mardi 9 août 2022

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Festival BD6Né 2020, une édition au vent de l’originalité !

Bonjour
à tous,

Pour
cette nouvelle édition, le festival BD6né nous a encore étonné
par sa diversité et sa richesse. 

Bannière festival BD6né

        Harold Lloyd nous guide au travers du festival, mais unHarold Lloyd dessiné par Julie                                                                                 Rocheleau !
 

Notre
article sur le programme vous donnait un aperçu de ce qui vous
attendait. Mais comment vous rendre compte après coup de toute cette
énergie ramassée sur un week-end ?

J’ai
raté l’ouverture du festival le vendredi soir à la médiathèque Marguerite Duras avec projection de la
sélection de court-métrages, vernissage des expos et présentation
des jurys !

Je
suis arrivé sur place le samedi, dès le matin, deux projections
s’enchaînaient pour démarrer la journée, des documentaires liés à
la BD, l’un sur Don rosa, un des (nombreux) papas de Picsou réalisé
par Morgann Gicquel et l’autre sur Yves Chaland réalisé par Avril
Tembouret. Deux auteurs, deux réalisateurs, deux films différents.

Avril Tembouret au festival BD6né

                                                                    Avril Tembouret
 

Avril
Tembouret a pu intervenir et nous parler de ce qu’avait représenté
la réalisation de ce documentaire. Sa rencontre avec la famille de
Yves Chaland, avec les autres auteurs, artistes, intervenant dans le
film venus exprimer comment Yves Chaland les avaient influencés. Un
réalisateur ému, à juste titre, dont le but était de parler de
l’artiste Chaland et de ne pas rentrer dans la vie de l’homme, dans
les drames privés. Un choix qu’il assume totalement. Avril
Tembouret, après avoir réalisé des documentaires sur Mézières,
Leconte, entre autres, a voulu rendre hommage à Chaland. Souhaitons
qu’il continue cette exploration magique, tendre et envoutante du
monde de la BD, avec ce regard honnête, lucide et chaleureux. 

Exposition Julie Rocheleau au festival BD6né

                                    L’entrée de l’expo Julie Rocheleau et les belles planches
 

Au
même moment, à côté de la grande salle de projection de la
médiathèque Marguerite Duras, dans un espace où les murs
affichaient les magnifiques planches de l’exposition Julie Rocheault,
l’auteure-dessinatrice Sandrine Martin venait parler de son parcours
et de ses BD au micro de Carole Milleliri. 

Sandrine Martin, au festival BD6né

                                                    Sandrine Martin et Carole Milleliri
 

Scénariste et
dessinatrice, elle nous a raconté son travail entre autres sur les
BD « Petites Niaiseuses », sur la mise en image de la vie
de Nikki Saint-Phalle dans « Le Jardin des Secrets » une
BD réalisé avec Dominique Osuch et sur Expecting, un webtoon qui
aura aussi une version papier. Trois expériences radicalement
différentes où néanmoins nous retrouvons au travers les extraits
qui nous sont montrés la patte de l’auteur. Ce qui parcourt l’œuvre
de Sandrine Martin, c’est la présence de personnages de femme comme
protagonistes, Nikki Saint-Phalle, Mona et Monika, ou encore
l’héroïne anonyme de « Petites Niaiseuses ». Des
personnages forts fictifs, réels ou inspirés de personnes réelles.

Sandrine Martin, enquête à Athènes, au festival BD6né


                                         Carnets de dessins et photo ramenés de Athènes

 

Pour
son nouveau projet « Expecting », Sandrine Martin a
travaillé avec Vanessa Grotti, une anthropologiste qui faisait des
recherches sur les soins de maternité pour les femmes migrantes
enceintes. Sur ce thème, elle a créé une fiction nourrie de ces
rencontres avec différentes personnes. Ce travail a donné un
Webtoon accessible sur ERC Comics, qui sortira l’année prochaine
chez Casterman.


Stéhane Blanquet au festival BD6né

                                        Stéphane Blanquet face à l’animateur masqué!

Puis
c’est Stéphane Blanquet qui est venu nous parler de son travail en
répondant au Questions de Christian Marmonnier. Auteur de BD,
réalisateur, vidéaste, éditeur, sculpteur, en fait artiste
contemporain polyvalent aux multiples casquettes.

L’animateur
propose des titres de films ayant marqué l’artiste. Dans la liste,
on peut citer « la créature du Lac Noir », « Les
yeux sans visage », « Freaks », « Dupont-Lajoie »
ou encore « le baron de Krach ». Parmi les gens de
cinéma, Stéphane Blanquet évoque Ray Harryhausen ou encore
Gaspard Noé. Mais parmi ses influences notables, il y a Roland
Topor, Alexandre Jodorowski et Jan Svankmeier. L’artiste va aussi
avoir une formidable exposition à la Halle Saint-Pierre qui va durer
un an. Stéphane Blanquet va renouveler régulièrement les œuvres
exposées et surtout, il va inviter plusieurs artistes dont il se
sent proche dans les idées et les thématiques pour exposer avec
lui. Ce projet original se complète d’un journal imprimé artistique
mettant en avant des travaux d’autres créateurs qu’il a découverts
à travers le monde. Ce journal, objet de qualité en couleurs,
nécessite beaucoup d’énergie car Stéphane Blanquet édite à côté
des sentiers battus. En effet, par les travaux qu’il met en avant,
par son indépendance, il est difficile pour lui de trouver des fonds
sur les chemins habituels de l’édition ou de la production. Il s’en
est rendu compte en intervenant sur des projets audiovisuels où les
intermédiaires sont nombreux. Souci que l’on n’a pas devant sa
planche ou sa toile. Ainsi, Stéphane Blanquet agit en franc-tireur
pour monter ses projets. Pour lui, le système D est capital. Il
pense vraiment qu’un artiste doit avancer dans sa création et qu’il
ne doit pas se perdre à trouver de l’argent pour pouvoir créer.
C’est une attitude dont il se méfie beaucoup, pour lui, le monde des
financements est une jungle. Il veut aussi garder le côté
accessible pour tous les publics de ce qu’il fait, son journal
coûtera cinq euros, il va sortir quarante-deux numéros par an. 

Stéhane Blanquet, présentation de Placard au festival BD6né

                                        Mon Placard, une BD de Stéphane Blanquet
 

Stéphane
Blanquet a démarré dans une bibliothèque en dessinant à longueur
de journée, puis a envoyé se dessins un peu partout dans le monde.
Une seule personne lui a répondu et a exposé ses travaux dans un
musée de la BD aux États-Unis, puis les choses sont venues petit à
petit et il a été exposé ensuite dans plusieurs pays du monde.
Puis il a exploré d’autres univers que le dessin et est devenu cet
artiste multiple qu’il est toujours aujourd’hui. Pour en savoir plus
sur ce qu’il fait, ce qu’il aime, vous aurez toute l’année 2021 pour
aller voir une grande partie de ses travaux à la Halle Saint-Pierre.

La
dernière rencontre de la journée m’a permis de découvrir Rosto, un
musicien auteur-réalisateur de clip d’animation et de court-métrages
expérimentaux, trop tôt disparu. Nicolas Schmerkin, le producteur
de la société Autour de Minuit, qui a eu la chance de travailler
avec lui, est venu nous raconter qui était Rosto dans une rencontre
animée par Céline Lanfranco. 

Nicolas Schmerkin, avec les coffrets Rosto au festival BD6né

                    A côté de Céline Lanfranco, Nicolas Schmerkin présente le coffret Rosto
 

Rosto, qui nous a quittés le 8mars
2019, était fan d’image et de son. Avec des amis d’enfance, il a
fondé un groupe, Thee Wreckers, et a réalisé des films animés
mêlant toutes les techniques qu’il avait sous la main : 2D, 3D,
prise de vue réelle, typographie et dessin. Et ce très tôt, car il
a vu dans le numérique l’infini des possibilités toujours en
développement aujourd’hui. Ses films fous, étranges, curieux, qui
permettaient de mettre en image ses chansons sur fond de rock punk.
Chansons que, comme ses films, il pouvait travailler et retravailler
en studio jusqu’à en être pleinement satisfait. Ce qui faisait
qu’il était impossible de les jouer sur scène tels qu’elles étaient
enregistrées et mixées au final sur l’album. Nicolas Schmerkin
raconte comment Rosto, malgré sa grande taille, son menton en pointe
et son air de rocker méchant, était gentil et à l’écoute des
autres. Après avoir réalisé son film le plus personnel,
« Reruns », fondé sur des diapos super-huit de sa
famille qu’il a retrouvées, et avec lesquels il a mélangé de vrais
acteurs pour rejouer certains des personnages présents, Rosto est
décédé suite d’une maladie à cinquante ans. Il travaillait sur
son premier long-métrage, « Mind my gap », inspiré de
son roman graphique qu’il a développé de 2009 à 2014. Il nous a
laissés ses films, nombreux, et ses chansons. Autour de Minuit va
d’ailleurs sortir un coffret Blu-Ray/DVD des films de Rosto ainsi que
d’autres coffrets, vinyles, CD, pour faire perdurer l’œuvre de cet
artiste précurseur et audacieux. 

Exposition Rosto au festival BD6né

                                                        Une partie de l’expo Rosto !
 

D’ailleurs,
la seconde exposition du festival était consacré à Rosto. On
pouvait y découvrir story-boards, affiches, images extraites de ses
films d’animation et de ses clips.

Après
cette salve de rencontres enrichissantes, vint le moment de la remise
des prix. Le Jury, composé de Stéphane Blanquet, Sandrine Martin,
Frédéric Doazan, Emilie G. Caillon, Marie Casabonne et Hugues
Robert a remis le grand prix a « Homeless Home » de
Alberto Vazquez, produit par Autour de Minuit. 

Jury au festival BD6né

                                                        Le Jury remet son coup de coeur !
 

« Homeless
Home » a aussi remporté le Prix du Public.


                                                        Trailer de Homeless Home

Une
mention spéciale du Jury fut remise à « Make it Soul »
de
Jean-Charles
Mbotti Malolo produit par Kazak Productions
qui
a remporté aussi le grand prix du jury étudiant.

Le
Jury étudiant, composé d’élèves de l’école CESAN, à savoir
Ambre Charmoy, Vincent Vidal-Barthaud, Sophie Fourcade, Karim
Oyarzabal, Fairouz Bouzar et Sylvain Bordesoules a accordé sa
mention spéciale au film « A la mode » de Jean Lecointre
produit par 2,4,7,films et Schmuby.

Extrait A la Mode de Lecointre au festival BD6né

                                        Extrait du film « A la mode » de Jean Lecointre
 

Et
l’équipe 7BD a remis son prix 7BD à « Gunpowder », de
Romane
Faure, Nathanael Perron, Léa Detrain, Benoît de Geyer d’Orth,
Pei-Hsuan Lin et Anne-Lise Kubiak

produit par Supinfocom et Rubica.

Puis
vint un magnifique concert dessiné. En effet, dans une formation
trio, voix/harmonica, piano et violon, Théo Hakola nous a offert de
magnifiques chansons illustrés avec talent par Victor Hussenot. Folk
envoutante, chanson en Anglais, et dessin d’ambiance, ce fut une
belle et grande manière de finir la journée.

Théo Akola en concert dessiné au festival BD6né

        Théo Akola en trio pour le plaisir des oreilles et Victor Hussenot pour le plaisir des yeux
 

Mais
on n’allait pas s’arrêter là pour autant ! Le lendemain, changement
de décor pour le festival qui a posé ses valises et son village BD
au Hasard Ludique, dans le dix-huitième arrondissement. Sur la
petite ceinture et le long de sa voie ferrée désaffectée,
éditeurs, écoles, collectifs d’artistes, revues, fanzines,
dessinateurs étaient venus tenir leur stand et accueillir le public
de midi jusqu’à vingt heures. Échanges chaleureux, dédicaces,
présentations, sourires et bonne humeur ont ensoleillé cette grise
journée.

village BD au Hasard Ludique pour le festival BD6né

                                                            Arrivée au Hasard Ludique !
 

On
peut citer dans le désordre Chris Lenté et Sébastien Lorraine,
pour le fanzine Cocaïne Death, les auteurs du fanzine Rita, 

 

Rita au Hasard Ludique pour le festival BD6né

                                                            Le stand du fanzine Rita

Mais aussi des
vaillants représentants du fanzine Kronik, la toute jeune maison
d’édition Kinaye, l’auteur Shyle Zalewski, l’école CESAN, 

Kronik au Hasard Ludique pour le festival BD6né

                                                    Bonne humeur au stand Kronik !
 

sans oublier le
collectif de dessinateurs ComicVerse et l’atelier 54 venu présenter
son fanzine « 54 » numéro 7 sur le thème de la Lune !

 

Atelier54 au Hasard Ludique pour le festival BD6né

                                                                Le stand del’Atelier 54

Et
le soir venu, après remballage, est venu le moment de la classique
photo de groupe qui a permis à tous les bénévoles qui se sont mis
à la tâche non seulement pendant ces trois jours, mais pendant tous
les mois précédents pour organiser ce festival avec ardeur et
passion, de se regrouper une dernière fois avant d’aller prendre un
repos bien mérité et d’enchaîner sur la préparation de la
prochaine édition qui nous fait déjà rêver.

David

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