mardi 6 décembre 2022

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Les Hauts de Hurlevent

Titre : Les Hauts de Hurlevent (2 volumes)
Auteurs : Yann & Edith
Editeur : Delcourt (collection Ex Libris)
Année : 2010
Nombre de pages : 48
 
Les Hauts de Hurlevent, œuvre unique d’Emily Brontë, est le récit brutal de la cruauté des uns envers les autres. Tout commence avec l’adoption dans une famille d’un jeune orphelin. Il sera le catalyseur des haines (de la part du fils légitime, Hindley) comme des passions (Catherine, la fille, l’aime). C’est dans ce contexte qu’au fil des ans, les personnages se trouvent confrontés à leurs passions, alors que la mort, omniprésente, les hantent sans cesse. Conflits d’intérêts, conflits passionnels, conflits égoïstes, tous s’entrechoquent à Hurlevent, où jamais le vent comme les différends, ne semblent se calmer. 

Tantôt enfantin, tantôt grave, le graphisme est à l’image de cette histoire : bouleversant. Renversant même, comme seul peut l’être le vent hurlant des falaises. Et ce mouvement, cette angoisse permanente, cette vivacité émotionnelle constante, le crayon sec a su parfaitement le faire transparaître. 
Alors que de prime abord, le trait peut paraître joyeux et infantilisant, il suffit d’y regarder de plus près pour s’apercevoir qu’il est en fait touchant de vérité. Car en même temps qu’il révèle toute la fragilité des caractères qu’il brosse, il sait, par ses couleurs sombres et la dureté des outils, donner toute sa gravité au récit.
Il y a dans la précision, le travail de chaque vignette, une application qui rappelle à quelque point l’œuvre originale donne à ses personnages milles facettes. Dans une nuée complexe de sentiments entremêlés, où amour et jalousie fusionnent, où envie et repentance s’entrechoquent, où froideur et euphorie se substituent l’une à l’autre continuellement, chaque trait de crayon superposé est une impression heurtée sur une autre. Difficilement « décorticable », ce soin du détail est la force de l’ouvrage. C’est en cela qu’il se calque sur l’œuvre dont il s’inspire, mais c’est aussi par là-même qu’il s’en distingue. Le dessin n’est plus seulement un support didactique pour faire découvrir l’œuvre, il est aussi la grille de lecture de son auteur, qui met en avant le dramatique du cadre par sa peinture des décors et le spleen euphorique par la fragmentation caractérielle qu’il pointe. Bien plus enrichissant qu’une retranscription plate, l’auteur nous offre une vision fidèle mais personnelle, comme un vol en plein dans ses propres impressions, attrapées en pleine fuite. « L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient » écrivit Baudelaire. Les voilà capturées, et même torturées. Mais nous nous en délectons. 
 
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