dimanche 5 février 2023

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Bob Morane – L’empereur de Macao

Série:
Bob Morane 

Titre:
L’Empereur de Macao

Editeur :
Lombard

Auteurs :
Henri Vernes & William Vance

Année :
1980





Résumé :

Bob
Morane erre dans Hong-Kong et se retrouve projeté au milieu d’une
nouvelle aventure. Tout commence quand notre commandant de choc sauve
la vie d’un inconnu qui se révèle être un agent de Scotland Yard !
Bob accepte de retrouver le collègue de ce dernier, et de fil en
aiguille, il va tenter de démanteler le réseau mafieux du
mystérieux Empereur de Macao…





Mon
avis :

Cela
faisait longtemps que je n’avais pas relu un des vieux Bob Morane de
Vernes et Vance. Moment de nostalgie alors que je plonge dans les
premières pages de l’histoire.

Mais
avant de vous entraîner à ma suite, revenons un peu sur ce héros
des temps… modernes ? Oui, à voir…

Bob
Morane a été créé par Henri Vernes, romancier belge, en 1953 –
J’ai dit moderne, moi ?- et de nouvelles aventures sortent encore
aujourd’hui.

Le
Roman de l’empereur de Macao date de 1958 – Arrêtez avec ces
histoires de Modernisme – et la BD de 1980. Enfin sa publication en
album. Car à côté de la signature de Vance prône un petit 78…

Vernes
a écrit le roman, quant à la BD, textes et dessins sont crédités au nom
de Vance (qui illustre également certains des romans de Vernes). Donc, si
l’adaptation ne convient pas à Vernes, il ne peut s’en prendre qu’à
son dessinateur.

Je
n’ai pas lu le roman. La BD l’empereur de Macao commence fort. Bob
Morane marche dans les quartiers peu reluisants de Hong Kong, où
l’on nous apprend en gros que là, règne la misère, le banditisme
et autres joyeusetés caractéristiques des coins mal famés des grandes cités du
monde, et ce même en 1980, 1978, euh, 1953, enfin, vous me suivez ?

Bob
est peut-être « l’Aventurier », mais passe ses loisirs à traîner dans
les bas-quartiers de Hong-Kong, faut être motivé. Bob Morane, le
héros qui n’a peur de rien, mais vraiment de rien ! Ce n’est donc
pas surprenant qu’il tombe sur une agression, mais que ce soit celle
d’un agent de Scotland Yard, qui le connaisse – bon, j’avoue, qui
ne connaît pas Bob Morane – et lui demande après l’avoir sauvé
de l’aider à démanteler le réseau de l’Empereur de Macao !

Les
ficelles commencent à prendre l’allure de bonnes cordes de voiles grossièrement tressées et fluorescentes de surcroît.

Bon, l’aventure commence, et là, j’avoue avoir été surpris. Dans ma
mémoire, Bob Morane est une série d’action. Or, les quelques scènes
d’action sont expédiées, et pour la mise en scène de ces
dernières, et bien, j’y reviendrai plus bas – Tel l’aventurier solitaire,
je fais également du suspense – car j’ai été assez surpris.

Donc,
l’action n’est pas au rendez-vous. L’histoire se déroule sans trop
de suspense. Avec une mention spéciale pour la scène suivante :

Attention,
je révèle des éléments clés de l’histoire ; on dit spoiler
aujourd’hui ? Oui, mais replongeons dans les années 80.

Bob
s’infiltre à bord d’une jonque (le charme de Macao) et se cache dans
la cale. Il est repéré. « Sortez de là, étranger, où on
vient vous chercher ».

Il
se cache, et les méchants viennent le chercher, donc… Bob se rend et se fait
attraper. Quelle tension !

Attaché
au mât du bâteau, (puisque je vous dis que ce sont les années 80),
Bob attend que le méchant capitaine décide de son sort. En effet,
le capitaine a besoin que Bob réponde à ses questions. Mais
attention, il sait déjà qui il est, car il a fait sa petite
enquête.


vient le moment où tu veux crier au méchant capitaine « Hé
gros nase, si tu sais qui est Bob Morane, qu’est-ce tu veux savoir de
plus ? Il vient forcément pour te mettre en prison! »

Enfin
bon, la question se pose alors : Comment notre héros va se sortir de
ce mauvais pas ?

Tout
simplement parce que la jonque des méchants est attaquée par un
bateau pirate (c’est aussi ça le charme de Macao) !

Le
capitaine du bateau, un méchant très… méchant, va décider de
donner à boire à Bob et de le laisser attaché sur son mât, car
c’est quand même un Bad Guy, le pirate. Pardon, un méchant, nous
sommes au siècle dernier.

Tout
se résout grâce à une aide providentielle tombée du ciel, plutôt
des mains du scénariste, ici, William Vance. Je serai curieux de
connaître l’avis d’Henri Vernes sur l’adaptation de ce roman.

J’avoue, j’exagère
un peu, les pirates sont annoncés plus tôt dans le récit, quand un
encadré nous explique que la colonie de Macao fut cédée au
Portugais il y a quatre siècles, car ils avaient repoussé les
pirates qui infestaient les parages. C’est bien construit quand
même…



Et
voilà comment avance l’histoire. Bob accoste sur une île perdue
qui est le refuge d’une vieille lépreuse qui se prétend la femme de
l’empereur de Macao ! Rien que ça…

En
trouvant la base cachée du fameux empereur, Bob y découvre un pilote
d’origine anglaise travaillant pour l’odieux trafiquant.

Quelle
surprise, cet anglais veut redorer son blason et se racheter ! Il va
aider le commandant Morane qu’il connaît de réputation -Mais qui ne
connaît pas Bob Morane ? – à s’emparer d’un avion.

Je
vous épargne la suite, qui n’apporte pas de grande surprise, ni même
de petite. Au final, Bob rencontre peu d’obstacles dans cette
aventure, et ceux qu’il rencontre sont désamorcés par des Deus Ex
Machina bien mal amenés. Pas d’enjeux, pas de suspense, et pas non
plus l’ami Bill Ballantine.

Les
guerriers ne savent pas se battre, les chacals sont en vacances,
quant aux crocodiles, ils doivent finir les caisses de Whisky volées
au Doc Xhatan !

Les
personnages sont archétypés et peu originaux et les situations
malheureusement trop convenues.

Donc,
cher lecteur, tu as saisi, ce n’est pas l’histoire, qui pourrait
tenir sur un ticket de métro – là j’exagère encore, sur un carnet de
tickets de métro – qui fait le charme de cette aventure de Bob
Morane.

Mais
alors, qu’est-ce donc ? Où réside la perle cachée ? Y en a-t-il
seulement une ?

Une
petite, on ne découvre l’empereur de Macao qu’à la fin de l’album.
Pas de scène du style, « Bob Morane veut faire capoter mes
plans ? Capturez-le, et avant de le tuer, enfermez-le dans
l’armurerie ! » tintintin…Et c’est une bonne surprise !



La
Magie est ailleurs. En ouvrant cet album, dès la première page,
j’ai été frappé par les dessins.

Vance
fait un choix étrange, ses personnages sont ancrés dans un dessin
réaliste, correspondant à l’univers de la série. Il suffit de voir
les têtes des méchants pour comprendre, les faciès ne se
ressemblent pas, les looks sont improbables, on y croit vraiment.
Tout le reste flotte dans une atmosphère surnaturelle. Les décors
sont à la fois précis et d’un autre côté, ils sont évoqués,
tracés à l’estompe, contrastant avec la réalité des personnages.

Les
couleurs, tout comme ces décors, servent à créer des ambiances. La
nuit Bleue-Noire enfumée de la cité. L’aube bleu-vert sur la mer,
le rouge créant des zones d’ombre du casino. C’est une magnifique
plongée dans une autre forme de narration, où formes et couleurs
se mêlent, se répondent, se détachent de la réalité pour créer
quelque chose de plus. Les jeux d’ombre et de lumière sont
envoûtants, même dans la scène d’hôpital : pas de couloirs
blancs, d’infirmières poussant des chariots, juste un ton ocre avec
le reflet d’une persienne sur un mur qui crée une atmosphère
particulière.

Les
cadres suivent cette volonté du dessinateur. Les pages aux cadrages
les plus classiques se découpent en trois à quatre bandes de une à
trois cases. Il s’agit des mouvement de narration, d’échanges
d’informations entre les personnages, de loin les moments les moins
intéressants. C’est quand l’ambiance reprend le dessus que le cadre
prend une autre ampleur.

La
première page est un dessin qui pose juste l’ambiance asiatique en
mélangeant des situations à des échelles différentes, sans texte.

Puis
vient la plongée dans Hong-Kong, étrange et capiteuse, et
l’agression qui déclenche l’aventure. Et nous arrivons donc au
scènes d’action. Elles aussi, décrochent de toute réalité, et
sont expédiées en quelques cases, parfois difficilement lisibles.
Comme si les dessins montraient que l’action n’a aucun intérêt et
ne se doit même pas d’être réaliste ou claire. Les angles de vue
pour la montrer jouent
aussi beaucoup là-dessus. Ce choix ne m’a pas
plu du tout. Qu’elles soient rapidement résolues c’est une chose,
qu’elles soient illogiques et mal lisibles, c’en est une autre.

Et
ce défaut, à mes yeux, est d’autant plus frappant qu’il contraste
avec l’ambiance générale de l’album.

Les
angles de vue vous plongent instantanément dans les lieux. Ce
Hong-Kong existe, et nous savons pourtant qu’il n’existe pas. Cette
fantasmagorie de la cité Chinoise est troublante et m’a vraiment
accroché.

En-dehors
des combats, la dynamique des mouvements, la force des situations
sont là, admirablement servies par la mise en scène.



L’Empereur
de Macao, un album à découvrir non pas pour son scénario trop
simpliste, mais pour ces moments oniriques reposant sur des dessins
incroyablement envoûtants, à mon humble avis.



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