mercredi 5 octobre 2022

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Rencontre avec Yves SENTE et André JUILLARD Pour LE SERMENT DES CINQ LORDS

TITRE : LE SERMENT DES CINQ LORDS
Thème : Rencontre avec Yves SENTE et
André JUILLARD pour la sortie du T.21 de Blake et Mortimer
Date : Vendredi 16 novembre 2012


Imaginez un soir de pluie, une table
dans un club anglais, deux hommes assis autour d’un verre échangeant
des idées. By Jove, assistons-nous à un rendez-vous secret du
Capitaine Blake et du Professeur Mortimer ?
Et bien non, nous regardons Yves Sente
et André Juillard échanger sur leur prochain projet commun : la
nouvelle aventure de Blake et Mortimer, « Le Serment des Cinq
Lords ».
Car c’est ainsi que travaillent les
deux hommes. Ils discutent d’abord ensemble d’une idée directrice.
Pour cet album, Sente souhaitait créer un huis-clos dans l’immeuble
des deux héros en Angleterre. Juillard a aimé l’idée de
l’Angleterre, mais voulait élargir le huis-clos. Alors Sente a
proposé Oxford.
Quand les deux auteurs s’accordent sur
l’idée, les thèmes et les lieux, Sente va rédiger un synopsis.
Les deux hommes échangent alors à nouveau, et quand ils sont
d’accord, Sente va travailler le scénario pur, case par case. Puis
Juillard, l’histoire finie en poche, s’attelle aux dessins. Là
encore, bien sûr, ils échangent. On sent une forte complicité
entre le scénariste et le dessinateur.

Mais comment ai-ja fait pour découvrir
tout cela ? Ce vendredi 16, j’ai eu la chance d’être invité par les
éditions Dargaud à la Galerie 64bis, transformée pour l’occasion en
club éphémère Blake et Mortimer, afin d’échanger, en compagnie
d’autres personnes, avec Messieurs Sente et Juillard.
Au milieu de planches d’un mètre
issues de la BD, de cases géantes, d’écrans faisant défiler la BD,
tout cela exposés sur les murs, avec même une voiture sportive
d’époque, nous nous asseyons et les questions fusent. Les deux
hommes, souriants, nous racontent leur nouvelle aventure.

Et quelle aventure ! Le Serment des
cinq Lords est d’un côté un album à la facture classique, que
Sente et Juillard ont su garder fidèles aux codes de Jacobs.
Rappelons-les : Des planches découpées en strips, une ligne claire,
des histoires denses, quelques pavés de textes narratifs empiétant
sur l’action, un univers fortement masculin, oscillant entre
l’archéologie, l’espionnage et la science-fiction, et deux héros
aux valeurs morales fortes !
Mais d’un autre côté, quelle
innovation : Un nouveau personnage féminin fort apparaît,
l’histoire contemporaine du début du siècle s’insère, par le
personnage de Lawrence d’Arabie, dans le monde fictif de Blake et
Mortimer marqué par la troisième guerre mondiale, qui nous est
rappelée entre autres par la présence du Sergent Mac, la révélation
d’un trauma de jeunesse pour Blake et une enquête digne de Conan
Doyle ou d’Agatha Christie, où les meurtres s’enchaînent à une
folle vitesse.

Pour Sente et Juillard, le défi,
toujours renouvelé, consiste à moderniser Blake et Mortimer, tout
en restant dans les clous d’une série historique se déroulant dans
les années 50. Sente nous le rappelle, si pour Jacobs, il s’agit
d’une série contemporaine se déroulant à son époque, pour nous,
en 2012, cette série est maintenant historique, se situant il y a
plus de cinquante ans. Recherche et documentations sont donc de mise
pour les deux auteurs. Elles ont amené au personnage de Thomas
Lawrence. En effet, féru d’archéologie, espion de sa majesté,
Lawrence correspond ainsi aux profils et de Blake et de Mortimer. Ce
personnage véridique avait donc sa place dans l’univers de nos deux
héros.
Tous les faits narrés dans l’album
sont authentiques et Sente jongle habilement avec les trous de
l’histoire, les témoignages mis de côté lors de l’enquête, les
faits troublants. Nous n’aurons jamais les réponses sur la mort de
Lawrence, mais Sente et Juillard nous dresse un scénario possible
qui fait froid dans le dos, tout en le combinant avec les éléments
de fiction qui donnent la saveur du Serment des Cinq Lords.
Et cette histoire, mise en image par
Juillard, fonctionne bien. Le dessinateur tient à rester  fidèle à la
ligne claire. En outre, même s’il dessine en noir et blanc au début, il pense
déjà aux couleurs. Elles vont permettre de créer la profondeur. Pour lui,
la couleur apporte une vraie différence. Le plus dur reste la
« prise en crayon » des deux figures mythiques que sont
Blake et Mortimer. Défi récurent à chaque album, et remporté à
nouveau, même Si Juillard n’est pas pleinement satisfait des deux
personnages qu’il a dessiné pour le quatrième de couverture.

Sente et Juillard ont répondu au mieux
à toutes nos questions, qu’elles se recoupent ou non. De plus,
avant et après l’entretien journalistique, les deux hommes, toujours
souriant, ont pris du temps pour discuter à bâtons rompus avec qui
le souhaitait, de Blake et Mortimer certes, mais aussi de leurs
autres oeuvres. Et ce en vrai gentlemen Anglais, bien qu’ils soient
respectivement Belge et Français.

Après un dernier coup d’oeil à la
petite mais belle expo de la Galerie 64bis, je suis parti en pensant
aux deux auteurs. Yves Sente qui navigue entre autres avec Blake et
Mortimer, Kriss de Valnor, et XIII ; André Juillard, dont le pinceau
a tracé les silhouettes du capitaine et du professeur, mais aussi
des 7 vies de l’Epervier, de Léna et de Mezek.

Et je n’oublie pas une de leurs
dernières phrases, au sujet de cette troisième guerre mondiale
totalement fictive et du coup, très dure à gérer dans le déroulé
historique des albums : « Cette guerre nous pose souvent un
problème. Comment y faire référence ? On ne peut l’oublier, mais
on ne peut l’intégrer complètement. nous nous pencherons sur ce
problème lors du prochain album. »
Je m’éloigne jusqu’au métro tandis
que le froid de l’hiver fige dans ma mémoire les sourires malicieux
du Capitaine Sente et du Professeur Juillard !

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