dimanche 23 juin 2024

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Fidji, la chronique des îles rêvées

Fidji, la BD d’un voyage

couverture de "FIDJI" de Jean-Luc Cano et Pierre-Denis Goux chez Delcourt

Titre : Fidji
Auteurs : Jean-Luc Cano (scénario), Pierre-Denis Goux (dessins), Julia Pinchuk (couleurs)
Éditeur : Delcourt
Collection : Mirages
Année : 2024
Pages : 160

Résumé d’une histoire de doutes :

Vincent et Sam sont sur une plage du Sud e la France, jeunes ados, ils regardent la mer. Sam voit les Fidji au bout de l’océan, Vincent, concrètement, sait que ces îles sont « de l’autre côté ». Des années plus tard, Vincent a grandi, il est en couple avec Lucie, ils vont acheter un appartement ensemble à Paris. Il travaille pour son beau-père. Le couple doit descendre à Biarritz. Mais Vincent est mal, quelque chose le ronge. Des souvenirs qui vont remonter à la surface quand Sam, son copain d’enfance, le retrouve à Paris. Il revient des Fidji et propose à Vincent d’envoyer bouler sa copine, son boulot, toute sa vie pour reprendre la route, ensemble, vers Biarritz avant que Sam reparte dans ces îles…

Le scénario d’un road-movie:

Vincent et Sam, deux amis de longue date, réunis à nouveau. Mais tout n’est pas rose entre eux. On sent le lourd passé qui les lie et qui les éloigne. Vincent a changé, Sam pas du tout. Chacun a des reproches à faire à l’autre. Dans cette BD au long cours, on sent venir le retournement de situation assez tôt, je ne vous en dirai pas plus, car il ne s’agit pas de vous divulguer un élément important. Mais cette confrontation entre les deux hommes, ce qui les rapproche, ce qui les différencie nous retient dans l’histoire. L’heure des choix arrive dans la vie de Vincent. Quelle décision va-t-il prendre ?
Au-delà d’une histoire de route et de rencontres, de retrouvailles et d’abcès à percer, cette BD nous parle aussi du temps qui passe. Jean-Luc Cano parvient à trouver un équilibre. La fin, le choix de Vincent, conclut l’histoire. Pas vraiment de happy end pour ce récit où les solutions ne semblent pas meilleurs que les erreurs. Remords de ne pas être parti avec Sam ? Regret d’avoir opté pour une vie rangée ? Ce n’est pas si simple que ça.

Vincent se retrouve à un carrefour, mais il n’y a pas de bon et de mauvais chemins, il y a la vie, et chaque direction comporte ses avantages et ses inconvénients. Beaucoup de choses ne sont pas dites et c’est à nous, lecteur, de recoller certains morceaux du passé de Vincent et Sam. Les Fidji symbolisent-elles la liberté ou l’enfermement dans un rêve inatteignable ? Qu’attend-on de la vie ? Autant de questions qui ne trouvent que des pistes de réponses mais restent ouvertes au fil des pages de cette BD pour nous laisser chercher les nôtres.
Le récit est découpé en plusieurs chapitres, tous introduits par une belle page en noir et blanc (ou noir et crème plutôt) incluant un titre de chanson – qui a, bien sûr, un lien avec le chapitre, enfin, là je suppose, je ne suis pas encore allé écouter les titres que je ne connaissais pas -.

page de "FIDJI" de Jean-Luc Cano et Pierre-Denis Goux chez Delcourt
des couleurs saturées pour une ambiance qui se tend…

Le dessin riche et dynamique :

Pierre-Denis Goux dessine ce récit avec une énergie vibrante à chaque page. Les personnages qui s’interrogent, dont le visage permet de lire toutes les émotions, nous entraînent à leur suite.
Les décors magnifiques, de la vieille casse aux bâtiments gris, des routes du sud au bar de village, sont encore rehaussés par les couleurs de Julia Pinchuk qui créent des ambiances fortes, des belles nuits en plein air aux pièces enluminées.
La composition est très aérée, grâce aux grandes cases. La narration est bien menée, les pages prennent le temps de décomposer certaines actions, par des enchaînements de plans large et de plus serrés. Une BD que l’on prend énormément de plaisir à regarder graphiquement.

Conclusion d’une BD de route :

Fidji est très bien dessiné, son histoire soulève de nombreuses questions et nous fait réfléchir sur nos choix de vie. Une ambiance douce-amère, tendue parfois et mélancolique souvent, une tristesse de fond qui plane tout au long de l’histoire, comme si Vincent était enfermé dans un cercle sans issue, nous fait oublier le retournement de situation final que l’on anticipe peut-être un peu trop à l’avance.

Zéda rencontre Vincent !

"CHAMP JE MENS" strip de Zéda pour illustrer la chronique 7BD sur "FIDJI" de Jean-Luc Cano et Pierre-Denis Goux chez Delcourt

David

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David
Davidhttp://www.davidneau.fr
Scénariste pour le jeu vidéo, le podcast et le cinéma, auteur-réalisateur de court-métrages animés, auteur dessinateur la BD numérique "Zéda, l'Odyssée du quotidien", enseignant à l'ICAN en BD numérique, et chroniqueur BD bien spûr. Sans oublier passionné de musique et de... BD ! Tout est dit.

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