On connaît tous une Pétunia
Allez, réfléchissez un peu… Vous l’avez déjà croisé un jour. C’est votre fille, votre nièce, votre voisine ou votre élève. Mais sûr, vous la connaissez cette gamine espiègle, adorable, qui invente sa vie autant qu’elle la vit.

Alors, peut-être que celle que vous connaissez vit des aventures un peu plus quotidienne que Pétunia, mais c’est normal, ici on est dans une BD. Je dirai même dans une excellente BD.
Un scénario gentiment délirant
Notre Pétunia évolue dans un monde parallèle très sympathique. Gamine enjouée, quasiment seule en scène, avec son poney et son chien, elle a les préoccupations des enfants. Elle aime jouer, bien manger et discuter avec ses animaux. Il n’y a pas d’adultes dans le bouquin, c’est pratique pour s’investir à fond dans son monde et dans son imaginaire.
Le poney, Hopper, est gourmand, facétieux et câlin. Le chien Rockwell, lui, reste muet mais ses mimiques en disent long. Les gags sont de taille variable, une page, deux, quatre, juste ce qu’il faut pour délivrer ce qu’il faut de sentiments et d’humour. Lisible par tout le monde, disons depuis 6 ans jusqu’à un âge avancé (Je ne m’avance pas, mais j’ai adoré. Et je n’ai plus tout à fait six ans).

Un dessin classique et pétillant
Tony Galmés d’un trait de plume léger et efficace digne de ses prédécesseurs, de Mafalda à Charlie Brown en passant par Calvin & Hobbes, fait vivre l’ensemble grâce à des couleurs pastel légères et joyeuses. Tout est engageant dans cet album, on a envie d’y plonger, mais pas d’en sortir.
Les cases ne sont pas délimitées ce qui confère à l’ensemble un effet « album pour enfants ». Ça tombe bien, la BD est faite pour eux. Ils vont s’amuser follement à lire (ou se faire lire) les petites saynètes proposées par l’auteur. Et, comme dans tous les bons livres, celui-ci n’oublie pas ses lecteurs adultes en glissant un peu d’ironie pas forcément perceptible par les plus jeunes. Plus fort encore; il n’oublie pas les références artistiques. Le poney est baptisé « Hopper » (sauterelle), ce qui est amusant. Mais Pétunia trouve ce nom dans un livre d’art, ce qui titille tout de suite l’esprit de l’amateur… Alors quand est arrivée cette sublime double-page, j’ai frétillé de bonheur :

Ok, c’est bon, j’étais conquis, je suis fan de Pétunia, même si elle ne veut jamais aller à l’école (c’est tellement irréaliste !) Je croise les doigts pour que l’auteur en fasse une série. Il dit prendre l’inspiration dans les aventures quotidiennes de sa fille. Nul doute qu’il aura encore largement l’occasion de nous replonger dans le monde de Pétunia et Hopper.






