mardi 28 mai 2024

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Echoes – Le garçon dans mes visions

Pour détourner les assauts d’un père violent contre leur mère, Senri et Kazuto, deux jumeaux de 5 ans partageant un lien télépathique, ont élaboré une technique désespérée. L’un d’entre eux va s’interposer et prendre les coups tandis que l’autre se cache dans un placard.
Un jour, malheureusement, rien ne se passe comme ils le voudraient : Senri, enfermé, entend un homme pénétrer la maison pendant une de ces explosions de violence, puis plus rien. Il sort de son placard et c’est le cauchemar : ses parents sont morts, son frère a disparu. La dernière vision partagée par son frère et celle d’un homme avec une cicatrice reconnaissable sur le bras : l’assassin de ses parents, le kidnappeur de son frère. Il jure de se venger…
L’action de cette série commence 13 ans plus tard, alors que Senri, quasiment adulte est en mesure de mener cette quête.

Titre ‏ : ‎Echoes
Auteur : Kei Sanbe
Format 127×180
Nb de tomes : 11 (Série terminée)
Editeur : Ki-oon
Catégorie Thriller

Echoes-11 tomes

Kei Sanbe, une pointure

Portrait Kei Sanbe

Kei Sanbe est un vieux routier parmi les mangaka, même s’il n’est pas très connu du grand public (à tort). Né en 1950, il débute dans les mangas autour des années 90, avec des séries ecchi et même hentai sous le nom de Kensuke Kawara. Assistant de Hirohiko Araki sur JoJo’s Bizarre Adventure, son style s’affirme et il se met à publier ses propres œuvres « mainstream » sous le nom de Kei Sanbe. Si Testarotho et Kamiyadori gardent des traces de son œuvre « ecchi », ces deux séries n’en demeurent pas moins intéressantes et portent en elles les futures fulgurances de l’auteur.

Hozuki
L’île de Hozuki

Suivent ensuite deux seinen de très belle facture : L’Île de Hozuki et Le Berceau des Esprits. Encore très classiques dans la forme, ils donnent à Sanbe l’occasion de confirmer l’efficacité de sa patte graphique. Scénaristiquement, ils ne sont pas exemptes de défauts, mais ils emportent quand même le lecteur (j’avoue avoir un faible pour Hozuki, malgré ses défauts)

Des thrillers plébiscités par les lecteurs

C’est avec Erased que Sanbe décolle réellement. Il réussit un thriller particulièrement puissant qui déclenche l’enthousiasme de son lectorat et lui assure une réputation de valeur sûre dans la communauté manga.

Echoes, dont la parution française s’est achevée en début d’année, en est le digne successeur. Kei Sanbe a produit ici un thriller absolument extraordinaire au scénario foisonnant de twists et de révélations, sans sombrer dans la surenchère. L’auteur maîtrise à la perfection son histoire, révèle à chaque tome un pan supplémentaire de celle-ci, l’enrichit sans la contredire. La galerie des personnages s’étoffe peu à peu (les amis, la famille, les inspecteurs de police, les yakuzas… Il y a du monde impliqué dans cette affaire) et l’auteur sait à la perfection les intégrer dans la chronologie qu’il a imaginée. Les personnages se font écho, ils se connaissent, se sont croisés par le passé, ont leurs destins entremêlés.

Echoes - Senri

Au delà du thriller

Le thriller se pare d’une subtile touche de fantastique avec les visions et les sensations partagées par les jumeaux (les « Echoes » du titre français, un peu trop passe-partout, quand le titre original est « Pour le garçon que je vois dans mes visions », pas très percutant, il est vrai, mais qui met le focus sur le point fort du manga. Avec un peu de brainstorming, il y avait moyen de faire mieux que ce fade écho). Si elle reste discrète, cette touche de fantastique est primordiale dans l’histoire. En s’appuyant sur la gémellité de Senri et Kazuto, l’auteur pose leurs visions comme une évidence pour le lecteur et fournit ainsi un moteur puissant à son histoire. Ce sont les visions qui persuadent Senri de la mort de son frère, puis de son contraire, ce sont elles qui l’envoient aux endroits stratégiques (pas plus d’infos, ne gâchons pas le plaisir).

Echoes, une lecture poignante

Les souvenirs aussi et les sentiments exacerbés sont des ciments de cette histoire, car de l’amour, il y en a à revendre dans Echoes. Celui des frères, bien évidemment, mais aussi l’amitié qui fait réjouit le lecteur de Senri avec Akira, la racaille au grand cœur. Et bien sûr celui d’Enan, car Kei Sanbe campe toujours un personnage féminin très fort dans ses histoires et dans celle-ci, c’est Enan.

Enan est la meilleure amie de Senri. Elle est celle qui peut tout lui dire, celle qui a les deux pieds dans la réalité, la voix de la conscience et de la raison, malgré son histoire compliquée. Enan, c’est la force de la justice, celle qui se frotte au danger sans la moindre hésitation, celle qui épaule Senri, mais qui le retient aussi du côté de la morale. Un pivot, une fondation de la série.

Echoes - Enan

Un dessin parfait

Graphiquement, le style de Kei Sanbe est immédiatement reconnaissable. Ses personnages ont tendance à se ressembler d’une série à l’autre (comme chez tous les mangaka, en fait). Il prend soin de faciliter la lecture à ces admirateurs à l’aide de petits trucs. Senri porte un pansement quasiment tout au long de la série. Les cheveux de Kazuto sont blancs (réellement ou par convention ? Je me pose encore la question). L’inspecteur Masamoto porte des vestes imprimées de motifs graphiques directement copiés dans les journaux. Etc.

Par ailleurs, les expressions des personnages sont très précises et très justes, les proportions parfaites. Les décors sont soignés, les ambiances bien rendues, le découpage et la mise en scène exemplaires.

Echoes, un seinen indispensable

En onze tomes, à lire d’une traite pour un maximum de plaisir et d’efficacité, Kei Sanbe développe le meilleur thriller manga de ces dernières années, éclipsant même Erased (mais je n’ai pas offert à celui-ci le luxe d’une lecture d’un bloc qui me ferait peut-être changer d’avis). Un manga à lire absolument et un auteur à suivre les yeux fermés (mais les yeux ouverts, c’est quand même mieux pour lire).

Justement, Pika éditions vient de démarrer la publication de Réflection, sa dernière œuvre. À acheter sans réfléchir…

Phil The Bird

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Philippe Caille
Philippe Caille
Fan de Bd, passé aux comics, passé aux BD, passé aux mangas, je reste fan avant tout de la narration dessinée. Chroniqueur manga sur Insta, passionné de rock et de plein d'autres choses, j'aime faire partager mes passions

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