vendredi 19 août 2022

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Le Schtroumpfissime

Titre : Les Schtroumpfs – Tome 9 : Le Schtroumpfissime
Auteurs : Peyo (scénario, dessins) ; Yvan Delporte (scénario)
Editeur : Dupuis
Date : 1964

Nul besoin d’être un érudit bédéistique pour connaître les schtroumpfs qui sont tant la base, que le classique de la bande dessinée. Les petites créatures bleues, demeurant dans des champignons, travaillant et vivant tous en une harmonie parfaite dans une société aux allures marxistes et chapeautés par un Grand Schtroumpf, stéréotype même du vieux sage, les petits schtroumpfs semblent être la projection d’un monde meilleur, d’une société idéale et surtout d’un modèle de bonté, d’innocence et de naïveté dont on ne saurait se lasser comme on ne s’ennuie des contes. Dans le volet du schtroumpfissime, Peyo et Delporte n’hésitent pas à faire voler ce parfait modèle en éclat. Alors que le Grand Schtroumpf quitte le village quelque temps pour chercher l’ingrédient manquant à sa potion magique, les petits schtroumpfs laissés sans autorité décident d’élire un chef provisoire. Plus démagogue, plus futé et sans doute plus humain et moins schtroumpf que les autres, l’un d’entre eux parvient à se faire élire en promettant à tout un chacun monts et merveilles. Bien entendu, arrivé au pouvoir, il n’en fera rien, mais se parera de doré, se fera nommer Schtroumpfissime et imposera lentement mais sûrement, une dictature des plus autoritaires.

Maniant l’iconoclaste sans retenue, y mêlant avec habilité l’humour, brillant toujours par l’excellence d’un scénario rebondissant et surprenant, les auteurs ont signé là sans doute l’un des meilleurs albums dédiés à leurs petits personnages. En effet, tout en restant fidèles à l’esprit idéaliste des Schtroumpfs, ils dénoncent eux-mêmes les limites de leur utopie et dressent un portrait plutôt sombre de la démocratie participative. C’est donc dans un décor de forêt de contes de fées que le monde des schtroumpfs s’écroule et plutôt que d’en prendre véritablement conscience et de s’en émouvoir, on rit à chaque page. Là tout le grandiose des auteurs qui dénoncent avec brio mais se refusent à prétendre vouloir transmettre un message : les schtroumpfs restent avant tout les petits hommes bleus qui font sourire et surtout rire à chaque vignette ravivée par l’exceptionnel trait d’un Peyo créateur de vie et sublimée par des couleurs toujours aussi éclatantes. Quant au message, il ne se prend pas non plus au sérieux, il nous est présenté comme une leçon de bon sens bien plus que comme une critique acerbe de notre Humanité en général ; l’esprit schtroumpf demeure.

Adapté dans la série animée des schtroumpfs dont tout le monde a déjà eu les presque diaboliques « viens au pays des schtroumpfs les petits êtres bleus, viens au pays des schtroumpfs, tout est merveilleux » du générique fatalement coincé dans la tête, le shtroumpfissime n’a pas échappé à l’exercice. Difficile, l’épreuve a malgré tout été relevée avec beaucoup de réussite. Si l’on peut déplorer que l’adaptation ne respecte pas vraiment la narration, on sera obligé d’admettre que ces quelques concessions, rendues nécessaires par les règles de la télévision, ne sont pas grand-chose en comparaison du résultat, largement à la hauteur de l’origine. Les gags foisonnent, l’humour est préservé, le schtroumpf reste schtroumpf.


Soakette.
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