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mardi 25 novembre 2014

Silver Surfer: Les Prédateurs

couverture Silver Surfer Prédateurs par Stan Lee et Keith Pollard chez Semic
Série : top BD
Titre: Silver Surfer: Les Prédateurs 
Auteurs : Stan Lee et Keith Pollard
Editeur : Semic
Année : 1990


Résumé :
Le surfer d'argent, au lieu d'arpenter la galaxie sur son surf, est pris de violents cauchemars qui viennent à bout de son flegme légendaire. Il s'échoue sur terre et c'est Red Richards lui-même (si, Monsieur Fantastique) qui lui traduit ses craintes nocturnes: sa belle, Shalla-Bal, est en danger et l'appelle du fond de la galaxie. Notre héros ne fait ni une ni deux et s'engouffre dans l'espace spatial pour sauver son amour. Il ne sait pas encore qu'il va se heurter à une des menaces les plus dangereuses qu'il ait jamais rencontrées – ou presque - : Mrrungo-Mu, le seigneur des esclaves. Tout un programme !


Mon avis :
Une curieuse aventure du Surfer ! Quand je l'ai relu, mon premier choc a été le nom du vilain : Mrrungo-Mu. Ca ne s'invente pas. Enfin, si, justement. Le « seigneur des esclaves ». Ouaouh ! Avec un nom pareil, personnellement, je ne ferai pas le fier. Il est rare le dictateur qui n'est pas seigneur de ses esclaves. Mrrungo-Mu est peut-être super puissant mais il devrait virer sur l'heure – ou pire - son responsable communication.
Enfin bon, ceci n'est que la partie émergée de l'iceberg. Si l'histoire démarre fort avec ces terribles cauchemars et cette vertigineuse chute sur la terre de notre surfer favori, elle prend une curieuse direction avec l'entrée en scène de Mrruongu, non, Mrrougo, non enfin, avec l'entrée en scène du méchant, quoi.
Ce vilain peu crédible et tout-puissant repère la terre grâce à la sonde Voyager III – une autre bonne idée de cette BD – et capture tous les super-héros pour pouvoir prendre la planète. Comme il est un brin prétentieux - pour garder son patronyme et le répéter fièrement toute les cinq minutes, il faut quand même avoir de sacrées chevilles – il défie tous les héros de notre enfance et... les bat à plates coutures, les réduit en esclavage et hop, on enchaîne avec l'arrivée du surfer qui cherche sa douce Shalla-bal. Tout ceci est un chouïa trop rapide. On a du mal à le digérer. Cete scène me donne l'impression qu'il fallait trouver un moyen de montrer la puissance de l'incroyable Mrraan, non, Mrrrhihan, bon, je laisse tomber, la puissance de la crapule.
Et l'histoire avance ainsi, entre belles idées, comme celle de cet humain si naïf – tellement naïf qu'il faudrait le faire redescendre sur terre, ah, il y est déjà – qui deviendra un allié inattendu du surfer d'une manière toute aussi inattendue, et mauvaise idée, comme ce méchant de pacotille, qui est quand même l'antagoniste central de tout l'album.
Pour le coup, j'ai trouvé cette histoire un peu décevante, malgré les éclairs de génie de Stan Lee.
On sait que l'univers de Marvel repose sur un équilibre entre grandes puissances cosmiques symbolisées par des entités comme Galactus. Il est toujours surprenant qu'un nouveau méchant de cette envergure débarque de nulle part sans que ça secoue un peu plus la galaxie. Même si elle est infiniment grande !
Quant au surfer, il ne rencontre pas trop d'obstacles dans cette quête. On ne s'inquiète pas pour lui et le récit manque son but: nous faire frissonner au travers de ces grandes étendues spatiales que parcourt notre héros sur son fidèle surf.
Je reconnais qu'un personnage puissant comme le surfer peut être assez difficile à mettre en scène dans une histoire courte mais là, quand même, Stan Lee aurait pu mieux faire. Je me suis demandé si ce n'était pas un récit de jeunesse qu'il aurait ressorti d'un tiroir pour le réaliser... Le mystère reste entier aussi entier que l'happy end qui renvoie cette BD aux comics des années soixante. Car le problème est là, sorti en 1990, on a l'impression que l'histoire aurait pu se dérouler dans les fifties sans problème tant elle reste simple et – je le dis à regret – un peu plate. 
 
Aux pinceaux, Keith Pollard rattrape les dégâts de l'histoire bancale. Les personnage réalistes sont une pure réussite. Les poses du surfer, les corps langoureux des femmes, les bêtes se dressant ici et là hors de leurs cages, tout fonctionne bien. Les émotions, parfois légèrement exagérées, sont très bien réalisées compensant parfois des dialogues un peu ampoulés. Même en sachant que le surfer et ses acolytes galactiques s'expriment souvent dans un français raffiné et soutenu, pour d'autres personnages, cela fonctionne moins. Les décors spatiaux sont magnifiques, même si le côté technologique de l'intérieur des vaisseaux et autres bases spatiales laissent un peu à désirer selon moi.
Les couleurs sont sympathiques et les éclairages et reflets des lumières dans les batailles spatiales attirent l'oeil.
Le cadrage est recherché, passant son temps à briser un peu les codes dans l'agencement des cases. Si ces dernières sont parfois petites, elles laissent quand même assez de place à l'espace infini traversé par notre héros !
Certaines pages remplacent même le fond blanc derrière les cases par un fond spatial où brillent quelques étoiles dans le noir sidéral. Une belle trouvaille. Et je trouve que la fin de la dernière bataille nous fait vraiment ressentir le déploiement d'énergies cosmiques que se balancent les deux adversaires à coup de mandales galactiques.

Cette histoire n'est sans doute pas LE récit clé à lire pour découvrir le monde du Surfer d'argent, si il passe entre vos mains, vous pourrez le découvrir par curiosité pour redécouvrir comment on racontait une histoire intersidérale dans les années soixante. Même si elle date de 1990...

Zéda et le Silver Surfer en pleine errance galactique...

Zéda et le surfer d'argent VASTE ESPACE, strip pour l'article 7BD du Mois


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