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L’homme sans sourire, une joyeuse histoire triste

Les occasions de rire ne sont pas nombreuses en ce moment, mais qu’est ce que ça fait du bien quand ça arrive! Alors imaginez un monde ou rire, et même sourire serait interdit...
L’homme sans sourire de Stéphane Louis

Titre: L’homme sans sourire
Auteurs: Stéphane Louis (scénario), Stéphane Hirlemann (dessin) et Vera Daviet (couleur)
Éditeur: Grand Angle
Année: 2021
Nombre de pages: 72

Rire ou faire la trogne.

Hubert est un bébé rieur. Mais ses parents ont peur.
Malheureusement il n’est pas né dans un monde adapté.
Dans ce monde là, mieux vaut ne pas être en bas.
Le rire et le sourire, où il est né, sont à proscrire.
Par contre les privilégiés, tout en haut, peuvent rire à gorge déployée.

Dirigés par le roi Joyeux, le peuple en bas n’est pas heureux.
Le temps passe, Hubert grandit. Et sans sourire le bonhomme vieillit.

Carmine, fille du roi, à la bonne mine, un jour en bas veut faire un tour.
Quelle idée, quelle folie, car Carmine, toujours rit.

Heureusement Hubert est là. L’homme sans sourire croise alors la fille du roi.
Les voilà tous deux à fuir. Pour échapper à la sinistre police du rire.
Que va-t-il donc advenir pour ces deux personnages, quel avenir?
L'homme sans sourire : Hubert 31-36 un bébé qui rit pour son plus grand malheur

L’homme sans sourire une BD toute en rimes.

L’Homme sans sourire est un album complet des éditions Grand Angle.

Pour cette BD, l’auteur s’est compliqué la tâche. 
Toute l’histoire, que ce soit la narration ou les dialogues des personnages, est en rimes.
Parfois, il s’autorise quelques digressions et invente des mots pour pouvoir faire rimer ses phrases, mais il nous prévient, après tout, c’est lui l’auteur, il écrit ce qu’il veut.

Dans mon résumé, j’ai essayé de rendre hommage à cette écriture en rime, qui participe à l’ambiance de la BD et en fait une sorte de conte dystopique où rien ne va.

Une BD à mourir de rire

Dans l’Homme sans sourire, le peuple vit en bas, alors que les riches et les privilégiés vivent en haut d’une tour immense. Ils sont dirigés par le roi Joyeux, tout au sommet de sa tour d’ivoire.
Le privilège de ceux d’en haut est de rire, c’est même une obligation pour eux.
A l’inverse ceux d’en bas ont interdiction de rire, sourire ou même seulement pouffer.
Et une police veille à interpeller et punir les rieurs. 

Le pauvre Hubert 31-36 (c’est son nom) à peine bébé en subit les conséquences. Comme il rit, lui et sa famille sont condamnés à une “ablation du sourire”. A l’inverse du joker de Batman, c’est une grande grimace qui se profile alors sur son visage.

Ainsi, dans ce monde, la condamnation peut être lourde et immédiate: rire peut conduire à la mort.
L'homme sans sourire : la police du rire veille

Un complot bien orchestré

Le temps passe et l’auteur met en place un complot mené par le frère du roi Joyeux pour prendre le trône, quitte à piéger sa propre nièce Carmine.
Mais lorsque celle-ci descend dans le monde du bas, elle croise la route d’Hubert, ce qui va compliquer et contrecarrer les plans de l’oncle machiavélique.

S'ensuit une course poursuite et des confrontations inévitables.

En tout cas, le scénariste Stéphane Louis nous prévient à plusieurs reprises, il faudra aller au bout du bout de cette bande dessinée pour que la lecture prenne tout son sens.

Un dessin sens dessus dessous.

Pour illustrer cette BD, l’auteur est accompagné de Stéphane Hirlemann qui signe ici sa première BD.
L’homme a travaillé dans l’animation et le graphisme et cela se ressent dans certains plans de la BD, très visuels.
Il n’y a qu’à voir la couverture avec cette chute, cette plongée du haut de la tour vers le monde triste et sinistre du bas.
A d’autres moments ce sont des contre-plongées pour observer les zeppelins qui volent dans le ciel de la ville pour assurer la propagande ou encore pour admirer cette tour immense où vivent les privilégiés.

La bande dessinée fourmille de détails et les personnages ont quelque chose de fou et de loufoque dans leur design.
Le héros, Hubert 31-36 est un gros bonhomme débonnaire, avec de gros yeux.
Le roi Joyeux, qui en cachette est dépressif, cache bien son jeu derrière sa couronne.
L’oncle comploteur, à la façon des grands méchants de certains dessins animés, se tient derrière des écrans de contrôle, un animal sur les genoux.
Et Carmine, cette gamine pourrie gâtée, est capricieuse, et cela se voit sur son visage.

La BD est mise en couleur par Vera Daviet qui parvient à renforcer le côté sombre et lugubre de la ville du bas. Ces sinistres teintes sont contrebalancées par les couleurs de la tour du haut.
Il y a dans ce graphisme et dans ce visuel quelque chose qui rappelle une certaine période autoritariste.
L'homme sans sourire : La tour du roi Joyeux

Mon avis sur la bande dessinée l’Homme sans sourire.

J’ai adoré cette BD. Le thème de départ est génial: inventer une société où le rire est interdit : il fallait y penser.
C’est horrible d’interdire aux gens de rire ou même juste de sourire. C’est le comble de la dictature.
Mais au-delà du thème, j’ai beaucoup aimé le graphisme de ce titre et le dessin des décors, plus que des personnages (que j’ai trouvé inconstant d’une case à l’autre).

Ce que j’ai apprécié également dans ce titre est son écriture en rimes. Le narrateur s’adresse au lecteur, mais aussi aux personnages et parfois même les personnages répondent au narrateur. Il y a un lien entre tous assez curieux.
J'ai d'ailleurs essayé de rendre hommage à ce mode de narration en rimes dans mon résumé de la BD.
Par contre je pense que ce que j’ai aimé ici pourrait rebuter certains car cela rend la lecture moins abordable.

Attention toutefois, ne vous y méprenez pas, il faudra bien aller jusqu’à la dernière page pour connaître toute la vérité de ce titre, dont je ne vous dirai rien pour vous laisser le découvrir à votre tour.
En une page, une seule et dernière page, après cette lecture déjà marquante, on prend une claque.
Une page qui remet tout en perspective et oblige à se replonger dans l’histoire pour la voir d’un autre œil.
Une page où on comprend qu’avec l’Homme sans sourire Stéphane Louis se confie à nous et nous livre un peu de lui.

L’Homme sans sourire est un monde sens dessus dessous où le haut est en bas et le bas est haut. Une BD de laquelle le lecteur ressort chaviré, renversé et chamboulé.


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