais on est loin du gaufrier classique. Les dessins s’étalent et imposent leur dimension aux cases. On rentre aisément dans l’histoire, le style m’a bien accroché et j’y suis resté collé, fasciné par ces grands noirs et ces instants sans dialogues pourtant chargés d’émotion.
 
La composition sert un cadrage qui sait bien montrer combien notre créature, pourtant puissante, est réduite à peu de choses devant les forces contre-nature qui se dressent autour d’elles – et surtout devant elle, d’ailleurs -.
 
Et si tout cela ne vous suffit pas, le dernier chapitre de l’histoire est en fait un cahier graphique avec des commentaires de Stenbeck et Mignola sur leur travail et les différentes étapes de dessins, les recherches de couvertures, de personnages…
 
Frankenstein Underground est une belle surprise, un récit complet qui m’a captivé de long en large, autant par son histoire que par son style graphique. Moi, j’ai bien aimé. Alors j’espère que vous aussi. Bon, bien sûr, fans de Bisounours, abstenez-vous ou préparez-vous au choc gothique de ce premier semestre.
Zéda rencontre la créature de Frankenstein…
 
 
 
"L'AMI CALE", strip de Zéda pour chronique 7BD sur Frankenstein Underground de Mignola et Stenbeck chez Delcourt
 
 
 
 
David 
 
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