mercredi 17 août 2022

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Cassandra de Leonardo Valenti et Marco Caselli aux editions Asiatika

Editions Asiatika
Titre: Cassandra
Scénario: Leonardo Valenti
Dessin : Marco Caselli
Éditeur: éditions Asiatika
Année: 2015 
Nombres de pages: 160

Résumé :

Rome,


Un jeune immigré indien est retrouvé mort en bas d’un pont…
Marco, flic avec un passé sombre, va être nommé sur l’affaire.
Il devra ainsi s’infiltrer dans les réseaux racistes, fascistes limite nazies des bas-fonds de la ville.
Lors de son enquête, Marco sera amené à côtoyer la belle Cassandra et en tombera amoureux…
Seulement voilà, cette Cassandra s’avèrera être un transsexuel…

Mon avis : 

Ce manga/comics est… particulier mais il ne laisse pas indifférent.
Et je pense que les auteurs souhaitaient ce résultat.
Il traite de sujets délicats (racisme) voire tabous (transsexualité), le tout au travers d’un thriller passant presque inaperçu tellement le sujet traité est hors du commun.
A noter que l’histoire est issue d’un Roman de Giancarlo De Cataldo. 


La couverture, le format :

L’œuvre est d’un petit format, à moitié entre le manga et le comic, tenant bien en mains, souple et lisse, au touché très agréable.
 
La couverture est très belle, très soignée, certainement inspirée d’affiche de films. Le rouge dominant et la scène apparaissant dans les silhouettes des 2 héros m’ont interpellé. Cette couverture est très accrocheuse et digne d’un grand thriller. Le 4eme plat est lui aussi remarquable avec ce blanc à la fois agressif et apaisant, cette belle case extraite du récit en haut de page et ce résumé/introduction très attrayant.
Editions Asiatika
Le dessin, le style, la mise en page, les nuances :
 
Ce manga/comics est directement issue de la mouvance « fumetti » (Bande dessinée en italien). Ceux qui sont déjà parti en Italie se souviendront de ces kiosques à journaux ou des BD/comics sont vendus comme Dylan Dog et/ou Martin mystère….
A ceci près que la qualité de l’ouvrage « Cassandra » est tout de même bien différente que ces « fumetti ».
 
Le dessinateur, Marco Caselli, applique un trait épais mais délicat et violent en même temps.
Le style réaliste est très appréciable, d’autant que le dessinateur maîtrise son art et rend les portraits très expressifs.
 
Les personnages sont donc très atypiques. Les méchants sont vraiment rendus détestables, les héros se retrouvent perdus et submergés par leurs émotions etc…

Le détail est soigné, travaillé. La mise en scène est bien choisie, facilitant la lecture, avec beaucoup de gros plans et de vues d’ensemble, et quelques effets de plongée et contre-plongée. 
Les proportions dans les perspectives ne défaillent pas, et les effets sont fort bien réalisés et fortement inspirés des mangas traditionnels.
Les contrastes sont bien marqués avec ce blanc de fond vif et agressif sur lequel l’encre fait comme une tache pour définir une image, un strip, une BD.
Ce blanc tranche aussi avec les passés sombres des personnages, et l’ambiance de l’enquête, il nous présage d’une belle histoire malgré le mal environnant…
 
Un bel effet que je n’avais que rarement vu exploité. 
Editions Asiatika

Le scénario, le découpage :
 
Le scénario, outre le fait qu’il soit inspiré d’une œuvre de Giancarlo De Cataldo, est signé Leonardo Valenti, qui n’est autre que l’un des scénaristes de la fameuse série Romanzo Criminale !!
 
Cette histoire est donc surprenante, traitant essentiellement d’un sujet peu commun, voire presque jamais évoqué en BD : les mœurs transsexuelles/ homosexuelles….
 
Donc ce thriller nous mène dans les bas-fonds de Rome, dans un réseau raciste extrémiste ou apparait comme un ovni cette Cassandra… Ce qui est d’autant plus contradictoire car il est bien connu que les extrêmes ne sont que peu tolérants vis-à-vis de ce genre de personne, hors Cassandra est « acceptée » dans ce milieu…
 
Évidement Leonardo Valenti a soigneusement préparé le terrain en imaginant un « historique » de chaque personnage, qui finalement explique le pourquoi de la présence de cette personne dans cette organisation mafieuse. Les flics, les voyous, les victimes, tous cachent une histoire dont nous n’avons certainement perçu que très peu d’informations.
 
L’aspect psychologique est très bien développé aussi car le héros s’interroge sur ses sentiments, sur ses pulsions, en regards de l’univers machiste qu’il côtoie. Le thème de l’homosexualité et de la difficulté psychologique d’un  « coming-out » est donc superbement bien exploité et peut-être, voire surement, dérangeant.
Il semble donc, dans ces conditions, que le personnage le plus à l’aise et le plus libre soit la belle Cassandra.
 
Au final, la trame policière est donc totalement effacée au profit de cette valeur morale si rare : la tolérance, autant sur les orientations sexuelles que raciale.
Et je pense que le choix du lieu de l’action n’est aussi pas innocent : Rome, ville accueillant le Vatican berceau du catholicisme, religion de paix, d’amour et de tolérance….

Le découpage classique bien rectiligne, souvent sur 3 ou 4 bandes, fait son petit effet de récit traditionnel.
Il est agrémenté parfois d’une pleine page ou de quelques vignettes fantaisistes pour souligner une action, faire un « flash-back » ou mettre en avant un personnage…
Enfin chaque « chapitre » donne lieu à un intermède musical en citant les paroles d’une chanson de l’artiste italienne Patty Pravo, qui nous accompagneront d’ailleurs tout au long de l’histoire comme un fil rouge.



En bref cette BD est touchante et troublante, donnant une véritable morale sur la tolérance dans un monde où la vie peut être parfois dure. 
Un bon thriller qui risque d’être pendant longtemps l’un des ouvrages fleurons de cette jeune maison d’édition.
J’ai beaucoup aimé.
Ciao
yann

Les auteurs :
Editions Asiatika
 Leonardo Valenti est né à Terni en Italie, en 1975. 
Il est scénariste pour la télévision, pour le cinéma et pour la BD. il est notamment connu pour les séries RIS, adaptée en plusieurs pays européens et aussi en France avec le titre RIS Police Scientifique, et Romanzo Criminale – la série, diffusée en France par Canal+, en Angleterre par BBC et aux États-Unis par HBO.
Le film A.C.A.B (2012), dont il est auteur du scénario, a gagné le prix « sang neuf » aux festival du polar de Beaune.
Passionné par l’univers « yakusa », influencé par la série manga Sanctuary dessinée par Ryoichi Ikegami et écrite par Sho Fumimura. Il travaille à l’heure actuelle sur un projet de light novel (roman illustré), Bloody Sakura, dont l’intrigue se déroule au Japon entre règlements de compte et affaires politiques qui sera publié aux éditions Asiatika.
Il est aussi auteur de quatre romans graphiques publiés par BeccoGiallo, Edizioni BD, Tunué. Depuis 2012 il vit en France.

Marco Caselli est né à Milan en 1989.

Il obtient son diplôme à l’école de la BD de Milan en 2011 et la même année durant, à l’occasion
de Lucca Comics & Games, il présente son premier projet
autofinancé, “Métastases” , écrit et dessiné avec trois autres artistes. 
Exactement un an après, il travaille sur “Cassandra”, paru en Italie
pour les éditions Tunué, sur un scénario de Leonardo Valenti.

Co-fondateur de l’InFame
Studio, il a travaillé en tant que freelance pour plusieurs domaines,
comme la publicité et l’illustration, sans compter le nombreuses
collaborations avec différents auteurs et artistes.

En raison de la grande
qualité de ses dessins, le scénariste de la série Romanzo Criminale
propose Marco Caselli aux Editions Asiatika, pour être l’illustrateur
d’un roman exploitant le thème des yakuzas sur font politique et dont
l’écrivain n’est autre que Leonardo Valenti. 
Cette œuvre devrait voir
le jour d’ici la fin de l’année 2015.

Allez hop un petit rappel de la Bande Annonce :

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