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Le pays de l’eau qui monte, la BD qui inonde

Série : –
Titre : Le pays de l’eau qui monte
Auteurs : Rodolphe (scénario), Patrice Le Sourd (dessin)
Éditeur : Delcourt
Collection : Jeunesse
Année : 2025
Pages : 40
Résumé d’une catastrophe naturelle :
Dans le petit village de Granpierre, il y a l’école avec ses deux cancres, les commerçants, les familles et même une radio locale tenue par un villageois motivé. Rien d’extraordinaire, sauf qu’à Granpierre, en ce moment, il pleut, encore et encore, chaque jour et l’eau monte dangereusement, provoquant l’inquiétude bien justifiée des habitants.
Le scénario d’entraide et de soutien :
Dans cette histoire destinée aux jeunes, Rodolphe dépeint les lents effets d’une pluie diluvienne. Montée de la rivière, inondation et impacts sur un village désemparé devant l’ampleur de la catastrophe. Mais pas de pessimisme, les gens réagissent et s’organisent. Ce sont finalement deux jeunes enfants, donnant des coups de main à droite et à gauche, avec leurs moyens, qui vont sans s’en rendre compte créer un mouvement d’entraide.
L’eau monte et les coudes se serrent dans Granpierre : tournée pour veiller sur les personnes âgées, sauvetage des affaires de l’école, pompage de la boue rentrée dans certaines maisons…
Ce récit montre avec simplicité qu’en travaillant ensemble, beaucoup de solutions deviennent réalisables. Certains points, comme le refus des étrangers, la peur de l’autre, sont aussi abordés.
Racontés par deux enfants, cette histoire permet aux plus jeunes de mieux comprendre comment réagir face à ce type de situation et de désamorcer la peur.
Si la BD ne fait pas vraiment prendre conscience du réchauffement climatique, car la catastrophe naturelle qui frappe Granpierre n’y est jamais vraiment nommément connecté, elle démontre que la solidarité permet d’affronter les difficultés.

Le dessin au trait souple :
Patrice Le Sourd adopte un dessin à l’encrage souple, les traits légers s’accompagnent de plusieurs petites hachures pour apporter un peu de relief ou des ombrages. Le style graphique posé permet d’entrer dans la BD sans difficulté.
Tous les personnages, lapins anthropomorphiques, permettent d’atténuer l’impact dur de la réalité d’une inondation qui ravage un village. Le traitement réaliste des décors n’empêche pas de montrer que tout cela peut arriver dans n’importe quel village proche d’un gros cours d’eau. Les couleurs douces, impressions d’aquarelles aux teintes calmes, contribuent à rendre le récit accessible aux plus jeunes.
Le dessinateur emploie quelques fois des trames de points, apportant un peu de volume à des cases aux aplats de couleurs simples.
Mais toute cette simplicité apparente nous montre que Patrice Le Sourd connaît bien son sujet, comme on peut s’en rendre compte en observant les vêtements mouillés, les poses dynamiques des personnages, l’inquiétude sur les visages, les grandes planches comme celle du nettoyage de la maison envahie par la boue et les différents axes de mise en scène dans les cases.
Conclusion d’une BD qui aide à comprendre :
Ce récit jeunesse permet de bien saisir l’impact de la solidarité et désamorce aussi les angoisses que peut faire naître la crainte d’une inondation. Elle parlera aux plus jeunes, mais aussi aux adultes amateurs de récit sans cynisme et sans haine autour de la gestion d’une inondation.
Zéda rencontre le jeune Léo !



