mercredi 22 juin 2022

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Seizième printemps, la chronique colérique

Seizième printemps, la BD d’une enfance incomprise

couverture de "SEIZIEME PRINTEMPS" de Yunbo chez Delcourt

Auteurs : Yunbo (scénario et dessin),

Editeur : Delcourt

collection : Jeunesse

Année : 2022

Pages : 120

Résumé d’une BD résumant onze ans de vie :

Yeowoo rentre chez elle avec sa mère, elle a cinq ans et se réjouit de fêter son anniversaire en famille. Mais à la maison, une dispute éclate entre son père et sa mère. Yeowoo veut préparer le gâteau, sort les assiettes, mais elle n’a que cinq ans et enchaîne les catastrophes. Quand son père arrive, rien ne sera plus jamais comme avant, ses parents se séparent et elle est confiée à son grand-père paternel et à sa tante, dans un village de campagne, pour une période indéterminée. Yeowoo est en colère, une colère que les années ne vont faire qu’accroître…

Le scénario d’un récit très humain, mettant en scène des animaux :

Hé oui, Yeowoo est une renarde, et le monde est composé d’animaux à peu près anthropomorphes. Les espèces vivent ensemble mais se considèrent les unes les autres comme on considère des étrangers. Yeowoo, dans son village campagnard, va rencontrer Paulette, une poule venu s’installer loin de la ville pour s’occuper de ses plantes. Toujours en rage contre ses parents qui ne viennent jamais – ou quasiment jamais – sa famille qui ne la comprend pas, l’école, la vie, Yeowoo devient de plus en plus ingérable avec le temps. Seule cette rencontre avec Paulette va lui permettre de changer sa vie.

Yunbo nous offre une très belle histoire, non pas un conte, mais la chronique d’une jeunesse. Certes, Paulette est un peu trop sage, et devient le mentor qu’on aimerait tous rencontrer, mais ce récit axé sur Yeowoo est vraiment touchant. La famille séparée, l’enfant abandonné qui ne trouve qu’incompréhension, l’amie qui a plus de recul, tout fonctionne à merveille.

Cette amitié inattendue entre Paulette et Yeowoo permet à la jeune fille de grandir et de sortir de cette rage qui l’habite. Une rage que l’on comprend parfaitement face à sa perception des événements, devant une mère disparue, dont on n’entendra plus jamais parler, et un père qui passe, et qui ne semble éprouver aucun sentiment pour sa fille. Les paroles du grand-père, qui se veulent apaisantes, ont l’effet contraire sur Yeowoo. Sa tante non plus ne parvient pas à franchir la barrière que la petite file a dressée entre le monde et elle. Elle veut ses parents. Elle ne les aura pas. Mais comment l’accepter ?

C’est ce chemin difficile vers l’acceptation que raconte Seizième printemps.

page de "SEIZIEME PRINTEMPS" de Yunbo chez Delcourt
un dessin léger et touchant pour une histoire très émouvante

Le dessin précis et nuancé :

Yunbo nous offre une histoire émouvante, dessinée avec talent. Le trait fio, doux, se marie à merveille avec ces couleurs aux mélanges subtil. Ces aquarelles, douces, ces couleurs pastels, contrastent avec le bouillonnement intérieur de Yeowoo. Tout va bien en apparence, mais en elle, la jeune fille est brisée.

La composition des pages, qui sait alterner les différentes tailles de cases, mais aussi s’affranchir des fond, créer des jeux dans la perspective, proposer des enchaînements variés et un plaisir. Tous ces effets permettent de renforcer le drame qui se joue. Toutes ces poules qui bavardent sur un dégradé de gris en parlant en mal de Paulette et qu’on suit, sans bordure de case, jusqu’à arriver à Paulette rentrant chez elle, est un condensé réussi du ragot et des commérages.

Les têtes de chapitre illustré par une fleur sont aussi une merveilleuse idée graphique, qui incite à se poser des questions sur le langage des fleurs, pour voir si il n’y aurait pas un autre sens à cette illustration.

La BD se finit par un cahier de recherches graphiques, où l’on voit comment les personnages ont évolué avant de trouver leur apparence finale.

Conclusion sur une histoire qui vise juste :

Cette BD est destiné à un public jeunesse, mais tout adulte peut la lire et comprendre les difficultés de Yeowoo. Ce conte animalier n’est pas qu’un conte, c’est une tranche de vie comme malheureusement, il en arrive trop. Mais on y retrouve un peu d’espoir, en se rappelant que la bonne rencontre peut tout changer.

Zéda rencontre Yeowoo !

"CHEMIN DE VIE" strip de Zéda pour illustrer chronique 7BD sur "SEIZIEME PRINTEMPS" de Yunbo chez Delcourt

David

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