Les éditions Délirium viennent de publier Billi 99. Première œuvre professionnelle de Tim Sale, légende du comics US (chez Marvel et DC), cette fable sociale et féministe a tout d’une pépite. Suivez le guide !

Titre: Billi 99
Scénario: Sarah Byam
Dessin: Tim Sale
Couleurs: José Villarrubia
Éditions: Délirium
Année: 2025
Nombres de pages: 128

Sommaire de l'article
Résumé de Billi 99 par Sarah Byam & Tim Sale aux éditions Délirium :
La Troisième Guerre mondiale a eu lieu. Politiciens corrompus et capitalisme effréné ont mis à mal le rêve américain. En résulte une crise sociale toujours plus importante marquée par des inégalités croissantes et un gouffre qui n’a cessé de s’élargir entre classe populaire et dirigeante. Billi Chadam, fille d’un honnête industriel et héritière de l’empire Chadam International, se retrouve embarquée dans un tourbillon de meurtres, de crise sociale et accusée du meurtre de son père.

Une dystopie accrocheuse et engagée.
Les éditions Delirium éditent l’un des premiers travaux professionnels de Tim Sale, le légendaire artiste derrière Batman Un Long Halloween, Amère Victoire, Superman For all Seasons ou bien encore les Marvel Color.
Ce Billi 99, sorti en 1991, marque non seulement les grands d’un artiste incroyable, mais l’ouvrage sera notamment nommé trois fois aux Eisner Awards.
Une fable sociale et féministe teintée de polar se déroulant en 1999 (le futur à l’époque) qui surprend par son ton mature et actuel.
Sorte de vigilante (entre V pour Vendetta et Zorro), Billi Chadam sous les traits de L’épée de Toleado, joue les esprits vengeurs dans cette mégalopole en crise. La caractérisation de Billi est intéressante et son évolution bien sentie.
Le scénario de l’écrivaine Sarah E.Byam (ElfQuest, Green Arrow, Miracleman…) est plutôt solide avec un discours féministe et politique engagé.
Malheureusement, la narration du premier tiers du récit est assez confuse. Les enjeux comme les personnages manquent de clarté dans leur exposition, même si tout rentre dans l’ordre par la suite.

Les grands débuts d’une légende.
Visuellement, le jeune Tim Sale livre une prestation très solide.
Même s’il n’a pas encore toute la maîtrise qu’on lui verra par la suite, on retrouve déjà son aisance dans la narration et le dynamisme de ses personnages ou le travail sur l’ambiance et les décors.
Le grand format de Delirium permet de profiter pleinement du découpage et des planches très réussies.
À noter le travail très soigné de José Villarrubia sur les couleurs, réalisé à l’occasion de la ressortie de l’album aux États-Unis il y a plusieurs mois.
Il s’agit donc de cette version remastérisée que nous offre Delirium dans une édition grand format impeccable.

Mon avis sur Billi 99 par Sarah Byam & Tim Sale aux éditions Délirium:
Au final, malgré une narration confuse dans son premier tiers, ce récit réussit son pari de marier polar, féminisme et réflexion politique.
Bien sûr, le point fort du titre repose sur la présence de Tim Sale au dessin, qui d’ailleurs impressionne déjà.
Peut-être pas l’immanquable espéré, mais un très bel album et une chouette lecture.
A très vite.




