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Le roi des fauves, T.2 Falko, la BD contaminée

Série : Le roi des Fauves
Titre : T.2 Falko
Auteurs : David Chauvel (scénario), Sylvain Guinebaud (dessins), Lou (couleurs), d’après le roman d’Aurélie Wellenstein
Éditeur : Delcourt
Collection : Terres de légendes
Année : 2025
Pages : 64
Résumé d’une histoire qui voyage :
Ivar, Kaya et Oswald continuent leur marche à travers le pays pour trouver le roi des Fauves, mais ils ne sont pas au bout de leurs peines. Chasseurs, nature sauvage et surtout, lutte contre le ver qu’on leur a administré et qui les condamne à se transformer en créatures sauvages. A moins qu’ils ne rejoignent à temps le roi des fauves…
Le scénario d’un récit qui questionne l’humanité :
Les trois compagnons forcés, tous maudits, avancent comme ils peuvent. Mais face aux obstacles, l’union du groupe est mis à mal. Oswald, apeuré, panique sans cesse, Kayla, nerveuse, veut avancer coûte que coûte, même s’il faut abandonner Oswald. Et Ivar ne peut laisser tomber son ami, même s’il est amoureux de Kayla.
Les tensions montent jusqu’à l’explosion. Le conflit se passe sur trois niveaux. Les condamnés affrontent le monde extérieur, ils s’opposent entre eux et ils se battent contre le mal qui les ronge, contre eux-mêmes.
Cette malédiction est aussi une manière de représenter l’animal en nous, la force ou la peur bestiale qui nous habite et qu’il faut contrôler, avant qu’elle nous dévore et qu’elle s’en prenne aux autres. Aurélie Wellenstein et David Chauvel, dans cette adaptation, nous font très bien ressentir cette symbolique.
Au final, on peut se demander si ce sont les types d’animaux en nous qui forgent notre caractère, ou si notre caractère influence l’espèce animale que les empoisonnés développent.
Toutes ces questions, et d’autres encore, vous viennent au long de la BD. Et, comme on s’y attend, la fin du voyage ne correspondra pas à ce qu’espéraient nos héros. Elle nous surprend aussi, ce qui est une très bonne chose.
La fin ouverte de ce récit apporte une conclusion inattendue. Cette histoire sombre, où la lutte est à la fois contre soi et contre l’environnement, nous pousse à réfléchir à la condition humaine. Là encore, pouvoir et domination écrasent la soif de vivre en paix des gens.
Cette aventure d’heroic fantasy étonnante est également une belle réflexion sur la nature de l’homme et sur la condition humaine.

Le dessin réaliste :
Sylvain Guinebaud opte pour un trait réaliste. Les décors, les personnages, tout nous plonge dans ce monde étrange où un simple ver décide du destin des hommes… La composition des pages laisse de l’espace pour que s’expriment les émotions. Ivar regardant la montagne après le drame qu’il traverse (et que je ne révélerai pas pour vous garder la surprise) est un moment très fort que le cadre sait rendre.
Les couleurs de Lou, qui oscillent entre le vert foncé, le brun marqué et le gris rappellent que ce monde est froid et terne. Il n’y a pas d’échappatoire pour celles et ceux qui en sont prisonniers. Le lever de soleil qui éclaire la scène finale apporte une lueur orangée, douce, tranchant avec le reste de ce tome. Une lueur d’espoir pour nos héros ?
Conclusion d’une BD bien menée :
Le second tome de ce diptyque sait nous surprendre et la quête des trois personnages touche à sa fin, en même temps qu’un bouleversement s’approche pour ce monde étrange. Cette BD sait capter notre attention tout en soulevant des questions profondes.
Zéda rencontre Ivar.



